Accueil

CITATIONS (2017-...)

Citations (archives 2012-2016)

Citations (archives 2008-2012)

LES TEXTES DU MOIS (2017-...)

Textes du mois (archives 2012-2016)

Textes du mois (archives 2008-2012)

HISTOIRES DRÔLES ET ABSURDES

Histoires drôles et absurdes (archives 2011-2012)

NOTES DE LECTURE

Notes de lecture (2012-2016)

notes de lectures (archives 2008-2012)

MA BIBLIOTHEQUE IDEALE

Ma bibliothèque idéale (archives 2012-2016)

ma bibliothèque idéale (archives 2008-2012)

carnet d'écriture n°1 (2009-2011)

carnet d'écriture n°2 (2012)

Carnet d'écriture n°3 (2012-2013)

carnet d'écriture n°4 (2014-2016)

DICTIONNAIRE DES MOTS ADOPTES

ELOGE DE LA FRANCOPHONIE

coin Caratini I César

COIN CARATINI II Auguste

COIN PROUST

COIN TOURNIER

COIN DES PETITS BATEAUX

RECENSEMENT DES TEXTES

RECENSEMENT DES OEUVRES.

RECENSEMENT DES TEXTES AUTOGRAPHES.

RECENSEMENT DES FILMS

ABECEDAIRE ANTIQUE.

Cicéron

ABECEDAIRE MYTHOLOGIQUE.

éléments de religion romaine

Les esclaves dans la société romaine antique de la fin de la République

la mort dans la Rome antique de la fin de la République

Coin cinéma n°1

coin cinéma n°2

coin cinéma n°3

coin cinéma n°4

coin cinéma n°5

coin cinéma n°6

GRAMMAIRE FRANCAISE

LES NOTIONS DE BASE

LE NOM

homonymes, paronymes

LE VERBE

le verbe et ses assistants

les différentes formes du verbe

Valeurs temporelles, aspectuelles et modales des temps de l'indicatif

le subjonctif et l'impératif

PRINCIPAUX ACCORDS

accord des noms

accord des adjectifs et des déterminants numéraux

accord des participes passés.

LA PHRASE

mémento grammatical

mémoire musicale

Oscar Wilde

Citations (archives 2008-2012)

dernière modification 15 août 2012

 juillet 2012

 

 

  • "L'hostie est une pilule pour la foi." (Léo Campion, Lexique encyclopédique)
  • Le sort de l'humanité sera celui qu'elle mérite" (Comme je vois le monde, Albert Einstein)
  • L'humilité est l'antichambre de toutes les perfections. (Marcel Aymé, Clérambard)
  • "L'idéalisme est la noble toge dans laquelle les politiciens se drapent pour masquer leur volonté de pouvoir." (Aldous Huxley, L'Eminence grise)

 

 juin 2012

 

  • « Funes se souvenait non seulement de chaque feuille de chaque arbre dans chaque parcelle de forêt, mais aussi de chacune des fois où il avait perçu ou imaginé cette feuille. […] 

Deux ou trois fois, il avait reconstitué un jour entier ; il ne s’était pas trompé une seule fois, mais chaque reconstitution avait elle-même pris un jour entier. […] 

Non seulement il lui était difficile de considérer que le symbole générique « chien » inclut tous les individus si dissemblables de toutes formes et de toutes tailles, mais cela l’irritait aussi que le « chien » vu de profil à quinze heures quatorze doive être désigné du même nom que le même chien vu de face à quinze heures quinze. »  

Jorge Luis Borges. Funes ou la mémoire. 

 

 

  • « La nuit nous dicte sa tâche magique. 

    Détisser les mailles de l’univers,  

    les ramifications inépuisables  

    des effets et des causes, qui se perdent  

    dans ce vertige insondable, le temps. 

    La nuit exige que cette nuit même 

    tu oublies ton nom, ton sang, tes ancêtres, 

    chaque parole humaine et chaque larme, 

    ce que la veille a pu te révéler, 

    le point illusoire des géomètres, 

    la ligne, le cube, la pyramide, 

    et plan, sphère, cylindre, mer et vagues, 

    ta joue sur l’oreiller et la fraicheur  

    du drap neuf…  

    Les empires, les Césars et Shakespeare 

    Et, plus difficile, ce que tu aimes. » 

    Jorge Luis Borges. Le sommeil.

