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mémento grammatical

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Oscar Wilde

éléments de religion romaine

 dernière modification: 30 septembre 2013.

On trouvera dans cette rubrique quelques éléments modestes en matière de  religion romaine antique, avec notamment:

  1. une présentation du polythéisme assimilateur romain.
  2. quelques pratiques et croyances de l'époque.
  3. une présentation illustrée des douze divinités principales héritées du panthéon grec.
  4. une bibliographie succincte.

 

 Cette page est la plus consultée du site. Elle sera pochainement mise à jour. Une autre page consacrée à la mort dans la Rome de la fin de la République se prochainement publiée également. Merci particulièrement aux visiteurs américains.

 

  1. Le polythéisme des Romains:

Les Romains dans l'Antiquité sont polythéistes: ils croient en plusieurs divinités. Leurs divinités principales sont empruntées au panthéon grec (pour plus de détails sur chacune de ces divinités cf infra), ce qu'il faut rapprocher d'un processus habituel d'assimilation et d'intégration ethnique, culturelle et religieuse.

  • Zeus/ Jup(p)iter
  • Héra/Junon
  • Poséidon/ Neptune
  • Hadès/ Pluton
  • Arès/Mars
  • Athéna/Minerve
  • Artémis/Diane
  • Aphrodite/ Vénus
  • Héphaïstos/Vulcain
  • Hermès/Mercure
  • Dionysos/Bacchus
  • Apollon/ Phébus

 

Outre ces divinités il existe des divinités secondaires qui montrent bien que le polythéisme des Romains n'est pas un vain mot. En voici quelques exemples (liste non exhaustive):

 

 

  • Morphée, dieu des rêves prophétiques
  • Les 5 furies : déesses de la vengeance : Tisiphone, Mégère, Alecto, Adrastée et Némésis nées du sang de leur père Caelus.
  • Bellone : déesse de la guerre ; elle symbolise la soif de sang des soldats au combat ; son temple se trouvait sur le champ de Mars. Durant les sacrifices, les prêtres de Bellone se lacéraient les bras avec un couteau.
  • Spes, déesse romaine de l’espoir.
  • Proserpine, déesse des enfers, de la régénération, du renouveau de la vie au printemps. Elle est la femme de Pluton (Dis, Orcus, sont deux autres de ses noms; Hadès grec). On leur fait des offrandes pour honorer les morts.
  • Les dieux lares : chaque habitation comporte un laraire devant lequel on vénérait les lares, divinités protectrices de la maison.
  • Les pénates sont les dieux qui protègent le garde-manger. Pour obtenir leur protection, une partie de chaque repas leur était offerte. (Aujourd’hui « regagner ses pénates » signifie « retourner chez soi », « regagner sa maison »)
  • Les mânes ou "parents défunts" auxquels deux fêtes sont consacrées: les Parentalia en février (les magistrats ne portent plus leurs insignes, les temples sont fermés, les feux sont éteints sur les autels, on ne contracte pas de mariage cf Ovide, Les Fastes, II, 5333, 557-67)  et les Lemuria en mai , fêtes au cours desquelles les morts reviennent sur terre..
  • Janus, dieu du commencement est imploré par les Romains quand ils se lancent dans un projet important. Janus a donné janvier. Il est représenté par deux visages regardant dans des directions opposées. Cela symbolisait son rôle de dieu du commencement : un visage regardait vers le passé, l’autre vers l’avenir.
  • Vesta: déesse qui n'est pas représentée par des images car le feu suffit à la figurer;son sancuaire est rond (contrairement aux temples quadrangulaires) car toute sa puissance est sur la terre.
  • Quirinus
  • Fortuna est la déesse de la chance : elle a son temple à Rome, près du Tibre.
  • La Bonne Déesse (Bona Dea)  est la déesse de la fertilité, de la guérison et des femmes. Elle est associée à la fidélité et au pardon. Elle est particulièrement importante pour les Romaines.
  • Triton, messager divin de la mer, fils de Neptune.
  • Cybèle, la Grande Mère (Magna Mater), déesse maternelle symbolisée par une pierre noire. Elle est aussi violente et vengeresse. Déesse d’Asie Mineure. Ses plus fidèles fervents adorateurs se castraient eux-mêmes lors d’un rituel après quoi les prêtres revêtaient des vêtements de femmes et adoptaient une identité féminine.
  • Saturne,  dieu qui mangea ses propres enfants de peur qu’ils ne le renversent une fois grands !
  • Castor et Pollux : jumeaux, dieux romains dont le temple était sur le forum.
  • Les dieux de l’agriculture
    •  Insitor : le Semeur
    • Ocator : le Laboureur
    • Messor : le Récolteur
    • Promitor : le Transporteur.

 

 

Notons pour terminer que le polythéisme romain était tel qu'ils pensaient que c’était mal d’offenser les dieux, même ceux qui n’étaient pas les leurs. Pendant la guerre, ils vénéraient les dieux des villes qu’ils assiégeaient. Voyons qu'elles étaient les autres croyances des Romains, quelles étaient leurs fêtes et pratiques religieuses.

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       2. croyances et pratiques romaines en matière de religion:

 

prières et volonté des dieux:

 

  • Les Romains priaient face à un autel, les paumes tournées vers le ciel.

 

  • Les Romains consultaient les devins pour connaître la volonté des dieux et prédire l’avenir : ils sacrifiaient des animaux et examinaient leurs organes internes pour voir l’avenir. Si les organes étaient déformés ou tachés, cela signifiait que les dieux n’étaient pas favorables.

 

  • Les augures interprétaient la volonté des dieux en étudiant dans quelle partie du ciel volaient les oiseaux. Ils observaient aussi les habitudes alimentaires des oiseaux sacrés. L'augure n'était pas appelé à déchiffrer l'avenir. Son rôle se limitait  à découvrir si tel ou tel projet (le choix d'un lieu de culte ou d'un fonctionnaire religieux, etc) était fas. Il demandait au dieu: "Si fas est...envoie-moi tel signe!"

 

  • Les prodiges étaient des événements surnaturels censés révéler la volonté des dieux (numen deorum): naissances de monstres, pluies de pierres, etc. sont l'expression, pour les Romains, d'un mécontentement, voire de la colère des dieux. "Les phénomènes aberrants équivalaient à des manifestations énigmatiques des dieux; d'un certain point de vue, ils constituaient des "théophanies négatives". ( Mircea Eliade).

 

  • Les haruspices  examinent les entrailles des victimes et interprètent les phénomènes météorologiques. Leur méthode est empruntée aux Etrusques concurrence les augures.

 

  • Les Livres Sibyllins
  • Les auspices ou présages vus. Seuls les magistrats et les chefs militaires étaient autorisés à les expliquer. Des purifications peuvent se révéler nécessaires.

 

     malédiction:

     

     

    • Quand un Romain voulait prononcer une malédiction contre l’un de ses ennemis, il dessinait une silhouette sur une fine feuille de plomb avant d’enfoncer un clou au milieu du dessin. Il disait du mal (malé/diction) et gravait ensuite le texte de la malédiction ; après quoi la tablette était déposée dans une tombe pour que les esprits s’en emparent.

    Exemple de malédictions:(cf Servilia dans la série Rome, saison 1, épisode 5. La source est historique)

    "Ô dieu des Julii, par cette offrande je vous implore d'invoquer Dikè, Mégara et Némésis afin qu'elles puissent assister à cette malédiction. Par les esprits de mes ancêtres, je maudis en cet instant Caius Julius Caesar. Que son phallus se flétrisse, que ses os se fissurent, que ses légions se noient dans son propre sang! Dieux des enfers, je vous offre ses membres, ses mains, sa bouche, sa respiration, sa tête, son coeur, son foie, son estomac.

    Par l'esprit de mes ancêtres en cet instant je maudis Atia des Julii: qu'elle se fasse violer par des chiens, que ses enfants meurent, et que ses maisons brûlent; qu'elle vive une longue vie de malheurs. Dieux des enfers, je vous offre ses membres, ses mains, sa bouche, sa respiration, sa tête, son coeur, son foie, son estomac. Dieux des enfers, faites-moi le témoin de son tourment afin de me réjouir et de vous faire d'autres offrandes."

