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NOTES DE LECTURE

Page créée en 2017.

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MAJ 6 août 2018

 

 

 

  • L'enfant fou de l'arbre creux, Boualem Sansal, 2000.

L'action se passe dans le sud algérien, dans le bagne de Lambèse et met en scène deux personnages incarcérés et condamnés à mort : un Algérien, Farid, et un Français, Pierre. Le démarrage est remarquable, efficace et bien écrit. Le second a quitté sa Bourgogne pour une Algérie idéalisée; le  premier a participé aux atrocités commises par les islamistes ou par ceux qui les ont cyniquement utilisés. Si le démarrage est remarquable, la construction de la suite rend parfois ardue la lecture d'un roman qui vaut d'être lu jusqu'au bout néanmoins. 

  • Jours de crimes, Stéphane Durand-Souffland et Pascale Robert-Diard, 2018.

Récits savoureux d'une à 5 pages environ écrits par deux chroniqueurs judiciaires qui donnent à voir avec humour et émotion le quotidien des cours d'assises. Émouvant, parfois jubilatoire, instructif, ce livre donne aussi à réfléchir.

 

  • Cris écrits, Jean-Michel Ribes, 2018.

Série d'aphorismes plus ou moins réussis. Quelques trouvailles, qu'on retrouvera notamment dans la page des citations.

 

  • Ma grande, Claire Castillon, 2018.

Le narrateur a tué sa femme, véritable tyran qui avait pris le contrôle total de son mari depuis des années. C'est écrit un peu à la manière d'un journal intime qui retrace un calvaire quotidien et montre les mécanismes de l'acceptation de celui-ci. Un livre qui se lit bien, léger malgré la gravité de la fiction.

 

  • De purs hommes, Mohamed Mbougar Sarr, 2018.

Tout part d'une vidéo viral, au Sénégal. On y voit comment le cadavre d'un homme est déterré, puis traîné hors d'un cimetière par une foule. Dès qu'il la visionne, naît chez Ndéné Gueye, jeune professeur de lettres déçu par l'enseignement et fatigué de l'hypocrisie morale de sa société, un intérêt, voire une obsession, pour cet événement.  Commence alors une enquête sur cet homme dont le corps a été exhumé, sur ce goor-jigéen, cet "homme-femme", ce pédé dirait-on.

Religion, morale sociale, altérophobie qui cimente le groupe de ceux qui se croient identiques mais différents de ceux qu'ils rejettent.

Paradoxe de l'idole susceptible à chaque instant d'être l'objet à son tour de la haine d'une folle foule qui se déchaîne.

Quelques belles lignes sur la rumeur, sur la lucidité, sur la douleur et le deuil, notamment quand le protagoniste rencontre la mère d'Amadou.

"Un deuil est un labyrinthe; et au cœur de ce labyrinthe, est tapi le Monstre, le Minotaure: l'être perdu. Il nous sourit, il nous appelle: on veut l'étreindre. C'est impossible, sauf à mourir aussi. Seul un mort sait étreindre un mort; seule une ombre sait en embrasser une autre. Au cœur du labyrinthe, le Minotaure n'est qu'une ombre, un fantôme, mais un fantôme si beau, si réel, si souriant qu'il nous convainc presque de le rejoindre, nous promettant de mettre fin au chagrin qui nous mine si on le suit, si on se laisse mourir." (chapitre 13)

 

  • Amarres, Marina Skalova, 2017.

 

Petit texte poétique, "récit" de 70 pages, écriture singulière et histoire universelle. Un étranger accoste sur une île. Les habitants ne lui ressemblent pas et le rejettent. Étrangeté, hospitalité, méchanceté, injustice, incarcération, lapidation, pluie, maladie, poésie, différend lié à la différence. Petit bijou littéraire, une écriture simple, un récit bien mené, jusqu'à son terme.

 

  •  Karamel, Christian Guidicelli, 2002.

 

Pièce de théâtre qui met en scène la rencontre entre un écrivain Gilles et un jeune vendeur de caramels, Kamel. Il est séduit et se laisse arnaquer. Histoire d'un amour qui ne se dit pas mais se vit, avec passion, séparation, jalousie, attachement et vie. Les dialogues sont redoutablement efficaces, la fin est très belle. Les caramels traversent la pièce de bout en bout, autre nom de l'amour, qu'on laisse au frigo pour ne pas le jeter, qu'on est prêt à offrir quand on ne peut offrir son amour en retour. A noter une très belle scène sur la vérité, les mensonges, la création, l'imagination, la raison et la passion.