 

  • "Les traces, par définition, ne sont donc jamais visibles en tant que traces. 

    Elles ne sont visibles que si elles sont cherchées comme des marques de ce qui n’est plus là. 

    […] Seule leur attente les découvre. 

    […] Le visible ne suffit pas pour comprendre ce qui est vu. 

    Le visible ne s’interprète qu’en référence à l’invisible. "

    Pascal Quignard. Sur le Jadis.

 

 

  • "Il n'y avait pas d'anormaux quand l'homosexualité était la norme. (Proust, A la recherche du temps perdu)

 

 mai 2012

  •  "Et c'est en somme une façon comme une autre de résoudre le problème de l'existence, qu'approcher suffisamment les choses et les personnes qui nous ont paru de loin belles et mystérieuses, pour nous rendre compte qu'elles sont sans mystère et sans beauté; c'est une des hygiènes entre lesquelles on peut opter, une hygiène qui n'est peut-être pas très recommandable, mais elle nous donne un certain calme pour passer la vie, et aussi -comme elle permet de ne rien regretter, en nous persuadant que nous avons atteint le meilleur, et que le meilleur n'était pas grand chose- pour nous résigner à la mort." (Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleur)

 

  • "Quand on aime, l'amour est trop grand pour pouvoir être contenu tout entier en nous; il irradie vers la personne aimée, rencontre en elle une surface qui l'arrête, le force à revenir vers son point de départ et c'est ce choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l'autre et qui nous charme plus qu'à l'aller, parce que nous ne reconnaissons pas qu'elle vient de nous." (Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleur)

 

  • "Les différentes périodes de notre vie se chevauchent ainsi l'une l'autre. On refuse dédaigneusement, à cause de ce qu'on aime et qui vous sera un jour si égal, de voir ce qui vous est égal aujourd'hui, qu'on aimera demain, qu'on aurait peut-être pu, si on avait consenti à le voir, aimer plus tôt, et qui eût ainsi abrégé vos souffrances actuelles, pour les remplacer il est vrai par d'autres." (Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleur)

 

  • "Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire." (Proust, Le côté de Guermantes)

 

 avril 2012

  •  

    « Et quand tu n’es pas là 

    Je rêve que je dors je rêve que je rêve […] 

    Je te cherche par-delà l’attente 

    Par-delà moi-même 

    Et je ne sais plus tant je t’aime 

    Lequel de nous deux est absent. » 

          Paul Eluard, Premièrement.

 

  • « Gandhi disait "le plus grand don, pour un individu ou une nation, est Abayal’absence de peur. Pas seulement le courage physique, mais l’absence de peur dans l’esprit".  

    Il se peut que l’absence de peur soit un don, mais peut-être que ce qui est plus précieux est le courage acquis par l’effort, un courage qui vient lorsqu’on cultive l’habitude de refuser que la peur dicte nos actes, un courage qui pourrait être décrit comme une grâce sous la pression – une grâce toujours renouvelée, face à une pression dure, incessante. »  

    Aung San Suu Kyi. Une révolution des consciences.

 

  • « Les traces, par définition, ne sont donc jamais visibles en tant que traces. 

    Elles ne sont visibles que si elles sont cherchées comme des marques de ce qui n’est plus là. 

    […] Seule leur attente les découvre. 

    […] Le visible ne suffit pas pour comprendre ce qui est vu. 

    Le visible ne s’interprète qu’en référence à l’invisible. » 

    Pascal Quignard. Sur le Jadis.

 

  • « La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple. » 

    David Hume. Essais et traités sur plusieurs sujets. Essais moraux, politiques et littéraires.