     

     la mort, et après?

     

    • Les Romains croyaient qu’après la mort, l’âme voyageait pendant neuf jours sur l’Achéron avant d’arriver au royaume des morts.

     

    • Dans la Rome antique, on honorait les morts en les incinérant sur un bûcher.
    • Deux fêtes annuelles, les Parentalia en février et les Lemuria en mai sont l'occasion de célébrer les morts qui sont réputés revenir sur terre.

     

       

      • Comme il était interdit d’enterrer les cendres des défunts à l’intérieur de la ville, les mausolées étaient érigés le long de la Via Appia.

       

       

      personnel sacerdotal :

       

      Collège pontifical comprend...

       

       

      • le rex sacrorum (le roi quand il y en a un)
      • ....Les flamines majeurs: au nombre de 15, on distingue les flamines de Jupiter (Flamines Dialis), ceux de Mars et ceux de Quirinus. Chaque flamine est autonome et rattaché au à une divinité dont il tire son nom. Ils sont caractérisés par un costume rituel et un grand nombre d'interdits. Ainsi, le plus connu des trois, le flamine de Jupiter, n'avait pas le droit de s'éloigner de Rome et ne devait porter sur lui aucun noeud (si un homme enchaîné entrait dans sa maison, il fallait qu'on le libère); il ne devait pas paraître nu sous le ciel, ni voir l'armée, ni monter à cheval; il devait éviter le contact avec les souillures, et les morts ou ce qui évoquait les morts. (cf Nuits Attiques, Aullu-Gelle).

       

      • ...Le grand pontife est le prêtre le plus puissant de Rome. Il contrôle l’ensemble de la religion de l’État. Le mot latin pontifex signifie littéralement « constructeur de ponts » car le pontife faisait le lien entre les dieux et les hommes. Il existe à ses côtés d'autres pontifes. Sous la République, c'est le grand pontife qui "crée les flamines majeurs et les vestales sur lequel il a des pouvoirs disciplinaires, et, de ces dernières, il est le conseiller, parfois le représentant." (Dumézil, La Religion romaine archaïque)

       

      • ...les vestales: elles sont six. Choisies par le Grand Pontife entre six et dix ans, elles étaient consacrées pour une durée de trente ans. Elles sauvegardaient le peuple romain en entretenant le feu de la Cité, qu'elles ne devaient jamais laisser s'éteindre. Leur puissance religieuse dépendait de leur virginité: si une vestale manquait à la chasteté, elle était enfermée vivante dans une tombe souterraine et son partenaire était supplicié.

       

       

      collège augural:

      cf supra

      Autres groupes ou "sodalités"

      A côté des collèges pontificaux et auguraux, existent des sodalités (de sodalis, compagnon) ou groupes fermés, chacune spécialisée dans une technique religieuse particulière: 20 Fetiales sacaralisaient les déclarations de guerre et les traités de paix; les Salii, "danseurs" de Mars et de Quirinus, opéraient en mars et en octobre, lorsqu'il y avait passage de la paix à la guerre et de la guerre à la paix; les Fratres Arvales protégeaient les champs cultivés; la confrérie des Luperci célébrait, le 15 février (februaris est le mois des purifications), les Lupercalia. Il s'agit donc d'une fête de fin d'année (cf calendriers).  Après le sacrifice d'un bouc à la grotte du Lupanar, les Luperques, nus à l'exception d'un pagne de peau de chèvre, commençaient la course purifiante autour du Palatin. Tout en courant, ils frappaient les passants de leurs lanières taillées en peau de bouc. Les femmes s'offraient aux coups pour obtenir la fécondité (Plutarque, Romulus, 21, 11-12; etc.). Les rites étaient à la fois purificateurs et fécondants, comme nombre de cérémonies célébrées en vue de la Nouvelle Année.

       

      sacrifice:

       

      • Il consiste, dans le culte privé comme dans le culte public, en l'offrande d'une matière alimentaire: prémices des céréales, du raisin, du vin doux, et surtout des victimes animales (bovidés, ovins, porcins et, aux ides d'octobre, le cheval).

       

      • Les boucheries vendaient des animaux à consommer (porc, chèvre, volaille) et des animaux à sacrifier (bœuf).
      • A l'exception du cheval d'Octobre, le sacrifice des victimes animales suivait le même scénario: des libations préliminaires étaient effectuées sur le foyer portatif (foculus), représentant le foculus du sacrificateur, et situé devant le temple, à côté de l'autel.Ensuite, le sacrificateur immolait symboliquement la victime, en passant le couteau sacrificiel sur le corps, de la tête à la queue. Originellement, il abattait l'animal, mais dans le rituel classique c'étaient certains prêtres (victimarii) qui s'en chargeaient. La part réservée aux dieux -foie, poumon, coeur et quelques autres morceaux- était brûlée sur l'autel. La chair était consommée par le sacrificateur et ses compagnons dans le culte privé, par les sacerdoces dans les sacrifices célébrés pour l'Etat.

       

      autres religions à Rome dans l'Antiquité:

       

      • L’hindouisme, la religion la plus ancienne au monde, est antérieur de 2000 ans au peuple romain.

       

      • Une communauté juive était installée à Rome depuis la fin du 2ème siècle avant notre ère. La croyance des Juifs en un seul dieu (monothéisme) faisait d’eux des parias dans le monde païen des Romains.

       

       

       

       

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      3.Panthéon gréco-romain illustré.

       

      • Zeus/ Jup(p)iter

       

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      Zeus contre Typhon qu'il enfermera sous l'Etna-Timbre grec de deux drachmes.

       

       

        Souverain des dieux, Zeus siège sur le trône de l’Olympe. Il est le dieu de l’orage et de la pluie ; il tient en main un éclair que l’on appelle le « foudre » et qui peut réduire en poussière tout interlocuteur un peu trop téméraire. Zeus a une vie amoureuse assez mouvementée. Il tombe régulièrement sous les charmes d’une jeune mortelle, d’une nymphe ou d’une divinité. Mais il craint la jalousie et les colères de son épouse Héra. Aussi, pour approcher celle qu’il veut conquérir, il se métamorphose sous la forme d’un taureau, d’un cygne, d’un aigle, d’un brouillard, ou même d’une pluie d’or et se présente à elle. Beaucoup de héros sont ses enfants nés de telles aventures ; Zeus les affectionne particulièrement. Les artistes représentent souvent Zeus avec un aigle royal, son animal favori, à côté de lui.

         

         

         cf aussi MOZART, Symphonie n°41, dite Jupiter.

         

        • Héra/Junon

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          Héra est à la fois la sœur et l’épouse de Zeus. Déesse de la famille, de la fécondité et du mariage,  elle est d’une fidélité exemplaire, mais elle a fort à faire avec les fréquentes escapades amoureuses de son mari. Leurs disputes sur ce sujet font trembler tout l’Olympe. Héra ne supporte pas la concurrence et elle est sans pitié pour ses rivales ou pour le fruit de leurs amours avec Zeus. Son animal fétiche est le paon.

          La jalousie d’Héra…

          Héra est connue pour les persécutions qu’elle inflige aux maîtresses de Zeus comme à ses progénitures...Parmi les victimes célèbres d’Héra, on retiendra :
          ·    Hercule/Héraklès : fruit de l’union entre Alcmène et Zeus métamorphosé en Amphitryon (le mari d’Alcmène), Héraklès, dès sa naissance est attaqué par deux serpents qu’Héra dépose dans son berceau. Toute sa vie durant, il va être poursuivi par Héra.
          ·    La nymphe Io : Héra veut se venger de la belle Io dont Zeus est tombé amoureux. Pour la protéger, Zeus métamorphose Io en génisse blanche. Héra n’est pas dupe et demande à Zeus de lui offrir cette magnifique vache blanche. Zeus ne peut pas lui refuser ce cadeau. Héra demande alors à Argus, le vacher aux cent yeux, de veiller sur Io. Zeus s’en prendra alors à Argus qui aura la tête coupée. Héra, pour rendre hommage à Argus, aurait placé les yeux de celui-ci sur la queue de son animal favori (cf le paon quand il fait la roue).

           

           

           

           

          • Poséidon/ Neptune

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          Mosaïque/ Scuplture de Poséidon sur son char, Monterrey (Mexique).

           

            Poséidon ne vient sur l’Olympe que pour rendre visite à son frère Zeus ou bien pour des occasions exceptionnelles comme les banquets ou les noces. Il est le souverain du monde marin, gouverne les flots, dirige les tempêtes et ne se plaît que dans les eaux salées. Barbu, les cheveux longs, il est habituellement muni d’un trident. Avec son épouse, la nymphe Amphitrite,  ils sillonnent la mer sur leur char tiré par des chevaux marins et escortés de Tritons, Néréides, poissons et dauphins. Poséidon n’aime pas qu’on lui manque de respect et il peut être féroce avec ceux qui oublieraient de lui rendre un culte. Son animal est le cheval.

             

            mai 2011: l'opération Neptune Spear (la lance de Neptune) organisée par les NAVY SEALs, en concertation avec la CIA, aboutit à la mort du leader d'Al-Qaida, Oussama Ben Laden. [Source: le New Yorker 2/8/2011, cité par le site Slate.fr]

             

             

            • Hadès/ Pluton

             

              Un autre frère de Zeus quitte rarement son royaume : Hadès, le dieu du monde souterrain. Il règne sur les Enfers, le pays des ombres et des morts. Les mines du sous-sol lui appartiennent ainsi que toutes les dépouilles des mortels. C’est pourquoi on le dit très riche ! On le représente souvent avec la corne d’abondance. Les autres dieux évitent de le fréquenter et Hadès est solitaire. Ne trouvant pas de compagne,  il enlève Perséphone (Proserpine), la fille de Déméter, déesse de la terre, pour l’épouser. Déméter, inconsolable, arrête le cours des saisons et Zeus doit intervenir pour régler le conflit. On décide finalement que Perséphone passera une moitié de l’année, l’hiver, avec son époux Hadès, et l’autre moitié, la belle saison, avec sa mère.

               






               


              • Arès/Mars

              Arès, fils de Zeus et d’Héra, est le dieu de la guerre et de la mort violente. Il aime le sang et les carnages, et les champs de bataille. Les autres  divinités de l’Olympe n’apprécient pas beaucoup sa compagnie et même Zeus, son père, se méfie de lui. Arès est souvent en conflit avec Athéna, mais sa force brutale n’est pas à la hauteur de la fine stratégie de la déesse. Il n’y a que l’amour pour lui faire déposer les armes et abandonner son attitude agressive. Sa liaison avec Aphrodite, déesse de l’amour, est célèbre.

              Père de Romulus et Rémus (leur mère est la vestale Rhea Sylvia, soeur du roi d'Albe, Numitor), il aurait envoyé la louve pour allaiter les jumeaux. On a d'ailleurs dans le fratricide originel, selon Pierre Grimal  dans La Civilisation romaine, l'origine d'une "anxiété religieuse" qui pèse sur le destin de Rome: "A chaque moment critique de son histoire, Rome s'interrogera avec angoisse, croyant sentir peser sur elle une malédiction. Pas plus qu'à sa naissance elle n'était en paix avec les hommes, elle ne l'était avec les dieux." cf Horace, plus de 700 ans après la fondation de Rome s'interroge sur les conséquences de cette faute originelle. Epode, VII, 17-20.

               

               

               

               

               

              • Athéna/Minerve

               

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              La naisance d'Athéna-Musée du Louvre.

               

               

                La naissance d’Athéna est étrange. Après avoir avalé Métis, l’Intelligence, Zeus éprouve d’épouvantables maux de tête qui ne vont qu’en empirant. Il convoque Héphaïstos, le dieu du feu, et lui ordonne : « Fends-moi la tête d’un coup de hache ! » Du crâne ainsi ouvert de Zeus bondit Athéna, en armes. Fine stratège, déesse de la sagesse et de la raison, des arts et des artisans, elle est la fille préférée de son père. Elle ne veut ni mari, ni amant, mais elle est toujours prête à venir en aide aux héros qu’elle affectionne. Les artistes représentent habituellement Athéna casquée, tenant une lance et un bouclier ; sur sa robe au plissé strict, elle porte l’égide : c’est la peau de la chèvre Amalthée qui a nourri de son lait Zeus enfant, et sa fille Athéna y a ajouté la tête de Méduse, hommage du héros Persée. La chouette, qui voit même la nuit, est son oiseau préféré.

                 

                 

                 

                 

                 

                • Artémis/Diane

                 

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                Artémis chasseresse ou Diane-Musée du Louvre.

                 

                 

                  Artémis, la sœur jumelle d’Apollon, est la déesse de la chasse ; entourée de jeunes nymphes, elle parcourt les forêts profondes et les espaces les plus sages. Mais ces jeunes femmes ne tolèrent la présence d’aucun homme : malheur à celui qui tenterait d’approcher. Artémis est souvent associée à la lune : son diadème est surmonté d’un croissant de lune. L’arc à la main, le carquois sur l’épaule, elle est généralement accompagnée d’un cerf ou d’un chien.

                   

                   

                   

                   

                   

                   

                  • Aphrodite/ Vénus

                   

                   

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                    La naissance de Vénus, Botticelli (peint vers 1485)

                     

                     

                    Les dieux viennent souvent au monde d’une façon peu ordinaire. La déesse Aphrodite naît de l’écume de la mer ! C’est Zéphyr, le doux vent de l’ouest, qui aperçoit en premier cette splendide jeune femme. Il la recueille dans un beau coquillage de nacre et la conduit sur l’île de Chypre. Lorsqu’elle arrive sur l’Olympe, elle fait sensation et les dieux émerveillés la proclament déesse de l’amour et de la beauté. Aphrodite rend souvent passionnément amoureux les mortels qu’elle estime, mais c’est aussi pour elle une arme redoutable qui lui permet de tenir ses ennemis pieds et poings liés. Avec son arc et ses flèches, son fils Éros (Cupidon) l’aide dans cette lourde tâche. Aphrodite est souvent accompagnée par des colombes, ses oiseaux favoris.

                     

                     

                     

                     

                     

                    • Héphaïstos/Vulcain

                     

                     

                     

                      A sa naissance, Héphaïstos est si laid que sa mère Héra, horrifiée, le jette du haut de l’Olympe jusque dans la mer. De cette chute vertigineuse, le dieu ressort boiteux. Recueilli par des nymphes, il s’initie aux arts du feu et de la forge. Son premier ouvrage est un magnifique trône en or qu’il destine à sa mère. Héra, à la fois ravie et surprise de ce présent, s’y installe sans se méfier, mais le siège est piégé et elle ne peut s’en relever. Tous les dieux essaient de la délivrer ; on supplie Héphaïstos de faire quelque chose, mais il n’a pas oublié les mauvais traitements reçus et refuse de coopérer. Il faut l’intervention de son frère Dionysos et un peu de son vin pour ramener Héphaïstos sur l’Olympe et réconcilier la mère et le fils. Le dieu forgeron devient alors, pour les divinités et les héros, le fournisseur officiel en armes et en outils de toutes sortes. Il épousera Aphrodite*, qui lui sera souvent infidèle. Il est généralement représenté dans sa forge avec ses outils : l’enclume, le marteau, les tenailles…


                      Héphaïstos et Aphrodite : une histoire d’amour ?

                      L’arrivée sur l’Olympe de la jeune et belle déesse  Aphrodite, fraîchement sortie des eaux, a mis tout le monde des dieux sens dessus dessous. Tous sont tombés sous le charme et n’ont d’yeux que pour la nouvelle venue.
                        Tous, sauf Héphaïstos,  le dieu boiteux qui, clopin-clopant, continue de s’affairer dans sa forge. Il a plusieurs épées sur le feu et il faudrait une raison très grave pour qu’il abandonne un travail en cours ; il est vrai que sa maison a bonne réputation !
                         Aphrodite, agacée par toutes ces attentions masculines trop pressantes, annonce à ses prétendants qu’elle choisira de toute façon le moins entreprenant. Et, avisant la grotte d’Héphaïstos, elle déclare à tous les autres immortels : « C’est le forgeron qui sera mon compagnon. »
                         Après quelques mois de mariage cependant, la déesse de l’amour et de la beauté commence à s’ennuyer : « J’ai besoin d’une vie plus mouvementée ! » dit-elle à son époux. Héphaïstos, occupé par son travail, laisse toute liberté à Aphrodite. Sans en être vraiment jaloux, il apprend petit à petit les aventures amoureuses d’Aphrodite. C’est ainsi qu’il sera amené à jouer un mauvais tout à Arès/Mars, amant de sa femme…

                       

                       

                       

                       

                       

                      • Hermès/Mercure

                       

                        Hermès est l’un des nombreux fils de Zeus. Vif comme l’éclair, astucieux et débrouillard, Hermès est le messager officiel des dieux. Ses bottines (ou ses sandales) et son chapeau ailé lui permettent d’aller plus vite que le vent. Il est toujours prêt à partir pour une nouvelle mission. Zeus, qui l’affectionne particulièrement, compte souvent sur ses services et ses conseils lors de ses escapades amoureuses. Beaucoup de héros ou même de simples voyageurs ont pu trouver assistance auprès d’Hermès. Dieu de la circulation et des échanges, il protège autant les commerçants que les voleurs ! Un jour Hermès trouve sur son chemin deux serpents qui se battent ; il les sépare avec sa houlette, et les reptiles réconciliés s’accrochent définitivement à ce bâton que l’on appelle le « caducée ».

                         

                         

                         

                         

                         

                         

                         

                        • Dionysos/Bacchus

                         

                         

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                        Bacchus enfant par Le Caravage (1571-1610)

                         

                         

                         

                          Dionysos, le dieu du vin, de l'ivresse et des débordements, notamment sexuels, dieu des festivités, de la danse, des plaisirs de la vie, de la végétation, naît d’une curieuse façon. Zeus est devenu l’amant d’une mortelle : Sémélé. Une ruse d’Héra fait mourir la jeune femme: Junon jalouse a suggéré à Sémélé de demander à Zeus la réalisation d'un sien souhait, ce qu'il a promis à la future mère de Dionysos...Le voeu de Sémélé est de voir Zeus dans toute sa gloire, ce qu'il ne peut faire sans la foudroyer.Zeus a juste le temps de récupérer l’enfant qu’elle porte en elle et il le coud à l’intérieur de sa propre cuisse. Quelques mois plus tard, le petit Dionysos naît de la cuisse de Zeus son père. Pour soustraire son fils à la colère d’Héra (elle charge les Titans de couper l'enfant en morceaux et de le faire bouillir) Zeus la confie à des nymphes, bien loin de l’Olympe: Hermès a transformé l'enfant en chevreau, élevé dans la grotte de nymphes dont l'entrée est dissimulée par une vigne dont Dinysos se nourrit. Dionysos est d'abord un demi-dieu (fils de Zeus et d'une mortelle) puis reconnu comme dieu à part entière quand il accomplit l'exploit de ramener sa mère des Enfers, avec la permission d'Hadès. Devenu adulte, Dionysos invente le vin et parcourt le monde pour enseigner aux hommes la culture de la vigne. Ce présent l’a rendu très populaire, même si les Ménades (les Bacchantes), ses compagnes, peuvent devenir redoutables dans leurs ivresses et mettre en pièces ceux qui s'opposeraient  à son culte (cf Penthée, fils de Cadmus).Dionysos est couronné de lierre et il est souvent représenté une coupe à la main mais aussi avec son attribut, le thyrse : un bâton couvert de vigne et de lierre et surmonté d’une pomme de pin. En souvenir de son passage en Inde, son char est parfois tiré par des tigres et des panthères. Bacchus enfin est considéré comme le père du théâtre et de la tragédie.

                          Symbole de la jeunesse éternelle, Dionysos est vêtu d'un manteau de pourpre. Son père nourricier et précepteur n'est autre que le sage et ivre Silène. Toujours poursuivi par Junon, il sera frappé de folie. Il trouvera refuge en Phrygie où il sera initié aux mystères de Cybèle. Il est enfin connu pour avoir consolé Ariane, l'épouse malheureuse abandonnée par Thésée sur l'île de Naxos.

                          Chaque année, c'est à l'occasion des fêtes de Bacchus (les Liberalia) qui avaient lieu après les ides de mars, qu'on célébrait la prise de la toge virile (abandon de la toge prétexte et de la bulle d'or portées par les enfants, cérémonie privée et familiale d'une part, publique et collective d'autre part d'entrée dans l'âge adulte: la prise de la toge virile concerne tous les jeunes gens (les plus riches) qui viennent d'avoir ou vont avoir 16 ans dans l'année).  Durant les fêtes de celui qu'on appelle aussi le Père de la Liberté (Bacchus est la synthèse du Dionysos grec et du dieu italique Liber Pater auquel on l'associe) chacun peut parler librement sans courir de risque; pour l'honorer, les prêtres portent le phallus de Bacchus depuis les champs jusqu'à l'intérieur de la cité, et les jeunes gens, vêtus de leur toge virile, les suivent en entonnant des chansons paillardes. Priape est l'un des compagnons habituels de Bacchus.

                          Les excès des "mystères orgiaques" nocturnes liés aux bacchanales sont connus notamment par une décision du sénat les interdisant aux Romains (-186; cf Tite-Live, XXXIX, 13, 12).

                          [Pour les fêtes de Bacchus, cf Saylor, Rubicon, chapitres 13 et 17: compte-rendu de lecture dans les "notes de lecture" de Simorgh].

                           

                           

                           

                           

                           

                          • Apollon/ Phébus

                           

                           

                           

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                          Le Bernin, Daphné et Apollon, 1625. Rome, galerie Borghèse.

                           

                           

                             Le fils de Zeus et de Léto est aussi nommé « Phoibos », le « brillant », car il est le dieu du soleil. Comme l’astre qu’il représente, il peut être bénéfique ou destructeur. Lorsque Apollon prend sa lyre, il est alors le dieu de la musique, des arts et de la poésie ; les neuf Muses formant son cortège accompagnent les festins des dieux. Mais quand Apollon prend son arc, il est sans pitié : il peut terrasser de ses flèches un adversaire ou même envoyer la peste ! Bien qu’il soit le plus beau de tous les dieux, ses amours sont malheureuses. En souvenir de la nymphe Daphné qu’il aima, et qui se transforma en laurier pour échapper à sa poursuite, il porte souvent une couronne de laurier.



                             Pascal Quignard souligne d'ailleurs l'ambiguïté de la kithara qui désigne chez Homère, l'arc: dans l'Iliade (I,43), on entend l'aboiement terrifiant de l'arc d'argent; à la fin de l'Odyssée, retour d'Ulysse à Ithaque, les cordes de l'arc vibrent, annonciatrices de la joie des retrouvailles. [source: "Sur les épaules de Darwin", Jean-Claude Ameisen, France Inter/19/02/2011: la musique, le toucher, la douleur, la peur, l'espoir, la confiance: ressentir]

                            "La serveuse balbutie et finit par se taire complètement; dès qu'elle voit monsieur l'Apollon, elle vire à l'écarlate. J'éprouve un bref sentiment de solidarité avec elle: moi aussi, il me fait toujours cet effet-là." (Cinquante nuances de Grey, El James, 2011, 2012)



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                            4. Bibliographie:

                             

                            • Tous les chemins mènent à Rome, guide interactif de la série télévisée Rome (saison 1), préparé par le consultant historique de la série, Jonathan STAMP, 2006.
                            • Les secrets de la mythologie, : 10 parcours pour découvir la mythologie grecque au Louvre, Dominique Pierre, Le seuil, RMN, 2001.
                            • "La Religion romaine: des origines au procès des Bacchanales (-186)" et notes de Mircea Eliade (1978, Payot), texte repris à la fin de la BD Alcibiade Didascaux chez les Romains: tome 1: Légende, Royauté, République, Clanet & Clapat, Athéna Editions, 1994.
                            • Rubicon, Steven SAYLOR [pour les fêtes de Bacchus]
                            • site collaboratif Wikipédia [pour des compléments sur les douze divinités principales]