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DICTIONNAIRE DES MOTS ADOPTES

ELOGE DE LA FRANCOPHONIE

coin Caratini I César

COIN CARATINI II Auguste

COIN PROUST

COIN TOURNIER

COIN DES PETITS BATEAUX

RECENSEMENT DES TEXTES

RECENSEMENT DES OEUVRES.

RECENSEMENT DES TEXTES AUTOGRAPHES.

RECENSEMENT DES FILMS

ABECEDAIRE ANTIQUE.

Cicéron

ABECEDAIRE MYTHOLOGIQUE.

éléments de religion romaine

Les esclaves dans la société romaine antique de la fin de la République

la mort dans la Rome antique de la fin de la République

Coin cinéma n°1

coin cinéma n°2

coin cinéma n°3

coin cinéma n°4

coin cinéma n°5

coin cinéma n°6

GRAMMAIRE FRANCAISE

LES NOTIONS DE BASE

LE NOM

homonymes, paronymes

LE VERBE

le verbe et ses assistants

les différentes formes du verbe

Valeurs temporelles, aspectuelles et modales des temps de l'indicatif

le subjonctif et l'impératif

PRINCIPAUX ACCORDS

accord des noms

accord des adjectifs et des déterminants numéraux

accord des participes passés.

LA PHRASE

mémento grammatical

mémoire musicale

Oscar Wilde

accord des noms

dernière modification: 31 août 2012.

 

  1.        I.            Accord des noms.

 

  1. 1.     Genre des noms.
  • Masculin et féminin.

En français, pour les noms, il n’existe que deux genres, le masculin et le féminin. Il n’y a pas un genre neutre pour les choses comme en anglais ou en latin. Quelques mots sont neutres, (« cela », « on »), mais il ne s’agit pas de nom. Le masculin est le genre non marqué, le féminin le genre marqué (-e) selon Vaugelas, ce qui permet de comprendre sereinement la règle selon laquelle le genre non-marqué l’emporte sur le genre marqué (celle que l’on dit du « masculin qui l’emporte sur le féminin »).  C’est faire peu de cas de la critique qui consiste à dénoncer une langue qui véhicule une « domination masculine » qu’il convient de conserver à l’esprit.

  • Noms ne changeant pas de genre. C’est le cas le plus fréquent. Un lycée, un marais, une joie, une carte, un papier, un réveil, un dictionnaire, une pédale, une roue…
  • Noms changeant de sens en changeant de genre.

Un matelot/Une matelote : plat de poisson, avec du vin et des oignons ; danse du monde des matelots d’autrefois ; et, par plaisanterie, femme matelot.

Un machin/Une machine ; Un livre/Une livre ; un Limousin/une limousine ; un moyen/une moyenne ; un aigle/une aigle : enseigne de l’armée romain ; et, femelle de l’aigle/ un manœuvre/une manœuvre ; un parallèle/une parallèle ; un crêpe/une crêpe ; un manche/une manche ; un mode/une mode ;un physique/la physique ; un mousse/une mousse ; un cartouche/une cartouche ; un geste/une geste ; un mémoire/la mémoire ; un poste/une poste ; un pendule/une pendule ; un voile/une voile ; un martyr, une martyre/souffrir le martyre.

Ces noms dont l’orthographe est identique pour le masculin et le féminin, et dont le sens ne change pas forcément –un(e) artiste/Belge/élève- sont dits épicènes.

 