KAMEL: "Ne pas décorer la vie, la dénuder...." C'est de toi.

GILLES: A première vue, oui: je viens de l'écrire.

KAMEL: Putain! C'est profond...

GILLES: Assez banal, en fait.

KAMEL: ça signifie quoi exactement?

GILLES: Qu'un auteur se trompe s'il utilise la magie de son style pour noyer le poisson.

KAMEL: S'il ment? C'est pas un défaut de mentir. Je mens tout le temps. Avec ma mère...

GILLES: Je t'ai entendu.

KAMEL: Je l'ai rendue heureuse plus que si j'avais dit la vérité. Son fils mannequin, elle aurait jamais imaginé!

GILLES: Tu lui as raconté tant de salades qu'elle a sans doute perdu ses illusions.

KAMEL: Commence pas à me critiquer alors que je vais me mettre à bosser pour que tu m'engueules pas.

GILLES: Ce n'est pas pour moi, c'est pour toi, pour ton bien.

KAMEL: Pour ton bien...tu l'as trop répété, ça m'énerve.

GILLES: Vendeur dans une boutique de mode, il y a pire comme métier.

KAMEL: Ils m'ont retenu au milieu de cinq candidats: "Vous êtes le plus sympa, le plus motivé."

GILLES: Je suis certain que tu réussiras.

KAMEL: Demain, quand le client number one se pointera vers dix heures du matin...Bonjour, monsieur, je suis à votre entière disposition. Avez-vous besoin d'un conseil ?

Gilles entre aussitôt dans le jeu.

GILLES: Je regarde.

KAMEL: Je vous en prie, monsieur, faites comme chez vous. Le plaisir de l’œil est entièrement gratuit.

GILLES: Cette chemise peut-être...la bleue, non: la noire, non: la blanche.

KAMEL: Très chic. Avec cette cravate en soie...

GILLES: Une cravate...je n'en porte qu'aux enterrements.

KAMEL: Celle-ci, monsieur la portera au théâtre, dans les cocktails. Je la lui noue...elle rajeunit monsieur.

GILLES: Monsieur vous semble vieux ? Mesurez vos paroles, mon enfant !

KAMEL: Monsieur est en pleine force de l'âge. On lui donnerait à peine quarante-deux ans. Qu'il ait la bonté d'essayer ce pantalon, pure merveille made in iItaly.

GILLES: L'entrejambe de cette merveille comprime la virilité de monsieur.

GILLES: Monsieur n'est pas un éléphant.

KAMEL: Monsieur est au contraire d'une rare sveltitude....

GILLES: Sveltesse...

KAMEL: Sveltesse. Et ce costume magnifique à la coupe magnifique conviendra à son corps magnifique.

GILLES: Trop cher.

KAMEL: Que monsieur touche le tissu.

GILLES: Et monsieur peut-il toucher le vendeur ?

KAMEL: Monsieur veut plaisanter.

GILLES: Pour le vendeur, monsieur, est prêt à étudier un prix compétitif.

KAMEL: Monsieur, le vendeur n'est pas à vendre !

GILLES: Je lui achète dix chemises, vingt pulls, trente pantalons...

KAMEL: Le vendeur n'est pas libre...

GILLES: Cinquante paires de chaussettes, cent survêtements, mille cravates...je lui achète la boutique entière avec les succursales....

KAMEL: Le vendeur vit en concubinage....

GILLES: Nom de Dieu ! Avec qui ?

KAMEL: Un modeste écrivain.

GILLES: Modeste ?

KAMEL: Pour le moment. Mais il obtiendra le Nestlé...

GILLES: Le Nobel...

KAMEL: Le Nestlé et le Nobel réunis !

GILLES: Vous avez beaucoup de chance de connaître quelqu'un promis à un si brillant avenir.

KAMEL:  Moi aussi je serai au top comme lui. Je travaillerai dur dur. Le patron me remarquera: "Une perle, ce garçon !" Il finira par me laisser la boutique.

GILLES: Avec les succursales.

KAMEL: A Londres, à New York, à Rio de Janeiro.