 

 

 

mars 2012

 

 

  • "Ainsi ce fut elle qui la première me donna l'idée qu'une personne n'est pas, comme j'avais cru,  claire et immobile devant nous avec ses qualités, ses défauts, ses projets, ses intentions à notre égard (comme un jardin qu'on regarde, avec toutes ses plates-bandes, à travers une grille), mais est une ombre où nous ne pouvons jamais pénéter, pour laquelle il n'existe pas de connaissance directe, au sujet de quoi nous nous faisons toujours des croyances nombreuses à l'aide de paroles et même d'actions, lesquelles les unes et les autres ne nous donnent que des renseignements insuffisants et d'ailleurs contradictoires, une ombre où nous pouvons tour à tour imaginer avec autant de vraisemblance que brillent la haine et l'amour." (Proust, Le côté de Guermantes, à propos de Françoise, dont l'hypocrite gentille est dévoilée au narrateur par les maladroites indiscrétions de Jupien.)

 

  • "La lettre! La lettre!" Après avoir entrevu ainsi une oasis imaginaire de tendresse, il se retrouvait piétinant dans le désert du silence sans fin." (Proust, Le côté de Guermantes, à propos de Robert de Saint-Loup qui attend à Doncières des nouvelles de sa maîtresse dont il est tant épris)

 

  • "Je me rendais compte de tout ce qu'une imagination humaine peut mettre derrière un petit morceau  de visage comme était celui de cette femme, si c'est l'imagination qui l'a connue d'abord; et inversement en quels misérables éléments matériels et dénués de toute valeur pouvait se décomposer ce qui était le but de tant de rêveries, si, au contraire, cela avait été perçu d'une manière opposée, par la connaissance la plus triviale." (Proust, Le côté de Guermantes, à propos de Robert de Saint-Loup qui fantasme sur une ancienne prostituée, ce que le narrateur sait, contrairement à son ami).
  • « La beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes, elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple. » 

    David Hume. Essais et traités sur plusieurs sujets. Essais moraux, politiques et littéraires.

 

février 2012

 

 

  • Dans un article intitulé "Deuil et Mélancolie", publié en 1915, Freud écrit: "Ce qui manque alors, ce n'est pas seulement la présence vivante de l'autre, c'est de ne plus être soi-même vivant dans l'autre. (...) Dans le deuil, le monde est devenu pauvre et vide. (...) Le deuil finit par transformer l'absence en mémoire, la souffrance en apaisement, la séparation en retour."

 

  • Au moment de la mort de sa fille Sophie, Freud écrit à un ami: "on sait que le deuil trouvera une fin, mais qu'on restera inconsolable."

 

  • On ne lit jamais un livre. On se lit à travers les livres pour se découvrir […] Le plus grand livre n’est pas celui dont le communiqué s’imprimerait au cerveau, ainsi que sur le rouleau de papier un message télégraphique, mais celui dont le choc vital éveille d’autres vies, et de l’une à l’autre, propage son feu qui s’alimente des essences diverses, et devenu incendie, de forêt en forêt bondit. […] Je déchiffrais non ce qu’il avait dit, mais ce que je voulais dire, les mots que ma propre pensée d’enfant, de sa langue inarticulée, s’évertuait à épeler. […] Vertige ! … Ma prison s’ouvre. […] L’ivresse de la certitude que [ces Nouveaux Mondes] existent, qu’ils sont là, près de nous : ce n’est pas seulement un fait de connaissance, mais le battement de cœur d’une coexistence. Enrichissement prodigieux de mon univers...

    Romain Rolland. L’éclair de Spinoza.

 

  • "Cependant, la fée dépérit si nous nous approchons de la personne réelle à laquelle correspond son nom, car, cette personne, le nom alors commence à la refléter et elle ne contient rien de la fée; la fée peut renaître si nous nous éloignons de la personne; mais si nous restons auprès d'elle, la fée meurt définitivement et avec elle le nom" (à propos du nom de Mme de Guermantes, Proust, Le côté de Guermantes)

 

 janvier 2012

 

  • "Il n'y a pas de mémoire sans oubli et quand ressurgit ce qui a été oublié c'est comme si surgissait pour la première fois la plus radicale nouveauté." (Jean-Claude Ameisen, "Sur les épaules de Darwin", émission du 19 mars 2011).