  • Noms changeant de genre au pluriel. Cf infra 2.le pluriel des noms.
  • Noms féminins pouvant désigner un homme. Une estafette (fonction militaire de transmission), une sentinelle, une vigie matelot qui est en poste d’observation), une recrue…
  • Noms masculins s’appliquant à des femmes. Un bas-bleu (femme à prétentions littéraires, vieilli), un tendron (très jeune fille, familier), un trottin (petite ouvrière qui faisait les courses, désuet et familier), un succube (démon qui prend l’aspect d’une femme pour séduire un homme durant son sommeil, ses rêves), …
  • Passage normal du masculin au féminin. Par adjonction d’un –e : libertin, libertine ; cousin, cousine ; ribaud, ribaude (personne luxurieuse, qui fréquente les maisons de prostitution ; mais aussi aventurier qui suivait l’armée pour piller, pilleur) ; bigot, bigote ; malotru, malotrue ; ami, amie. ATTENTION : lycée, foie, père, maire, partage, etc. ont beau se terminer par un –e, ils n’en sont pas moins des noms masculins.
  • Modification de la terminaison avec l’adjonction d’un –e.
    • Redoublement d’une lettre dans certains cas. Chat, chatte ; paysan, paysanne.
    • Redoublement systématique d’une lettre. Gardienne, grammairienne, lionne, doyenne, européenne, baronne, championne, daronne (argot pour « mère »), citoyenne, chienne.
    • Passage de –oux à –ouse ou –ousse. Une épouse, une rousse.
    • Passage de –eur à –euse. Une danseuse, une trotteuse (jument ou aiguille de montre), une galopeuse, une gaspilleuse, une gribouilleuse, une poseuse, une coureuse (femme de mœurs légères ; sinon elle est un « coureur » cycliste).
    • Passage de-teur à –trice. Une directrice, une factrice, une inspectrice, une informatrice, une instigatrice, une initiatrice, une formatrice, une médiatrice, une institutrice, une éditrice, une collaboratrice.
    • Passage de –deur à –drice. Une ambassadrice.
    • Passage de –er à –ère. Une bouchère, une écuyère (celle qui enseigne à monter à cheval, qui dresse les chevaux au manège ; celle qui fait des exercices équestres dans un spectacle public),  une boulangère, une pionnière, une bergère.
    • Passage de –ier à –ière. Une fermière, une ouvrière, une épicière.
    • Féminin en –ve. Une louve, une veuve, une juive, une serve.
    • Passage de –eau à –elle. Des jumelles, une chamelle, une pucelle.
    • Passage de –c à –que. Une laïque, une Turque, une Franque. ATTENTION : une Grecque.
    • Féminin en –esse. Une princesse, une tigresse, une comtesse, une duchesse, une doctoresse. [on note pour les deux derniers exemples la modification de radical]
    • Féminins divers.  Héros/héroïne, fou/folle, copain/copine, vieux/vieille, blanc/blanche. [avec modification du radical pour fou/folle et vieux/vieille]

 

  • Les féminins irréguliers.

On parle de féminins irréguliers quand le mot est différent selon qu’il s’agit d’un masculin ou d’un féminin.

  • Noms d’animaux.

Le jars et l’oie  font du confit d’oie ;

Le verrat et la truie font du porc dans la marmite ou du cochon s’ils sont cuisinés en bas âge.

Le bélier et la brebis font du bon mouton ou de l’agneau si on ne les a pas laissés grandir.

Le taureau et la vache deviennent du bœuf dans l’assiette. [le bœuf, comme l’eunuque, n’est pas un mâle à part entière]

Le veau et la génisse deviennent du veau dans notre bouche.

Le bouc et la chèvre.

Le coq et la poule deviennent du poulet, de la poularde ou du coq, ou encore du chapon. [Frère d’infortune du bœuf]

Le lièvre et la hase.

Le sanglier et la laie.

Le singe et la guenon.

Il est des animaux pour lesquels le féminin ou le féminin font défaut : le serpent, l’hirondelle, la vipère, la couleuvre, le geai, etc.

 

  • Domaine de la parenté. Le père et la mère, le frère et la sœur, le fils et la fille, le gendre et la bru, le parrain et la marraine, l’oncle et la tante, etc.
  • Autres domaines. Le roi et la reine, l’empereur et l’impératrice, le dieu et la déesse, l’amant et la maîtresse, etc.
  • Un mot très particulier : les gens. Les bonnes gens font les gens bons. Féminin quand l’adjectif est placé avant et masculin dans le cas contraire.