GILLES: Ce sera l'empire Karamel.

KAMEL: Alors Karamel épousera une mignonne demoiselle qui lui fera trois bébés.

GILLES: Qu'arrive-t-il au Nestlé-Nobel pendant ce temps ?

KAMEL: Karamel lui paiera un château.

GILLES: Où il se morfondra seul et abandonné ?

KAMEL: Karamel ne l'abandonnera jamais. Dans sa BMW cabriolet, il lui rendra visite tous les dimanches après-midi pour une sieste améliorée.

GILLES: On est dimanche après-midi.

KAMEL: Je sais: je dis rien au hasard.

GILLES: On se réhabitue ?

KAMEL: Choisis : le canapé ou le lit ?

GILLES : Nous deux dans le lit, non ?

KAMEL: Si.

Ils sortent un instant. Gilles revient. Il téléphone.

GILLES: Bonjour, madame. Je voudrais parler à Kamel, votre nouveau vendeur. Comment, il n'est pas là ? Il a été embauché lundi dernier. Vous êtes certaine ? Pas présenté... ni lundi, ni hier, ni aujourd'hui. Et il n'a même pas téléphoné ? Pas d'excuse ? ça, il aurait dû s'excuser...la moindre des choses. Il s'excusera, je vous l'affirme. Trop tard: vous en avez engagé un autre. Je comprends. Je suis désolé comme vous. Au revoir, madame.

A la fin du coup de téléphone, Kamel entre en souriant. Il embrasse Gilles sur les joues.

GILLES: Pas trop épuisé ?

KAMEL: Un peu. Y a eu un monde au magasin! Des gens célèbres: un joueur de foot, un émir.

GILLES: Tu t'es occupé d'eux ?

KAMEL: Pas du joueur de foot, de l'émir.

GILLES: De l'émir ?

KAMEL: Il voulait une veste en daim.

GILLES: L'émir voulait une veste en daim ?

KAMEL: Et une casquette américaine pour son fils.

GILLES: Pour son fils une casquette américaine ?

KAMEL: Curieux, hein ?

GILLES: Très curieux.

KAMEL: La gérante est satisfaite de moi : "Kamel, vous vous débrouillez comme un chef."

GILLES: "Kamel, vous vous débrouillez comme un chef", ce sont les mots de la gérante ?

KAMEL: T'as les oreilles bouchées ou t'es une machine enregistreuse ?

GILLES: Juste un idiot qu'un second idiot mène par le bout du nez.

KAMEL: Merde ! T'as appelé...

 

 

  • Le sixième sommeil, Bernard Werber, 2017.

A 28 ans, Jacques Klein rencontre dans son sommeil l'homme qu'il sera 20 ans plus tard grâce à une machine permettant le voyage dans le temps via les rêves inventée par le Jacques de 48 ans. Celui-ci le guide pour retrouver sa mère disparue en Malaisie. Arrivé chez les Senoï, un peuple qui maîtrise le rêve lucide, il tente d'apprendre à atteindre le sixième sommeil, le stade de tous les possibles.

 

 

ACTE I : APPRENTI DORMEUR.

 

  • Les somnifères, composés pour la plupart de benzodiazépine, ont des effets secondaires terribles: ils éliminent les rêves, créent une accoutumance et pourraient augmenter les risques d'avoir la maladie d'Alzheimer.
  • Comment faire pour bien dormir?  Bonne alimentation, bonne sexualité (au moins 8 rapports par mois), un endormissement à horaire régulier, quelques respirations amples et un peu de lecture. Rien de tel qu'un bon roman pour bien dormir. Cela permet de fabriquer les premières scènes de son futur rêve.
  • J'utilise mes rêves pour mastiquer, broyer, digérer mes tourments du jour. Il n'y a que dans le sommeil qu'on est libre; il n'y a que dans le sommeil que tout est possible.

 

 Francis Klein est un navigateur, Caroline Klein une spécialiste du sommeil. Jacques, leur fils, a des problèmes à l'école liés ...à son sommeil. Caroline va lui apprendre à aller vers le sommeil très profond, celui de la mémorisation, du renforcement de l'immunité et de la production de l'hormone de croissance, persuadée qu'elle est de ce que le mot maladie vient de mal à dire. Elle explique à son fils les différentes étapes du sommeil:

  • L'endormissement est comme une entrée dans l'eau.  Cela dure 5 à 10 minutes. Puis vient la première descente, la tête passe sous la surface, c'est le stade 1. C'est le sommeil lent très léger. Le corps se détend, on commence à se ressourcer. On entend et on comprend les voix qui parlent à côté de nous mais on n' a plus envie de répondre.
  • Arrive le stade 2: celui du sommeil lent léger. On entend encore les voix, mais on ne peut plus comprendre une conversation. Les mots se transforment en bruits.
  • Ensuite vient le troisième niveau: le sommeil lent mais profond. On n'entend plus rien de ce qui se passe à l'extérieur. Tout le corps est détendu. La respiration ralentit.
  • Le stade 4: le sommeil lent très profond: notre corps se repose vraiment, il fabrique des défenses contre les maladies et des substances qui vont l'aider à grandir. La mémoire se renforce. On fixe tout ce que l'on a appris dans la journée et qui est important pour nous aider à réussir. On commence à faire des rêves dans lesquels on est en danger: on est nu, poursuivi par des ennemis, on perd ses dents..
  • le stade 5: le corps est détendu, le cœur est ralenti, la température baisse, moment de forte activité cérébrale, de rêves dans lesquels on trouve des solutions (on s'envole, on fait l'amour, on vainc ses ennemis: c'est le sommeil paradoxal, moment où l'on renforce son immunité, on filtre sa journée, on mémorise ce qui est important(durée: 10 à 20 minutes).
  • Une descente complète correspond à un cycle de 90 minutes. Quand on remonte, soit, on s'éveille, soit on repart pour un nouveau cycle.

 

  • "Si tu lis des livres avec des univers visuels forts avant de t'endormir (Alice au pays des merveilles par exemple), tu feras des rêves encore plus merveilleux."
  • "Le monde des livres est le plus grand de tous les mondes que l'homme n'a pas reçu de la nature mais tiré de son propre esprit."(Hermann Hesse). Le monde des livres nourrit le monde des rêves qui est encore plus vaste.
  •  Lewis Carroll, Rabelais, Jonathan Swift, Edgar Poe, Jules Verne, Isaac Asimov, Philippe K.Dick, 
  • Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Vian, Prévert, Pérec
  • Bosh, Goya, Rembrandt, Rubens, Vermeer, Turner, Dali, Magritte.
  • Vivaldi, Mozart, Beethoven, Grieg, Fauré, Debussy.
  • Maîtrise des émotions: "Les gens faibles se vengent, les gens forts pardonnent, les gens encore plus forts ignorent."
  • "Nous ne voyons et n'entendons qu'une infime partie de ce qui existe vraiment (cf infra rouges, ultra violets, sons graves et aigus)". Notre réalité est une croyance.
  • "Le rêve est une libération de toutes les croyances."
  • chiromancie, art de lire le futur dans les lignes de la main: sur la main gauche, se trouverait gravé le futur, ce qui pourrait être; sur la main droite ce que l'on modifie au fur et à mesure qu'on avance dans la vie.Ligne de cœur (vie sentimentale), ligne de vie (santé), ligne de tête (vie professionnelle).
  •  conscience, subconscience (stock des souvenirs et des apprentissages), inconscience (ce qui échappe à notre pensée, cf ivresse, drogue,  hypnose, rêve, intuitions, inspiration) : l'inconscient a toujours raison. Partie libre que personne ne peut manipuler.
  • "dès que nous battons des paupières, nous nous apaisons." La vue est un sens tyrannique. Fermer les yeux permet de garder le contrôle, contrairement à ce que l'on croit tous (ne pas perdre un instant du film qu'on voit). La nuit, le cerveau  est privé d'images quand on dort. Or, il a besoin de penser. Donc il fabrique des images à partir de celles qu'il a déjà rencontrées.
  • petite histoire de l'oniromancie (conférence de Caroline Klein) jusqu'à Michel Jouvet et le sommeil paradoxal.
  • "Le plus tôt tu pourras intégrer le point de vue de tes ennemis, le plus tôt tu pourras bénéficier de leur enseignement. Et tes ennemis sont souvent de très bons professeurs. Ils n'apparaissent pas dans ta vie par hasard (...) Dans la vie, il n'y a pas d'échec. Il n'y a que des réussites et des leçons."
  • méchant signifie que l'on doit tirer par la mèche, laquelle empêche de bien voir le monde.

 

Techniques pour s'endormir:

  1. compter les moutons.
  2. respirer lentement et se concentrer sur sa respiration.
  3. phytothérapie: jus de griottes, tisanes (passiflore, aubépine...), fleurs de Bach.
  4. huiles essentielles
  5. réflexologie : presser l'extrémité du gros orteil.
  6. film soporifique à la TV
  7. livre ennuyeux.
  8. alcool à petite dose (sinon, excitant)
  9. somnifère

 

  •  Apparition de JK 48, son autre lui-même de 20 ans son aîné. JK apprend que sa mère est en danger. 
  • "Celui qui n'a pas voulu quand il le pouvait ne pourra pas quand il le voudra."
  • paralysie du sommeil: JK 48, pour forcer JK 28 à l'écouter et à agir, le plonge dans une paralysie du sommeil (prisonnier d'un corps inerte). JK 28 part en Malaisie.

 

ACTE II : COMPAGNON RÊVEUR

 

  • Qu'est-ce qui fait le plus souffrir ? La privation de sommeil. Limite de résistance se situe autour de 6 jours. Après quoi les lésions cérébrales sont irréversibles. Le protagoniste passe par cette étape infligée par Abdullah Kuan Bang qui veut lui faire signer un contrat (cession de l'île qu'il a héritée de sa mère). La pénibilité tient au contact permanent avec la réalité, plus encore qu'à la fatigue et à l'épuisement.
  • "Ceux qui ne peuvent pas utiliser leur imagination devront se contenter du réel."
  • la noosphère (Teilhard de Chardin): monde des esprits, réunion de tous les esprits des humains qui rêvent. Pensée collective de l'humanité.
  • "La réalité c'est ce qui continue d'exister lorsqu'on cesse d'y croire."
  • Retour en métropole avec sa femme Chambaïa et son fils Icare. L'appartement semble occupé. Scène de somnambulisme maternel sur le toit...
  • Eric Giacommetti prend en charge Caroline Klein, dans sa propre clinique du sommeil. Ancien patron, nouvel amant de la mère du narrateur.
  • Les 5 sens psychiques: émotion, intuition, imagination, inspiration, conscience universelle.

 

 

 

  • Sous le signe du lien : une histoire de l'attachement, Boris Cyrulnik.

 