 

 

  • Les métaphores qui, dans de nombreuses langues, expriment la souffrance, l’abandon et le deuil avec les mots de la douleur corporelle ne relèvent pas de la seule licence poétique. Avoir le cœur brisé par une séparation, évoquer la plaie ouverte causée par la disparition d’un proche, c’est ressentir ce lien intime, tissé depuis si longtemps par l’évolution, entre la blessure du corps et la perte de l’objet aimé : c’est reparcourir ce chemin ancien qui s’origine dans l’absolue dépendance des tout débuts et qui, parfois, nous conduit à reconnaître, au plus profond de nous, dans la douleur, l’empreinte du regard, de la voix, des gestes de cet autre auquel notre survie physique et psychique s’est trouvée pour un temps suspendue… Nicolas Danziger. Vivre sans la douleur ?

 

  • "Ce qu'il y a de plus scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue." (Simone de Beauvoir).

 

  • "Créer, c'est vivre deux fois" Camus, Le mythe de Sisyphe.

 -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 décembre 2011

 

  •  "Tout ce qui est excessif est dérisoire. " (Talleyrand)

 

  •  "Une ou deux personnes [atteintes de maladie d’Alzheimer] commencent alors à chanter [avec la musique], d’autres se joignent à elles, et bientôt le groupe entier de personnes – dont la plupart étaient virtuellement muettes auparavant – chante ensemble. Ensemble est un terme essentiel, car une sensation de communauté apparaît, et ces patients, qui semblaient irréductiblement isolés par leur maladie sont capables, au moins pour un temps, de reconnaître les autres et de nouer des liens avec eux. […] Une fois qu’on a vu de telles réponses, on sait qu’il y a toujours [chez ces personnes] un moi qui peut être convoqué, même si la musique, et seule la musique, peut le convoquer. […]La musique n’est pas un luxe pour ces personnes, mais une nécessité, et peut exercer le pouvoir extraordinaire de les faire réapparaître, à leurs yeux, et aux yeux des autres."(Oliver Sacks. Musicophilia)

 

  •  « Soyez vous-même le changement que vous voulez voir dans le monde. » (Mahatma Gandhi)

 

  •  "Tous ceux qui survenaient et n’étaient pas moi-même                               Amenaient un à un les morceaux de moi-même." (Guillaume Apollinaire. Alcools)

 

novembre 2011

 

  • "Rien ne devient jamais réel tant qu’on ne l’a pas ressenti." John Keats. (Cité par Jean-Claude Ameisen dans l'émission "Sur les épaules de Darwin")
  • "Le monde subjectif est aussi un monde intersubjectif, le monde du « Moi » et du « Toi », et tracer une frontière entre les deux n’est pas facile parce que les autres font partie de nous." Siri Hustvedt. La femme qui tremble. (Cité par Jean-Claude Ameisen dans son émission"Sur les épaules de Darwin")

 

  • "Ressentir, c'est faire entrer la vie intérieure de l'autre dans la réalité, dans notre réalité, c'est reconnaître l'autre comme sujet."(Jean-Claude Ameisen, "Sur les épaules de Darwin", émission du 19 février 2011: "la musique, le toucher, la douleur, la peur, l'espoir, la confiance: ressentir.")

 

  • "Et quand tu n’es pas là 

Je rêve que je dors je rêve que je rêve […] 

Je te cherche par-delà l’attente 

Par-delà moi-même 

Et je ne sais plus tant je t’aime 

Lequel de nous deux est absent."

        Paul  Éluard. Premièrement.

 

 

 

 

 

 

octobre 2011

 

  • "Ressentir, c'est faire entrer la vie intérieure de l'autre dans la réalité, dans notre réalité, c'est reconnaître l'autre comme sujet."(Jean-Claude Ameisen, "Sur les épaules de Darwin", émission du 19 février 2011: "la musique, le toucher, la douleur, la peur, l'espoir, la confiance: ressentir.")