 

  • Mots sources d’erreur.

masculin

féminin

Un accordéon

Une acné

Un acrostiche

Une amnistie

Un alvéole

Une anicroche

Un armistice

Une échappatoire

Un astérisque

Des arrhes (accord au féminin)

Un antidote

Une azalée

Un apogée

Une disparate (défaut de conformité)

Un pétale

De l’ébène (accord au féminin)

Un après-midi (féminin toléré)

Une encaustique

Un effluve

Une épigramme

Un élastique

Une équivoque

Un épilogue

Une escarre

Un épisode

Une oasis

Un équinoxe

Une primeur

Un haltère

De la réglisse

 

Une stalactite

L’élision de l’article est souvent à l’origine de l’absence d’imprégnation du mécanisme permettant de distinguer les genres.

  • Les noms de profession.
    • Ø Les épicènes ne posent pas de problème : architecte, comptable, urbaniste.
    • Ø Les formations régulières non plus : une avocate, une huissière, une vendeuse, une dépensière/trésorière, une chargée de mission,…
    • Ø Les autres noms de profession, employés d’abord par dérision, deviendront peut-être d’usage courant et sans nuance ironique. Un certain flottement existe encore cependant. Une doctoresse, une femme écrivain/une écrivaine, une femme ingénieur/une ingénieure, une femme juge/une juge, une auteure.
    • Ø Les noms de fonction : quand la fonction est exercée par une femme, on peut parler de la préfète, la principale, la proviseure, la générale, la maire. Il convient néanmoins de conserver l’idée du neutre qui n’existe pas, du genre non marqué, pour des fonctions qui doivent être exercées mais auxquelles ne sont pas encore adossées des personnes. Les Français sont appelés à élire le président de la République, qui sera peut-être un jour une présidente de la République. Toujours est-il qu’au moment de l’élection, à moins de n’avoir que des candidates, le genre non-marqué devra toujours l’emporter pour plus de clarté et de neutralité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. 2.     Pluriel des noms.
  • La règle et les exceptions. Les noms prennent d’ordinaire un « s » au pluriel.
  • Les noms invariables.
    • Les mots se terminant par s, x, z. Tous les mots se terminant par « s », « x », et « z » au singulier sont invariables : des patois, des pays, des marais, des non-sens, des poids, des cas, des débris ; des voix, des crucifix, des duplex, leurs ex, des flux ; des gaz, des nez, des riz, des jazz, des merguez, des raz-de-marée, des rez-de-chaussée…
    • Noms de notes de musique. Des fa dièse, des ré bémol.
    • Adverbes, interjections, outils grammaticaux (conjonctions et prépositions) utilisés comme des noms. Je ne veux entendre ni des mais ni des peut-être mais seulement des oui ; les oui et les non sont presque à égalité ; ce fut une succession de oh ! et de ah ! Il faut compter les pour et les contre. ATTENTION : on écrit cependant « prendre les devants », cas rare où l’adverbe substantivé s’accorde.
    • Les mots qui ne s’emploient qu’au pluriel. Des funérailles, des condoléances, des ossements, des obsèques, des appas, des arrhes, des appointements, des fringues, des mamours, etc. Il en va de même pour des mots dont seul l’emploi au pluriel correspond vraiment à l’usage : des munitions, des pleurs, des victuailles, des retrouvailles, etc.
    • Noms ne prenant pas la marque du pluriel. Tous les « a » doivent être en rouge. Les noms désignant les lettres de l’alphabet sont invariables. Les noms qui n’existent qu’au singulier figurent le plus souvent dans des locutions figées : conteste (sans conteste), cocagne (mât de cocagne), revient (prix de revient), etc.
    • Les noms en –ou prennent un « x » au pluriel. Des choux, mais des clous et des chouchous. Des hiboux, mais des coucous. Des bijoux, mais des sous. Seuls sept noms en –ou ont un pluriel irrégulier en –oux : pou, hibou, chou, genou, joujou, caillou, bijou. Notons que les ripoux/ripous et les tripoux/tripous ont deux orthographes acceptées. Pour les policiers comme pour le plat de tripes, la proximité sonore avec les poux peut expliquer l’ « x ».
    • Les noms en –eu font leur pluriel en « eux ».Des bleus de travail, mais des pieux ; des lieus (poisson) mais des lieux (endroit) ; des pneus, mais des gâteux. Les mots en –eu sont rares à avoir le pluriel régulier : bleu, pneu, lieu (poisson), camaïeu. Les autres noms ont un pluriel irrégulier en –eux. Notons d’ailleurs que camaïeu fait aussi bien camaïeux que camaïeus.
    • Les noms en –au (souvent –eau) font leur pluriel en « x ». des bourreaux, des noyaux. Deux exceptions notables : les landaus, et les sarraus (=blouse de protection utilisée autrefois par les paysans et les artistes).
    • Les noms en –al font leur pluriel en aux : des mémoriaux, des chevaux, des canaux, des maréchaux, des originaux, etc. On note cependant quelques pluriels réguliers : des carnavals, des cérémonials, des chacals, des emmentals, des festivals, des récitals, des régals, des bals, des étals,  etc. Les mots d’argot ont un pluriel régulier : des futals (pantalon), les Ritals (« Italiens », familier et même un peu péjoratif selon le contexte parfois). Le pluriel « idéals », rare et littéraire, coexiste avec idéaux.
    • Les noms en –ail font leur pluriel en –ails ou en –aux.

Des attirails, mais des coraux ; des détails mais des vitraux ; des rails, mais des vantaux ; des sérails, mais des soupiraux…

Les noms « bétail » et « bercail » n’ont pas de pluriel.

En principe, le pluriel du nom « ail » est « aulx ». En fait, ce pluriel ne s’emploie pas. On achète « de l’ail ». Les botanistes, pour distinguer les différentes catégories de cette liliacée, disent « des ails ».

  • Changement de sens avec passage au pluriel.

Je touche le fond parce que je manque de fonds.

Je prends le frais à ses frais.

Nous préférons l’honneur aux honneurs.

Au pluriel, le mot « menottes » peut désigner des petites mains ou l’ustensile utilisé par les policiers et les gendarmes. Au singulier, il ne peut désigner qu’une petite main.

Le mot « travail » fait son pluriel en –aux ou en –ails selon le sens. Dans son sens technique, le nom « travail » désigne un dispositif permettant d’immobiliser un animal, pour une opération par exemple. On parle aussi, dans un hôpital, de la pièce réservée aux femmes qui accouchent comme d’une « salle de travail ».

  • Différents pluriels pour un même mot.

Les magnifiques ciels de Philippe de Valenciennes.

Le pluriel habituel de « ciel » est « cieux » sauf quand on parle de peinture : des « ciels ».

Notons ici que matériau (un matériau, des matériaux) n’est pas le pluriel de matériel (un matériel, des matériel).

Matériel= ensemble des outils et machines qui sont utilisés pour obtenir un résultat (matériel agricole, matériel ferroviaire, etc.)

Matériau= matière servant à la construction d’un objet quelconque (ciment, acier, verre, silicium, titane, etc.

 

  • Changement de genre avec le passage au pluriel.

Un grand amour.

De belles amours.

Le mot « amour » est masculin au singulier. Il devient féminin au pluriel (« de folles amours »). Il en va de même du mot « délice ».

Quel délice !

Quelles délices !

ATTENTION : on dit cependant : « L’un de mes délices était… »

Le mot « orgue » peut se féminiser quand il passe au pluriel. Quand on parle de plusieurs instruments, il reste au masculin (« les orgues les plus réputés d’Europe »). Il se met au féminin quand il s’agit d’un seul instrument (« les grandes orgues de Notre-Dame »).

 

 

  1. 3.     Pluriel des noms composés.
  • Trois types de formation.

Un nom composé est un nom constitué par la juxtaposition de mots simples, deux ou plus.

  • Trois types de situation.

 

 

Un portefeuille                                 un porte-monnaie                une pomme de terre

  • Mots soudés. Un portefeuille, un contresens, un tournevis, du vinaigre, un hautbois, un plafond, une betterave, un passeport, des pissenlits.
  • Mots reliés avec trait(s) d’union. Un porte-monnaie, un garde-fou, un garde-manger, un lance-flammes, un chez-soi, un porte-jarretelles, un soutien-gorge, un remonte-pente, un non-dit, une surprise-partie ; un sauve-qui-peut, un croc-en-jambe, un rez-de-chaussée, un bouche-à-bouche, un va-nu-pieds ; un qu’en-dira-t-on, un tout-à-l’égout, un coq-à-l’âne.
  • Mots non soudés et non reliés par des traits d’union. Une pomme de terre, une râpe à fromage, un chemin de fer, un chemin de terre, un hôtel de ville, un poisson d’eau douce, un marin d’eau douce (par plaisanterie), des trompettes de la mort (champignons), le bouche à oreille.

Remarque : le mot composé n’est pas obligatoirement un nom. Il peut s’agir d’une locution adverbiale ou d’un adjectif : s’embrasser à bouche que veux-tu, y aller à contrecœur, agir à contre-courant, un enfant mort-né, un appartement tape-à-l’œil.

  • Pas de règle de construction. La construction des mots composés n’obéit pas vraiment à des règles.
  • Formation des mots composés récents. Pour les mots composés récents, il est possible de noter une tendance en ce qui concerne les mots savants, mais il subsiste un certain flottement.
    • Absence de trait d’union dans la plupart des cas. Une autocritique, un microprocesseur, l’auriculothérapie, un antihistaminique (produit contre les allergies), la pharmacocinétique (étude du devenir d’un médicament dans l’organisme), l’hypoglycémie, un immunodépresseur…. Notons par plaisanterie que les noms de médicament donnent lieu à des noms à rallonge. Par exemple, pour des allergies relatives aux yeux, l’ « acétylaspartylglutamique » est conseillé.
    • Présence de trait d’union pour éviter la rencontre de voyelles qui poserait des problèmes de prononciation. Un anti-inflammatoire, la micro-informatique.
    • Problème des déterminants numéraux. Ils obéissent à des règles complexes pour ce qui est de la présence des traits-d’union et le passage au pluriel. On écrit « vingt-cinq » (avec trait d’union) mais « cent cinq » (sans trait d’union). On écrit « deux cents » (avec un « s »), mais « deux cent cinq » (sans « s » à cent). Et l’on écrit « deux mille » sans « s » à mille.
    • Création littéraire de noms composés. Créations parfois éphémères, avec traits d’union : le-monsieur-qui-a-tout-vu-qui-sait-tout.

 

 

  • Pluriel des noms composés.
    • Le verbe ne s’accorde pas. Des touche-à-tout, des sauve-qui-peut, des pousse-café. Notons que pour des « gardes-barrière(s) », « garde » est considéré comme un nom.
    • Le nom s’accorde quand il est au début du nom composé ou non tributaire du verbe. Des hommes-sandwichs, des portes-fenêtres, des sourds-muets, des cannes-épées.
    • L’adjectif s’accorde. Des rouges-gorges, des ronds-points.
    • L’accord comme question de bon sens. Excepté des règles comme l’invariabilité du verbe, l’accord est souvent une question de bon sens. Dans certains cas, il peut se faire ou non. Les examinateurs ne sont pas trop rigoureux sur ces questions. Des porte-drapeau(x), des porte-crayon(s), des porte-greffe(s), des porte-jarretelles, des porte-avions, des porte-bonheur, des coffres-forts, des hommes-orchestres, des laissés-pour-compte, des lave-vaisselle…
    • Exceptions. Il en existe quelques-unes qui sont du domaine des curiosités linguistiques. Un chevau-léger, des chevau-légers [corps de cavalerie puis soldat appartenant à ce corps ; initialement, le nom est donc partiellement au pluriel avec passage de –al à –au. Quant à la désignation du soldat, étonnante en ce que le nom singulier porte une marque de pluriel, elle permet d’éviter une confusion avec l’animal] des grands-rues, des grands-mères, des grands-tantes, des grands-voiles [c’est en réalité le singulier qui est étonnant, le pluriel ne faisant que suivre le singulier]

Un/une grand-croix, des grand-croix, des grands-croix. [le mot « grand-croix » est invariable quand il désigne la décoration ; quand il désigne des personnes, le genre varie au singulier, le nombre au pluriel !] Complexe mais rare.

 

 

 

 

 

 

 

 

  1. 4.     Pluriel des noms étrangers.
  • Tendance pour le pluriel des mots étrangers. Nous appelons « mots étrangers » des mots venus d’autres langues qui sont apparus depuis peu dans la langue française. Le terme technique est « emprunt ». S’y ajoutent des termes techniques empruntés directement dont certains (médecine, musique) peuvent être utilisés depuis plusieurs siècles.
  • Mots venus de l’anglais…et de l’américain.
    • Mots anglais ne posant pas de problèmes. Présence d’un « s » à la fin du mot : des dealers, des castings, des copyrights, des gays, des containers, des barbecues, des biftecks, des rumstecks. [l’orthographe de ces deux derniers noms est désormais francisée]
    • Mots anglais se terminant par –ch. On accorde à la française. Des sketchs, des lunchs, des brunchs, des matchs, des sandwichs, des rushs (vocabulaire du cinéma).
    • Mots anglais se terminant par –y. Même tendance. On accorde à la française : des whiskys, des ladys, des first ladys, des garden-partys, des pénaltys, des bodys, des dandys…
    • Mots se terminant par –an au singulier. Même tendance à la francisation : des gentlemans, des recordmans, des barmans, des recordwomans. Notons qu’on peut aussi parler des détentrices du record du monde !
    • Mots doubles. Des call-girls, des cow-boys, des disc-jockeys, des duffle-coats, des primes times (sans tiret), des happy ends, des happy few, des best-sellers, des blue-jeans, des box-offices, des water-closets (ou des waters), des baby-sitters, des baby-sittings, des baby-booms, des baby-foots…Pour les mots doubles, quand le premier mot précise le sens du second, il est invariable. A l’opposé, le second prend la marque du pluriel.

 

  • Mots venus du latin.
    • Mots francisés. Des forums, des mémorandums, des muséums, des pensums, des péplums, des référendums, des rectums, des sanatoriums, des spéculums, des ultimatums ; des infarctus, des quitus, des bonus, des malus ; des spécimens, des abdomens, des aléas, des distinguos, des mémentos….peut-être bientôt des duplicatas, des satisfecits, des exeats ? [pour l’heure, duplicata, satisfecit et exeat sont invariables]
    • Mots avec terminaison en –um ou en –a. un erratum, des errata. Un errata, des erratas ; un agenda, des agendas, un item, des items ; les ex aequo (invariable encore) ; un minimum des minimums/minima ; le maximum, les maximums/maxima.

 

  • Latin d’église. Quelques prières, chants ou pièces musicales du culte catholique ont donné naissance à des mots. Le nom correspond souvent aux premiers mots du texte. Un requiem, des requiem (messe des morts qui commence par Requiem aeternam dona eis.. . »Donne-nous le repos éternel… ») ; un credo, des credo (ensemble de convictions) ; un veto, des veto. [si ces mots sont encore invariables, plusieurs dictionnaires commencent à les accorder, suivant la tendance à la francisation de la langue : des crédos, des vétos] Te Deum (chant religieux à la louange de Dieu) [invariable].

 

  • Mots venus de l’italien.
    • Vocabulaire de la cuisine. Des raviolis, des spaghettis, des macaronis, des gnocchis, des cannellonis, des pizzas, des salamis.
    • Vocabulaire de la musique. Des concertos, des arias, des solos, des allégros, des allégrettos, des crescendos. Là encore la tendance est à la francisation.
    • Autres mots venus de l’italien : des agios, des scénarios, des impresarios, des dilettantes, des apartés, des imbroglios, des confettis, des maestros.
    • Mots d’autres origines.
    • Espagnol. Des patios, des guérilleros, des aficionados, des conquistadors.
      • Allemand. Un lied, des lieder ; un leitmotiv, des leitmotive. On rencontre cependant aussi : des lieds et des leitmotivs.
      • Arabe. Un oued, des oueds ; un méhari, des méharis. (dromadaire algérien, utilisé pour les randonnées dans le massif du Hoggar par exemple)
    • Soulignement des mots étrangers. En principe il faut souligner les mots étrangers ou les écrire en italique quand le texte est tapuscrit. Quand on considère que le mot est entré dans la langue, il n’est plus besoin de le souligner.

 

 

  1. 5.     Pluriel des noms propres.

Un grammairien (Dupré) qui a tout lu sur la question de l’accord des noms propres résume la situation par ces mots : « Disons qu’il y a des règles, mais qu’elles sont indécises et flottantes. » Pour Grévisse : « Le pluriel des noms propres donne lieu à des règles assez subtiles sur lesquelles les grammairiens ne s’accordent guère. » Il existe cependant des domaines où les choses sont simples ou peuvent être simplifiées.

 

  • Les noms de marque. Ils sont invariables. Des Frigidaires (des réfrigérateurs), des Kärcher(des nettoyeurs à haute pression), des Mobylette, des Walkman(des baladeurs), des Abribus, des Macintosh, des Scrabble, des Vespa (des scooters), des Klaxon (des avertisseurs), des Jeep (des véhicules tout-terrain, Jeep est la prononciation approximative de G.P.= General Purpose= multi-usage). Quand l’antonomase est attestée (transformation d’un nom propre en un nom commun, ou l’inverse), l’accord devient régulier.

J’ai chargé les deux frigidaires et mes trois vespas sur les porte-bagages de mes mobylettes. Les mobs n’ont pas résisté.

Trois camemberts, deux munsters, et quatre chavignols, avec quelques bons saint-émilions, ça devrait suffire. Pour le dessert j’ai prévu deux paris-brests. Nous mangerons aussi quelques religieuses et quelques financiers.

  • Noms de famille. Ils sont invariables le plus souvent ; cependant quand il s’agit de lignées royales ou de familles illustres, le pluriel est de mise. Je vais dormir chez les Girard. Les Ghanem sont de retour. Ce qui est arrivé aux Dautun. Les Capets, les Bourbons, les Stuarts…Pour éviter trop de complexité, mieux vaut s’en tenir à l’invariabilité, excepté pour les pluriels consacrés par l’usage.
  • Les faux pluriels.  Les patronymes restent invariables même lorsqu’ils sont précédés de l’article défini : Nous n’avons plus d’écrivains à dimension internationale. Où sont les Molière, les Rousseau, les Stendhal, et même les Sartre ?
  • Le patronyme pour désigner plusieurs membres d’une même famille. Il reste néanmoins…invariable ! J’apprécie les œuvres des deux Corneille. Les trois Kennedy les plus connus. Les Goncourt ont fondé un prix.
  • Les patronymes ou prénoms devenant noms communs. Ils perdent leur capitale et s’accordent régulièrement. Il s’agit alors d’une antonomase (cf supra) : Les mécènes se font rares/ Leurs mentors respectifs les ont bien conseillés/ On rencontre des madones à tous les coins de rue/ Ils ont distribué des molières, des oscars, des césars. [sculpteur César/prénom Oscar, prénom de l’oncle du secrétaire de l’académie des arts et  sciences du cinéma/ Molière, pseudonyme de Jean-Baptiste Poquelin]
  • Le patronyme correspondant à un titre. Invariable et en italique. Il a vu toutes les Emma Bovary, mais n’a pas lu le livre. Cette règle s’applique d’ailleurs pour tous les titres…
  • Le patronyme du créateur pour désigner une œuvre. Désaccord des grammairiens. Il semble plus simple de s’en tenir à l’invariabilité. Des Picasso.
  • Accord des noms géographiques. Les deux Savoies, les Guyanes, les Amériques, les Pyrénées, les Açores. Pour les noms géographiques, l’accord se fait quand le locuteur désigne plusieurs régions ou pays ou encore un ensemble.
  • Noms d’ethnies ou de populations. Les noms de nationalité prennent une majuscule à l’initiale et s’accordent. L’adjectif, lui, ne prend pas de majuscule. Quand le mot désigne la langue, il ne prend pas non plus de majuscule. Les Français et ceux qui s’intéressent à la culture française apprennent le français.

Anthropologues et ethnologues adoptent parfois le pluriel irrégulier de la langue en question. A Targui/Touareg, on préférera néanmoins un accord « à la française) : un Touareg, une Touarègue/ des Touaregs.

Les Israéliens (peuple) mais les israélites (religion).

Les Juifs (entité culturelle) mais les juifs (religion).

L’Islam (culture islamique) mais l’islam (religion).