  • L'objet observé n'est jamais neutre. Dès qu'elles sont perçues les choses prennent sens dans la fulgurance de notre compréhension. L'inconscient de l'observateur organise ce qu'il perçoit. 
  • "On t'a trouvée dans une poubelle": 1) dame angoissée par la phrase, connaît ruptures, foyers, etc. Fantasmes d'abandon. Métaphore fondatrice à son destin d'abandonnée. Phrase métaphore par son pouvoir condensateur d'émotions, mais non pas cause de son destin. 2) dame libérée par cette phrase, car elle était étouffée d'amour maternel et ne pouvait pas exister tant elle était aimée. Métaphore fondatrice de son destin d'originale. L'observation est une création.
  • PREMIÈRE PARTIE: LA MÈRE.
  • Difficulté à dater la naissance: quand la mortalité infantile était très élevée, on cherchait à baptiser le bébé avant même sa naissance.
  • force modelante des fantasmes de l'être humain: le sourire du bébé? "Pauvre enfant il sourit: il ne sait pas ce qui l'attend!" vs "il sourit, il est heureux".
  • la mère sert de base de sécurité aux conquêtes exploratoires du petit. Le père doit être présenté vers le 6e mois, par la mère. Le père biologique ne peut ainsi devenir que le père présenté que tardivement par rapport à la mère.
  • le père absent: la perception du père dépend du co-texte. (photo et émotion positive? discours négatif)
  • "quand on n'a pas de père, on n'a pas de peur." fonction interditrice du père.
  • le parrain, père qui nomme, père spirituel qui donne la parole.
  • histoire de l'éducation: au 16ème siècle, quand la guerre perd sa valeur éducative, les études ont organisé la vie des enfants et les premiers collèges ont été construits. Les filles étaient domestiquées tandis que les garçons allaient en pension. L'histoire de la différenciation des rôles sociaux sexuels orientaient les garçons vers la fonction d'outil et les filles vers la fonction d'ornement. Quand la machine apparaît au 18ème siècle, les garçons étaient à la fois scolarisés et outillés pour la servir. L'intelligence, qui n'était qu'une valeur secondaire, une valeur de femme, devient une valeur masculine au 19ème siècle car elle donne accès au pouvoir social. L'école organise les classes sociales. Cf les jeunes femmes juives vs les femmes chrétiennes au début du 20ème siècle: ornement vs intelligence. La télévision joue un rôle égalisateur. Plus l'environnement est protecteur, plus le rôle du père est secondaire: domine, monsieur/monseigneur, papa (analogue phonétique de maman).
  • pour se libérer de la toute puissance de la mère dévorante, l'enfant sans père cherche un substitut de père: un chef de bande, un chef charismatique, un membre politique, un fondateur de secte.
  • DEUXIÈME PARTIE: LE COUPLE.
  • enfants abandonnés: inhibition aussi forte que le désir. Agression de celles et ceux qu'ils aiment. Maquillage excessif=>garçon alléché=> garçon repoussé car la fille désire en réalité une histoire romantique. Réussite sociale pour les garçons autorisera seule le lien affectif.
  • filles et garçons, différenciations. Activités auto-centrées et anxiété.
  • Ce qui déclenche un comportement parental si différent, ce n'est pas le sexe en soi mais la représentation que l'adulte se fait du statut du sexe.
  • la sexualisation des comportements est très précoce: plus visuelle, spatiale,  anxieuse,  collective, compétitive (garçons) vs plus sonore, verbale, paisible, intime, affiliative (filles).
  • le mot amour, issu du latin amor, aurait dû donner ameur, mot qui signifie rut des animaux dans certaines régions. Amour est une création ecclésiastique. Amour= élancement passionné.
  • mort, vie, naissance, souillure, sexualité: tout ce qui touche au biologique peut angoisser. Pour les religions sacrées, l'éternité prime. Phobie du biologique. Vs les religions profanes, importance de la vie avant la mort.
  • histoire d'amour universelle= naissance du sentiment amoureux. Arrachement de son monde pour partir à la recherche de l'objet parfait, donc idéal. Rencontre, émotion par le regard, premières paroles et premiers gestes, synchronisation des désirs, transfiguration du banal. Présence des corps, présence des âmes (comment j'aime, comment j'ai peur, etc.). Synchronisation. Perception fusionnelle de l'autre en soi nous révèle. L'histoire d'amour finit mal: par la mort ou par le mariage. Du monde clos et hors la loi (marginalité discrète) on passe à une autre étape. Apaisement sensoriel permet le retour du réel. Le réel rétracte l'extase. L'amour passion est passif. Le réel et ses lois deviennent persécuteurs, empêchent l'extase. Le scénario amoureux met en scène le désir de rencontrer l'autre, le désir de complétude. Toujours la même histoire.
  • Histoire de l'amour est toujours variable, imprégnée de social. Dans la Grèce antique, amour entre un homme et un adolescent, car la relation homme-femme c'est la reproduction, pas l'amour. La culture hébraïque apprend à se méfier d'un sentiment qui nous possède jusqu'à l'hypnose ,le christianisme fait prévaloir l'amour de Dieu.
  • Je est haïssable pour ceux qui souhaitent l'effet tranquillisant du on. Les adorateurs du je acceptent d'en payer le prix: fragmentation du groupe, doute, critique systématique des valeurs, plongée intérieure, avec pour corollaire le mystère des songes, des sentiments, des valeurs privées, des fantasmes, et de l'intimité. cf Roman de la rose, quête du graal, interprétation des rêves. vs les adorateurs du on préfèrent la soumission aux lois du groupe, un choix sexuel mal personnalisé.
  • la Renaissance invente l'amour cynique, naturaliste (vs l'amour sublime des troubadours occitans); le 17ème siècle introduit l'amour égoïste qui mène à la brutalité amoureuse du grand siècle avec son libertinage et son mépris des grands sentiments; la Révolution invente le mariage civil et le divorce; Napoléon invente le père, représentant de l’État dans la famille, il crée la structure la structure familiale qui caractérisera l'Occident jusqu'au milieu des années 1970, féministes. Amour-passion (Breton), amour objet scientifique (Freud).
  • l'amour est une surprise qui nous arrache à l'insipide l'attachement est un lien qui se tisse au quotidien.
  • Toute vie naît de l'union, pas nécessairement d'un désir et c'est heureux car les aîné.e.s, trop responsables deviennent souvent plus dépressifs alors que les derniers, en échappant à l'investissement parental, se développent davantage. L'amour est élan qui nous pousse vers l'autre, parfois un être humain, parfois une montagne, un instrument de musique. La vie sans l'autre n'est pas vivable.
  • processus amoureux: expérience sensorielle, perte, recherche. Implosion amoureuse a lieu au moment des retrouvailles. État de quête. Satisfaction entraîne apaisement. Pour que l'amour éclate, il faut que l'autre apporte ce dont on manque. L'objet d'amour est un révélateur narcissique, un objet révélateur de soi. Cette quête est l'expression d'une aptitude à l'amour.
  • les bébés abandonnés: enfants privés d'amour maternel, ils répètent un même scénario comportemental: quête exaspérée, désespoir, indifférence affective. Ils n'ont pas la base de sécurité affective nécessaire pour partir à la conquête du monde. Activités autocentrées (balancements, masturbation, sucent leur pouce, arrachent leurs cheveux). Gardent trace de cette privation qui organisera un destin de carence affective. A l'école, stratégie affective fantasmatique: "je vais gagner l'affection des autres en me sacrifiant puisqu'on ne peut pas m'aimer pour moi-même.". Ce désir de sacrifice les élève au-dessus du lot des enfants normalement aimés. "C'est tellement exceptionnel de se sacrifier qu'on va exceptionnellement m'aimer." Plus tard, ils rencontreront un partenaire qui cherche une bonne affaire affective.
  • cage affective: pléthore affective. Lune de miel ...qui colle un peu trop. "Tu m'as gardée pour toi. Je te déteste."
  • Il faut que l'amour meure pour que l'enfant devienne une personne, pour l'éduquer, c'est-à-dire le conduire hors de soi.
  • Vers le 6e mois, le drame de l'objet: la fusion permettait l'extase. A présent, l'étonnement devient stimulant.Exploration de la mère: embrasser, toucher, mordre cet objet qui s'éloigne. Attachement se tisse entre deux individus proches mais différents.
  • Notre manière humaine de penser explique presque toujours nos conduites en matière de projets, de désirs et de croyances. (internes/externes) Les hommes qui croient que leur destin est gouverné par des forces extérieures se retrouvent en bas de l'échelle sociale à des postes où ils sont soumis à l'opinion d'autres hommes.  Alors que ceux qui croient à un déterminisme interne se retrouvent dans des postes à responsabilité, dans des histoires de vie plus libres, moins soumises aux contraintes sociale. Comment réagissent les mères aux cris du bébé? Tout dépend de leurs croyances: croyances internes=> réaction=> toucher et parole. Notre manière de penser modèle notre manière d'agir. Environnement de croyances externes = environnement froid, guère de paroles. La parole permet de retisser des liens abîmés par la séparation.
  • Les caresses possèdent une vertu tranquillisante et antidouleur, mais également elles participent à constitution de l'identité et à l'émergence de la pensée.
  • La proximité physique d'autrui pousse à un double sentiment contraire d'attraction et de crainte. Plus la proximité est grande, moins on se regarde (expérience avec des chaises). L'évitement du regard permet d'éviter le sentiment d'intrusion, recherché en revanche par les amants qui se regardent. La pénétration amoureuse commence par le regard. Le corps à corps, c'est l'espace des combats et de l'amour. Pour apaiser cette émotion, il faut détourner le regard. Quand on parle de sujets intimes, on détourne le regard. Le sourire peut jouer un rôle apaisant, est là pour séduire l'agresseur. L'intimité tant désirée nous angoisse.
  • les prostitué.e.s et don juans utilisent des leurres comportementaux pour louer ou pénétrer un vagin mais cet appât est une escroquerie car il ne réfère pas à un sentiment intime. Il se contente de déclencher une émotion pour la financer ou la manipuler sans tenir sa promesse émotive. Si Don Juan parvient à leurrer les femmes aussi facilement c'est qu'il leur sert ce qu'elles attendent: gaieté et légèreté. L'abuseur n'abuse que parce qu'il amuse.
  • couples à contrat névrotique: attrait homophile et secret désir de changer l'autre, de fantasme réparateur (dépressifs, alcooliques, toxicomanes, anxieux,  impulsifs se rencontrent entre eux bien souvent). Parfois il y a complémentarité: par exemple entre  paranoïaque et masochiste. Froideur paranoïaque, phobie du toucher, pénétration sans parole, sans chaleur. Fidélité à toute épreuve car les femmes n'intéressent pas le paranoïaque. Le maso, secret et chaleureux, évite d'épouser son partenaire d'amour pour ne pas s'y soumettre. Lien d'attachement se tisse pourtant. Le mélancolique s'associe à une personne dépourvue d'émotivité. 20 ans après, c'est l'effondrement, souvent déclenché par le départ des grands enfants. Beaucoup de femmes, terrorisées par la domination masculine, épousent un homme falot, donc rassurant. Elles lui reprocheront plus tard d'être un minable. La femme hautement diplômée peut faire un choix d'hypogamie: épouser un homme sans diplôme, pour ne pas répéter sa mère, pour ne pas se laisser dominer, pour préserver son indépendance. Finalement l'attrait sexuel est d'abord et essentiellement physique, le corps étant porteur de signaux.
  • L'empreinte précoce met en mémoire une trace qui orientera les émotions sexuelles, bien plus tard, quand les hormones activeront ces traces.Le tissage de l'attachement, qui inhibe la sexualité avec l'objet d'empreinte, oblige au déplacement du désir. L'objet sexuel ne peut être l'objet d'empreinte. En milieu naturel, pas d'endogamie. Interdit de l'inceste. En revanche quand il y a diminution de l'attachement, il y a moindre inhibition et possibilité d'inceste.
  • les adolescents savent détruire le plaisir intra familial par leur morosité quotidienne. Alors même que le moindre événement extérieur les comble de joie et les rend charmants.
  • l'amour, joli moment pathologique, nous arrache à ses lois pour créer de l'existence. Que la vie serait paisible sans amour, qu'elle serait tranquille, et si triste.
  • TROISIÈME PARTIE: SANS ATTACHE.
  • le mythe familial possède une valeur prédictive. En m'identifiant, je me restreins mais je m'accomplis. Pour devenir quelqu'un il faut renoncer à tous les autres qu'on aurait pu devenir. La grille familiale facilite et gouverne le développement d'un enfant. Elle le guide, lui donne sens, le contraint et l'ampute en le modelant. L'enfant sans famille connaît des parcours très variés: le père invisible, disqualifié à la maison, devient charismatique dans le groupe social; la mère invisible devient la mère fantasmatique, comme une divinité primitive pourvoyeuse et dévorante.
  • la fonction de la famille est de névroser l'enfant, de lui imposer une grille de développement préfabriquée, contraignante et facilitante. Milieu social fantasmatique déjà organisé.
  • L'enfant sans famille a pour seul repère stable lui-même. Activités autocentrées. Narcisse sans miroir, il ne peut qu'imaginer ce qu'il veut devenir.
  • l'intellect et le mariage: le plaisir de faire marcher sa tête constitue l'un des facteurs les plus puissants pour se préserver du vieillissement: la nourriture, la stimulation par l'action, le plaisir, le lien social, sont autant de facteurs qui peuvent nous préserver du vieillissement. Mais comment comprendre que le mariage soit aussi du nombre de ces facteurs? Alimentation/ vêtements sont différents selon qu'on est en couple ou qu'on redevienne célibataire. Attachement conflictuel donne sens au quotidien. Contrat affectif reste enfoui pendant des décennies. Au moment de la retraite, il y a résurgence. Importance croissante du quotidien donne le pouvoir aux femmes et instaure le matriarcat chez les personnes âgées. En cas de boulimie affective, la disparition de l'être cher peut provoquer un vide total. Idem pour la disparition d'un animal chéri. Le fait d'être en couple, en famille, en groupe amical donne sens alors que la solitude tue le sens.
  • Refus de conclure, refus de fermer. Nécessaire de toujours avoir une part d'ombre pour mettre la lumière. Se méfier des explications qui mettent un terme aux processus de compréhension.
  • L'attachement est hors de prix, mais son absence coûte encore plus. Avant de lire ce livre, vous aviez les idées claires, j'espère qu'à présent elles sont confuses car il faut toujours douter.