 

 

  • [La Reine Rouge entraîna Alice dans une course de plus en plus rapide]. "Ce qu’il y avait de plus curieux dans l’aventure, dit Alice, c’est que les arbres et les autres objets qui nous entouraient ne changeaient pas du tout de place". [Quand enfin elles interrompent leur course, Alice remarque que] « tout est demeuré exactement comme auparavant". "Dans notre pays, dit Alice, si l’on courait très vite pendant longtemps, on arriverait généralement quelque part, ailleurs". "Un pays bien lent ! dit la Reine. Ici, il faut courir de toute la vitesse de ses jambes pour simplement demeurer là où l’on est". Lewis Carroll. De l’autre côté du miroir.

 

 

 

 

  • "Une ou deux personnes [atteintes de maladie d’Alzheimer] commencent alors à chanter [avec la musique], d’autres se joignent à elles, et bientôt le groupe entier de personnes – dont la plupart étaient virtuellement muettes auparavant – chante ensemble. Ensemble est un terme essentiel, car une sensation de communauté apparaît, et ces patients, qui semblaient irréductiblement isolés par leur maladie sont capables, au moins pour un temps, de reconnaître les autres et de nouer des liens avec eux. […] Une fois qu’on a vu de telles réponses, on sait qu’il y a toujours [chez ces personnes] un moi qui peut être convoqué, même si la musique, et seule la musique, peut le convoquer. […]La musique n’est pas un luxe pour ces personnes, mais une nécessité, et peut exercer le pouvoir extraordinaire de les faire réapparaître, à leurs yeux, et aux yeux des autres."(Oliver Sacks. Musicophilia.)

 

  •  « Soyez vous-même le changement que vous voulez voir dans le monde. » (Mahatma Gandhi)

 

 

 

 

 

 septembre 2011

 

  •  "La grandeur de l'être humain, est toujours de recréer sa vie, créer ce qui lui a été donné, forger cela même qu'il subit, nous réinventer."(La pesanteur et la grâce, Simone Weil)

 

  • "Le rêve est une seconde vie." (Aurélia, Nerval)

 

  •  "Seul l’art a le pouvoir de tirer la souffrance de l'abîme."(Aharon Appelfeld, L’héritage nu)

 

  •  "Tous ceux qui survenaient et n’étaient pas moi-même  
    Amenaient un à un les morceaux de moi-même.
    (Guillaume Apollinaire. Alcools). 

 

 _________________________________________________________________________________________________________________________

août 2011

 

  •  "Michel-Ange sait que c'est en dessinant que les idées viennent; il trace inlassablement des formes, des arcs, des piles."   (Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias ENARD)

Avant d'écrire moi même j'aurais juré le contraire. Depuis que j'écris, j'ai pris conscience d'un va-et-vient entre idées et écriture, écritures et idées. Ce que suggère également ici le narrateur à propos de Michel-Ange et du dessin.

 

  • "La nuit ne communique pas avec le jour." (Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias ENARD)

Dans le compte rendu que je fais de ce livre  dans "ma bibliothèque idéale", je donne raison à cette phrase, expliquant que c'est là le drame humain et ce qui permet à l'artiste de donner accès au beau. Le monde des rêves, l'activité cérébrale, sont pourtant la preuve du contraire. Mes "Oies du Capitole" abordent déjà un peu cette idée que j'aurai l'occasion de développer dans d'autres écrits à venir. Un défi pourrait consister à écrire un texte (un roman?) qui commencerait précisément par la phrase: "La nuit communique avec le jour."

  •  "Je sais que les hommes sont des enfants qui chassent leur désespoir par la colère, leur peur dans l'amour; au vide, ils répondent en construisant des châteaux et des temples. Ils s'accrochent à des récits, ils les poussent devant eux comme des étendards; chacun fait sienne une histoire pour se rattacher à la foule qui la partage. On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d'éléphants et d'êtres merveilleux; en leur racontant le bonheur qu'il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l'amour, l'amour, cette promesse d'oubli et de satiété. Parle-leur de tout cela et ils t'aimeront; ils feront de toi l'égal d'un dieu. Mais toi tu sauras, puisque tu es ici tout contre moi, toi le Franc malodorant que le hasard a mené sous mes mains, tu sauras que tout cela n'est qu'un voile parfumé cachant l'éternelle douleur de la nuit."(Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias ENARD)

 

  • "Le mépris c'est aussi de croire connaître ce que les autres ont d'inconnaissable." (Amélie Nothomb, Acide Sulfurique).

     

 

juillet 2011

 

  • Qui est le rêveur dans le rêve ? Est-ce le « je » qui marche et parle et court dans la nuit ? Est-ce le même « je » que celui de la lumière du jour ? Est-ce un autre « je » ? Est-ce que cet être nocturne en proie à des hallucinations a quoi que ce soit à me dire ? […]

    Le « moi » est plus vaste que le narrateur qui dit « je ». Autour et en dessous de l’île de ce narrateur conscient de lui-même s’étend un vaste océan d’inconscient, fait de ce que nous ne savons pas, ou avons oublié […]. Une vérité étonnante faite de brumes et de brouillard, et du fantôme non reconnaissable de la mémoire et du rêve, qui ne peut être retenue dans mes mains, parce qu’elle est toujours en train de s’envoler, de s’échapper, et je ne peux dire si c’est quelque chose ou rien. Je la poursuis avec des mots, même si elle ne peut être capturée, et parfois, de temps en temps, j’imagine que je m’en suis approchée. (Siri Hustvedt, La femme qui tremble.) [citation lue en écoutant une rediffusion de l'excellente émission de Jean-Claude Ameisen "Sur les épaules de Darwin" sur le site de France Inter.]

 

 

  • "Le pays d'accueil n'est ni une page blanche, ni une page achevée, c'est une page en train de s'écrire."(Amin Maalouf, Les identités meutrières)

 

  • "Que ceux qui détiennent la vérité la relâchent!" (Amin Maalouf, Léon l'Africain).

 

  • "Pour aller résolument vers l'autre, il faut avoir les bras ouverts et la tête haute, et l'on ne peut avoir les bras ouverts que si l'on a la tête haute. Si, à chaque pas que l'on fait, on a le sentiment de trahir les siens, et de se renier, la démarche en direction de l'autre est viciée; si celui dont j'étudie la langue ne respecte pas la mienne, parler sa langue cesse d'être un geste d'ouverture, il devient un acte d'allégeance et de soumission." (Amin Maalouf, Les Identités meurtrières)

 

 

juin 2011

 

  • "La vie, c'est surtout des moments brouillons, des ratures, des blancs." (La Délicatesse, David Foenkinos)
  • "L'amour consiste à sentir que l'on a cédé à l'autre malgré soi ce qui n'était que pour soi" (Paul Valéry)
  • "Il n'y a point de déguisement qui puisse longtemps cacher l'amour où il est, ni le feindre où il n'est pas" (La Rochefoucauld)
  • "Nous sommes si accoutumés à nous déguiser aux autres que nous nous déguisons à nous-mêmes" (La Rochefoucauld)

 

mai 2011

  • "Sois heureux un instant. Cet instant c'est ta vie." (Omar Khayyam, poète persan du 12ème siècle.)
  • "L'amour le plus exclusif pour une personne est toujours l'amour d'autre chose." (Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs)
  • "On peut avoir du goût pour une personne. Mais pour déchaîner cette tristesse, ce sentiment de l'irréparable, ces angoisses qui préparent l'amour, il faut-et il est peut-être ainsi, plutôt que ne l'est une personne, l'objet même que cherche anxieusement à étreindre la passion-le risque d'une impossibilité." (Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs).
  • "Rien ne se termine par la mort, car tout s'inscrit pour toujours, tout s'évalue ailleurs, quelque part au-dessus de nous..." (Vaclav Havel)

 

avril 2011

 

  • "Mon génie? Oui, peut-être, avec son cheval ailé qui galope dans un ciel infini." (Pygmalion à Galathée. Puissance du génie et de l'imagination, Toufik el Hakim, Pygmalion).
  • "Réduire le ciel à un plafond; du cheval ailé faire un pauvre oiseau battant des ailes à l'intérieur d'une chambre conjugale. Là est leur victoire!" (Pygmalion dénonce ce qu'ont fait les dieux en exauçant sa prière, en métamorphosant sa statue parfaite en une femme réelle, Toufik el Hakim, Pygmalion).
  • Importance des yeux dans la naissance du sentiment amoureux.(page 341, Proust, A l'Ombre des jeunes filles en fleurs):

"Si nous pensions que les yeux d'une telle fille ne sont qu'une brillante rondelle de mica, nous ne serions pas avides de connaître et d'unir à nous sa vie. Mais nous sentons que ce qui luit dans ce disque réfléchissant n'est pas dû uniquement à sa composition matérielle; que ce sont, inconnues de nous, les noires ombres des idées que cet être se fait, relativement aux gens et aux lieux qu'il connaît -pelouses des hippodromes, sable des chemins où, pédalant à travers champs et bois, m'eût entraîné cette petite péri, plus séduisante pour moi que celle du paradis persan-, les ombres aussi de la maison où elle va rentrer, des projets qu'elle forme ou qu'on a formés pour elle; et surtout, que c'est elle, avec ses désirs, ses sympathies, ses répulsions, son obscure et incessante volonté Je savais que je ne posséderais pas cette jeune cycliste si je ne possédais pas ce qu'il y avait dans ses yeux. Et c'était par conséquent toute sa vie qui m'inspirait du désir; désir douloureux, parce que je le sentais irréalisable, mais enivrant, parce que ce qui avait été jusque-là ma vie ayant cessé d'être ma vie totale, n'étant plus qu'une petite partie de l'espace étendu devant moi que je brûlais de couvrir, et qui était fait de la vie de ces jeunes filles, m'offrait ce prolongement, cette multiplication possible de soi-même, qui est le bonheur. Et, sans doute, qu'il n'y eût entre nous aucune habitude -comme aucune idée-communes, devait me rendre plus difficile de me lier avec elle et de leur plaire. Mais peut-être aussi c'était grâce à ces différences, à la conscience qu'il n'entrait pas dans la composition de la nature et des actions de ces filles, un seul élément que je connusse ou possédasse, que venait en moi de succéder à la satiété la soif -pareille à celle dont brûle une terre altérée-d'une vie que mon âme, parce qu'elle n'en avait jamais reçu jusqu'ici une seule goutte, absorberait d'autant plus avidement, à longs traits, dans une plus parfaite imbibition."

  • "Du bordel ambiant jaillira l'étincelle." (Zen Zila)

 

mars 2011

 

  •  "En amour il faut savoir se taire quand on veut réussir." (le roi dans Le roi s'amuse, Hugo, I, 1)
  • "On peut tout te prendre; tes biens, tes plus belles années, l'ensemble de tes joies, et l'ensemble de tes mérites, jusqu'à ta dernière chemise -il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde qu'on t'a confisqué." (L'Attentat, Yasmina Khadra)
  • "Le comédien joue une notre personne" (lapsus lu dans une copie d'élève)

 

  • "L'homme est de glace aux vérités; il est de feu pour les mensonges." (La Fontaine, Fables, IX, 6,"Le statuaire et la statue de Jupiter").

 

février 2011

 

  • "L'argent n'a pas d'odeur; mais ça se sent quand il n'y en a pas.." (Inscription murale lue à Mantes-la-Ville)

 

  • "L'asservissement de l'élite à la vulgarité est de règle dans bien des ménages." (Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs)

 

  • "Les dividendes ça se divise, les réclusions ça s'additionne"

           (Le dabe, alias Gabin, dans Le cave se rebiffe)

 

  • "Nous n'apprenons rien en lisant, nous devenons quelque chose."

       (Goethe)

 

janvier 2011

 

  • "L'esprit cherche et c'est le coeur qui trouve." (George Sand)

 

  • "Dès que j'ai reçu une lettre, j'en voudrais tout à l'heure une autre, je ne respire que d'en recevoir. Peu de gens sont dignes de comprendre ce que je sens."(Mme de Sévigné citée par la grand-mère du narrateur dans A l'Ombre des jeunes filles en fleurs, Proust).

 

  • "Combien d'observations patientes, mais non point sereines, il faut recueillir sur les mouvements en apparence irréguliers de ces mondes inconnus avant de pouvoir être sûr qu'on ne s'est pas laissé abuser par des coïncidences, que nos prévisions ne seront pas trompées, avant de dégager les lois certaines, acquises au prix d'expériences cruelles, de cette astronomie passionnée!" (Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs).

 

  • "Malheureusement l'amour tendant à l'assimilation complète d'un être, comme aucun n'est comestible par la seule conversation, Albertine eut beau être aussi gentille que possible pendant ce retour, quand je l'eus déposée chez elle, elle me laissa heureux, mais plus affamé d'elle encore que je n'étais au départ et ne comptant les moments que nous venions de passer ensemble que comme un prélude, sans grande importance par lui-même, à ceux qui suivraient." (Proust, A l'Ombre des jeunes filles en fleurs, page 459)

_________________

décembre 2010

 

  • "Le mektoub amoureux, c'est mieux à deux!" (Simorgh)

 

  • "Tenter la joie, même au coeur de la tristesse." (Le Jour du Roi, Abdellah Taïa).

 

  • "Le Gers: sa tête est Auch, son lit la Baïse, voyez  Lombez sans oublier Condom. Vous reviendrez à Montréal ou irez voir Belbèze, sur la route de Montauban." (Simorgh).

 

  • "Quand on aime, l'amour est trop grand pour pouvoir être contenu tout entier en nous; il irradie vers la personne aimée, rencontre en elle une surface qui l'arrête, le force à revenir vers son point de départ et c'est ce choc en retour de notre propre tendresse que nous appelons les sentiments de l'autre et qui nous charme plus qu'à l'aller, parce que nous ne reconnaissons pas qu'elle vient de nous." (Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs, pages 171-172).

 

novembre 2010

  • "avoir la chose la plus importante au monde, sans la posséder" (C'est ainsi que Maria définit dans son journal la véritable expérience de la liberté, c'est-à-dire l'amour dans son cas. Paulo Coelho, Onze minutes).

 

  • "Nous sommes comme des nains juchés sur des épaules de géants (les Anciens) de telle sorte que nous puissions voir plus de choses et de plus éloignées que n'en voyaient ces derniers. Et cela, non point parce que notre vue serait puissante ou notre taille avantageuse, mais parce que nous sommes portés et exhaussés par la haute stature des géants." (Bernard de Chartres, philosophe du 12ème siècle : phrase connue par le livre III du Métalogicon de Jean de Salisbury)

 

  • "Là où la dureté ne fait que détruire, la douceur parvient à sculpter." (Maktub, Paulo Coelho).
  • "Si tu parles, tu meurs; si tu ne parles pas, tu meurs. Alors parle et meurs." (Amélie Nothomb, Acide Sulfurique)

 

octobre 2010

 

  • "Dans les villes marocaines du Sud où les femmes sont claquemurées chez elles par la tradition, elles communiquent entre elles par la couleur et la nature du linge qu'elles mettent à sécher aux fenêtres et sur les terrasses. C'est un code secret auquel les hommes n'entendent rien." (selon une jeune thésarde marocaine travaillant sur le thème de la gémellité dans l'oeuvre de Michel Tournier, Journal extime, Michel Tournier).

 

  • "Le plus sûr moyen de perdre un ami, c'est de toujours lui laisser l'initiative d'une reprise de contact." (Journal extime, Michel Tournier)

 

  • "L'oral et l'écrit. La majorité des hommes à ce jour est analphabète. Il n'en résulte évidemment pas qu'ils soient incultes. Leur culture passe par la voie orale que la radio, la télévision et le cinéma ont prodigieusement enrichie. J'ai eu connaissance à Calcutta d'un usage admirable. Il faut rappeler que l'Inde a une production cinématographique considérable, mais qui ne sort pas des frontières. