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éléments de religion romaine

Les esclaves dans la société romaine antique de la fin de la République

la mort dans la Rome antique de la fin de la République

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coin cinéma n°4

coin cinéma n°5

coin cinéma n°6

GRAMMAIRE FRANCAISE

LES NOTIONS DE BASE

LE NOM

homonymes, paronymes

LE VERBE

le verbe et ses assistants

les différentes formes du verbe

Valeurs temporelles, aspectuelles et modales des temps de l'indicatif

le subjonctif et l'impératif

PRINCIPAUX ACCORDS

accord des noms

accord des adjectifs et des déterminants numéraux

accord des participes passés.

LA PHRASE

mémento grammatical

mémoire musicale

Oscar Wilde

LES NOTIONS DE BASE

dernière modification : 27 août 2012.

 

PREMIERE PARTIE: LES NOTIONS DE BASE

 

 

 

  • Le fonctionnement de la langue (introduction)

 

 

Nous parlons avec des mots (le vocabulaire ou lexique) qu'il faut connaître et savoir agencer (la syntaxe ou ordre correct des mots). En français, il existe plus de cent mille mots (le dénombrement n'a rien d'évident), mais deux mille suffisent pour la plupart des conversations.

"C'est dans les mots que nous pensons" (Hegel, philosophe allemand): si l'on peut parler d'un langage animal, la langue est proprement humaine. Apprendre à penser, c'est essentiellement apprendre à définir et à distinguer. L'étude des synonymes (mots de sens proches) et des antonymes (mots de sens contraires) permet justement de préciser sa pensée. Par conséquent, améliorer sa maîtrise de la langue conduit aussi à améliorer son aptitude à penser.

Comment faire? Cette amélioration de la maîtrise de la langue passe par l'entraînement à la prise de parole (oral) et par l'écriture dans des situations variées (écrit). D'autre part, elle repose sur une étude du fonctionnement de la langue. C'est à second point que s'attachera ce cours de grammaire.

 

Un outil utile à connaître: l'Alphabet Phonétique International (A.P.I):

 

Il existe un API qui permet de savoir comment prononcer les mots étrangers et même les mots français à propos desquels on hésite. Comment, par exemple, prononcer l'adverbe "quasi"? (kazi) ou (kouasi)? Le dictionnaire donne la réponse en indiquant [kazi] qui correspond à notre transcription (kazi), les crochets marquant qu'il s'agit d'une transcription phonétique. S'il s'était agi de l'autre prononciation, le dictionnaire aurait indiqué [kwazi].

 

Celui qui ne connaît pas les signes adoptés internationalement peut se reporter au tableau qui figure au début de chaque dictionnaire. Pour la prononciation que nous notons (plu), le dictionnaire indique [ply] car le "u" français (absent de nombreuses langues) est noté "y" dans l'alphabet international. Pour (plusse), il faut écrire [plys]. Dans cet alphabet, la transcription [plu] équivaut à (plou).

 

 

 

 

 

 

Comment se prononcent les mots suivants et que signifient-ils? Indiquez leur prononciation telle qu'elle est donnée dans le dictionnaire puis employez-les dans une phrase qui montrera que vous en comprenez la signification.

gageure, satisfaisant, faon, sourcil, oecuménisme, oenologie, Oedipe, innombrable, solennel, oignons, moeurs, poêle, os, pusillanime, seconde, rallye, oeufs, boeufs,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • L'origine de la langue française

 

Ci-dessous, la langue française est représentée par un arbre, les racines illustrant les différentes sources qui ont servi à la constituer. Au point de départ, deux grands courants, le fond celtique (peuple colonisé) et l'apport du colonisateur romain (le latin) qui l'emporte de beaucoup. Cette civilisation dite gallo-romaine va s'enrichir de nombreux apports extérieurs.

 

La langue française est telle un arbre aux racines nombreuses et anciennes. Pour désigner l'origine des mots, on parle d'étymologie.

 

 

 

 

fond gaulois celtique      = ruche

latin, grec                      = nuit, échographie

Afrique                         = balafon (Afrique de l'Ouest; instrument cf xylophone)

Russie Europe centrale = mazout

Amérique latine

italien                           = soutane

espagnol portugais        = palabre, caravelle

arabe                           = coton

Orient Chine                = kimono (Japon), kaolin (argile réfractaire =>la porcelaine)

Proche-Orient turc       = tulipe

Pays scandinaves         = turbot

Langue anglaise Grande-Bretagne  = humour

Etats-Unis                    = film

 

 

 

Le français est une langue ancienne, qui a beaucoup évolué et continue de changer au fil du temps, des régions et des pays.

Le premiers textes en "français" datent du IXème siècle. Il s'agit alors d'un français encore mal dégagé du latin qu'un Français aujourd'hui ne comprendrait pas: on appelle cette langue le roman.

Après le roman vient l'ancien français (Moyen-Âge), le moyen français (XVIème siècle), le français classique (XVIIème siècle, début du XVIIIème siècle) et enfin le français moderne.

 

  • La formation des mots

 

De nombreux mots se construisent par l'enrichissement d'un noyau initial qui est le radical. On parle dans ce cas de mots dérivés. Des mots nouveaux peuvent être créés autrement.

 

 

Avant                     +              élément fixe               +             Après

 

PREFIXE                                RADICAL                             SUFFIXE

 

en-                                             -chant-                                     -er

 

modifie le                                  racine                                indique la classe

 sens du mot                                                                        grammaticale

 

NB: Le radical, du fait de l'évolution de la langue peut être légèrement différent selon les cas:

 

         refleurir, floraison, déflorer/ chanteuse, cantatrice

 

Préfixes:  le préfixe dé- introduit souvent une idée négative (déchanter); le préfixe re-, une idée de répétition.

 

Suffixes: Le suffixe peut être dépréciatif. C'est le cas de -âtre dans "jaunâtre", "blanchâtre", "bellâtre", "marâtre". Il en va de même avec -ard ("chauffard", "richard") ou -aille ("négraille": néologisme formé par Aimé Césaire; "ferraille; "racaille" >rasquer, racler en ancien français = terme péjoratif qui a deux sens proches. 1/ Vieilli: couche la plus basse de la société, considérée comme la plus méprisable; populace. 2/ ensemble d'individus méprisables).

Cependant, ces mêmes suffixes qui introduisent une nuance péjorative (dévalorisante) peuvent être neutres dans d'autres mots ("motard", "montagnard", "savoyard").

On trouve plus rarement des suffixes mélioratifs (valorisants). Le suffixe -issime (venu de l'italien..et du latin) peut jouer ce rôle ("richissime", "illustrissime").

 

Mots composés:   Les mots composés sont formés de mots juxtaposés, le plus souvent reliés par un trait d'union. Il en va ainsi pour des termes techniques de la musique ("plain-chant", "contre-chant"). Parfois le tiret disparaît, les mots s'agglutinent pour ne constituer qu'un seul mot. ("portefeuille").

 

Formations savantes: La science a sans cesse besoin de mots nouveaux. Elle les constitue souvent à partir de radicaux venus du grec.

tachycardie (= accélération du rythme cardiaque) vient du grec : takhus = rapide et kardia= coeur.

pachyderme (mammifère ongulé de grande taille à peau épaisse tel que l'éléphant, le rhinocéros, l'hippopotame) vient du grec : pakhus = épais et derma= peau

Le latin sert aussi à la composition de nombreux mots, savants ou non.

postopératoire >du latin post=après et operare= travailler.

 

Autres sources du vocabulaire: Le vocabulaire peut s'enrichir par d'autres moyens encore. Des mots peuvent venir de l'étranger (emprunts); de nouveaux sens peuvent aussi être ajoutés à des mots anciens (cf "mouiller" dans le vocabulaire familier du Val Fourré).Enfin la métonymie et la métaphore peuvent être à l'origine de nouveaux mots. (ainsi l'adjectif bêche employé aux Mureaux et à Mantes pour qualifier quelqu'un d'idiot, par référence au quartier de Bécheville, aux Mureaux, où se trouve un hôpital psychiatrique).

 

La métonymie: La métonymie est un procédé qui permet de désigner une réalité par un mot qui entretient avec elle un rapport autre qu'un rapport de ressemblance. On parlera d'un rapport de contiguïté, terme qui peut englober de nombreuses situations. Par exemple un "stylo à pointe de feutre" est appelé un "feutre". Le nom de l'un des matériaux entrant dans la fabrication du stylo sert à désigner le stylo lui-même. Il en va de même lorsqu'on parle d'un chapeau ("un feutre"). Les relations entre la réalité désignée et le mot choisi peuvent être de différentes sortes, excepté les relations d'analogie (ressemblance) qui appartiennent au domaine de la comparaison ou de la métaphore.

 

La synecdoque: c'est un cas particulier. Il s'agit du cas où tout sert à désigner une partie (le feutre = le stylo à pointe de feutre; le fer = l'épée dans la langue classique) ou une partie à désigner le tout (une voile peut désigner un bateau à voile).

 

La métaphore: La métaphore est un procédé par lequel le locuteur désigne une réalité en recourant à un terme qui entretient avec elle un rapport de ressemblance, d'analogie. Par exemple, l'expression "un jeune loup" pour désigner un cadre "aux dents longues" (autre métaphore). L'expression "un jeune loup" repose sur l'idée de ressemblance entre ce cadre et le loup tel qu'il est imaginé (féroce, sans pitié, etc.)

Parfois, la métaphore est "lexicalisée", c'est-à-dire qu'elle devient un mot normal (l'image de départ étant oubliée). C'est le cas, par exemple, quand on parle des "bras" ou des "pieds" d'un fauteuil. Cette lexicalisation d'une métaphore est à l'origine de nombreux mots. On parle dans ce cas d'une catachrèse. L'emploi d'une métaphore lexicalisée peut parfois provoquer des surprises. La radio, par exemple, annonce qu'un trimaran avance "à grands pas" vers la Guadeloupe. Le comique Raymond DEVOS a beaucoup joué sur cet aspect de la langue (quiproquos).

 

NB: On distingue la métaphore de la comparaison. La comparaison est toujours composée de trois éléments:

1 le comparé

2 l'outil de comparaison

3 le comparant

 

Cet homme                      ressemble à                            un loup

    1                                2                                 3

 

Les outils de comparaison sont nombreux. Le plus traditionnel est "comme", mais il en existe de nombreux autres: "ainsi (que)", "tel", "semblable", "pareil à", "ressemble à", "même que", etc.

 

La métaphore se distingue de la comparaison du fait que l'"outil de comparaison" est absent. Elle ne comprend que deux éléments et parfois un seul.

 

L'homme     est          un loup pour l'homme.

 ( Plaute, Hobbes)

 

Tu                es            mon lion superbe et généreux.

(Victor Hugo)

 

Soleil                        cou coupé.

(Apollinaire puis Aimé Césaire)

 

 

Dans chacun de ces exemples nous sommes en présence des deux élements (comparé et comparant): on parle de métaphore in praesentia.

Il arrive que le comparé soit absent parce que le contexte ou la situation permet de deviner de quoi il s'agit. On parle dans ce cas d'une métaphore in abstentia. L'amoureux qui appelle sa belle "ma biche" ne nomme pas le "comparé" puisque le contexte rend cette information redondante.

 

 

 

 

Conclusion: La langue s'enrichit notamment par "emprunt", "dérivation", "composition" et "ajout d'un sens nouveau à un mot ancien". La métonymie et la métaphore peuvent aussi être à l'origine de mots nouveaux.

 

 

 

 

 

  • Famille de mots et champ lexical

 

 

L'expression famille de mots désigne un groupe de mots qui dérivent d'un même radical. Un champ lexical est un ensemble de mots se rapportant à une même notion, se rattachant à un même thème. Un champ sémantique est un ensemble de sens se rapportant à un mot.

 

coeur, écoeurant, cardiologue, cardiaque, cordial, concorde, courage = famille de mots dont le radical est toujours le même mais sous des formes différentes.

 

lumière, lumineux, éclairer, illuminer, allumer, étinceler, briller, étincelle, flamme, phosphène, photosynthèse = champ lexical de la lumière.

 

principe, spirituel, opposé au corps, être vivant, ce qui caractérise intérieurement un individu, personne qui anime un mouvement, pièce d'un violon, partie creuse d'un canon = champ sémantique du mot "âme".

 

 

  • Les niveaux de langue

 

Il n'y a pas un français mais des français selon les circonstances et les milieux. (cf Josyane Balasko dans Saint-Jacques La Mecque)

 

 

Exemples:

 

Rien qu'à l'entendre jacter, on sent bien qu'y sort pas d'une grande école.   = familier

Je me suis fait super chier. =vulgaire

Le mec, il avait un d'ces falzards. =argot traditionnel

On a fait une méga-teuf avec des super-meufs. =argot des banlieues et des jeunes gens (nouvel argot)

Encore eût-il fallu que vous le sussiez. = recherché  (NB: sussiez : verbe savoir à l'imparfait du subjonctif)

Il a provoqué mon ire. = vieilli ( ire : la colère, du latin ira, ae cf le Dies irae, notamment celui du Requiem de Mozart)  [ en latin, requies signifie le repos, racine que l'on retrouve dans in-quiétude, in-quiéter, quiétude, quiet, ...Dans la liturgie catholique, une messe de requiem est une prière pour les âmes des défunts qui a lieu juste avant l'enterrement ou lors d'une cérémonie du souvenir. Le requiem est aussi une composition musicale jouée à cette occasion.]

 

 

On vous a appris jusqu'à présent qu'il existait trois niveaux de langue (soutenu, courant, familier). Vous pourrez vous en contenter en sachant toutefois qu'il existe des variations au sein de ces catégories. Le niveau familier ainsi comprend les langues populaire, vulgaire, argotique...Vous apprendrez progressivement à avoir un style qui vous sera propre. L'important est de savoir que ces niveaux de langue existent et qu'ils correspondent à des codes qu'il faut savoir utiliser selon les lieux et les circonstances. L'école vous apprend le niveau de langue courant (et parfois soutenu), la cour de récréation le niveau familier. Chacun a sa vitalité, sa beauté, sa créativité, et son lieu. A vous de procéder avec discernement...!

 

procédé humoristique: Selon les milieux et les situations, il existe des façons de s'exprimer qui conviennent. Celui qui se trompe de niveau fait rire. Les humoristes le savent bien qui déclenchent souvent le rire en introduisant des passages de niveau soutenu dans un propos de niveau familier. Le comique peut être obtenu par un procédé inverse, en introduisant, par exemple, des mots d'argot dans un discours de type soutenu (cf Jamel Debbouze, Raymond Devos et bien d'autres!).

 

Note sur l'argot: l'argot, à l'origine, était une langue secrète connue des seuls malfaiteurs (cf le personnage de Carlos Herrera ou Trompe-la -Mort dans Splendeurs et misères des courtisanes de Balzac).

 

A quoi servent les dictionnaires? Vous trouverez dans les dictionnaires des indications précieuses pour les mots qui n'appartiennent pas à la langue courante. Voici des abréviations que vous trouverez dedans et leur signification.

 

admin. = administratif, seulement dans la langue de l'administration.

arg.= argotique

cour.= courant, pour signifier que le sens est le plus courant des sens évoqués.

didact.= didactique, seulement dans la langue des ouvrages scolaires et universitaires.

fam.= familier

inus.= inusité, emploi rare, donc ne trouvant sa place que dans le niveau recherché ou littéraire.

pop.= populaire, donc familier correspondant à la façon de parler des gens du peuple. Selon les cas, langue courante, mais non soutenue.

Vieillli = vieilli, mot connu des personnes cultivées, mais qui ne s'emploie que dans le niveau soutenu.

vulg.= vulgaire, grossier, choquant, et qui ne s'emploie pas par les "gens bien" dans quelque milieu que ce soit.

vx= vieux, mot ancien connu des seuls érudits et qui n'est plus compris.

 

Eloge de la diversité: l'institution scolaire a une fâcheuse tendance à faire la guerre à la langue familière. Moi-même, je vous corrige à l'oral et vous demande régulièrement de reformuler vos propos quand ils sont décalés car l'école est avant tout le lieu d'apprentissage de la langue commune qu'est la langue courante. "Tu confonds la cour et le cours", n'ai-je de cesse de répéter. Au-delà de ce rôle essentiel, l'école ne doit-elle pas néanmoins vous apprendre à "naviguer" à bon escient (=avec discernement) sur les eaux d'une langue semblable à un océan plutôt qu'à une mare?

Le français, quand il est parlé (oral), est en général plus familier que le français écrit sauf lorsque ce dernier imite le français oral. Cependant, les écrivains ont souvent recours au français parlé. Ils peuvent le faire pour que les dialogues ne soient pas décalés par rapport au milieu ou à la situation. Mais le style parlé peut correspondre aussi au monologue intérieur (ce qui se passe dans la tête du personnage) et même à l'ensemble du livre. Parmi les auteurs réputés pour leur emploi de la langue argotique, vous trouverez Céline, Balzac (dans certains passages!), et nombre d'auteurs de romans policiers.

 

  • Eléments utiles pour la suite.

 

 

 

la langue et le discours:

On distingue la langue (sorte de réservoir, ensemble des mots et des règles) et le discours (ou parole, c'est-à-dire la langue qui se réalise, s'actualise: on parle d'acte de parole.) Pour étudier le discours, il faut tenir compte de ce qui entoure le mot, la phrase ou l'ensemble de phrases (situation, contexte).

 

Nature et fonction:

Jean-Baptiste M…. a une identité, celle qui correspond à ma carte d'identité. Sauf à faire de faux papiers, je n'ai qu'une identité.[1]

L'identité du mot s'appelle la nature du mot. Par exemple, la nature grammaticale du mot "Sandra" est d'être un nom propre. Le mot "fermement" est un adverbe. Le mot "sale" est un adjectif. Sur la carte d'identité de ces mots est écrit respectivement, nom propre, adverbe, adjectif.

Jean-Baptiste M….. est professeur de Lettres classiques. Il s'agit cette fois de ma fonction (sociale). Je peux avoir d'autres fonctions dans d'autres situations. Je peux être secouriste bénévole en fin de semaine, trésorier d'un parti politique toute l'année. Mais je n'exerce pas ces fonctions en même temps.

 A telle ou telle de mes fonctions correspond le rôle du mot dans la phrase que l'on appelle la fonction. Le nom propre "Sandra", par exemple, peut être sujet ou complément d'un verbe. Un même mot peut, dans des phrases diffrentes, avoir des fonctions différentes (par exemple sujet, complément, attribut). Mais comme moi, il n'exerce qu'une fonction à la fois.

 Ces catégories grammaticales (nom, adjectif, adverbe, verbe, préposition, etc.) constituent ce que l'on appelle les classes grammaticales.

 

Changement de nature:

La question peut toutefois se compliquer parfois car il existe de nombreux mots qui, eux, peuvent changer de nature, de carte d'identité. Le mot "rouge" peut être adjectif  (une fleur rouge) ou un nom ("un rouge" pour "un révolutionnaire" ou un "verre de vin"). Une forme impersonnelle du verbe peut devenir un nom (l'infinitif "manger" devient un nom dans l'expression "On peut apporter son manger"). Nous reviendrons sur ces changements de classe grammaticale qui sont appelés des dérivations impropres.

 

Classes grammaticales:

Catégories dans lesquelles on range les mots en fonction de leur nature.

Dans la classe des mots variables sont rangés le nom, l'adjectif, les déterminants, les pronoms, le verbe.

Dans la classe des mots invariables figurent les adverbes et locutions adverbiales, les conjonctions et locutions conjonctives, les prépositions et locutions prépositives, les interjections.

[Rappel: pour retenir un bon nombre de prépositions, retenez la phrase: "Adam part pour Anvers avec deux cents sous sur (lui)" (à, dans, par, pour, en, vers, avec, de, sans, sous, sur, ...)]



[1] Pour une approche subtile et fort instructive de la notion d’identité, lire Les Identités meurtrières d’Amin Maalouf.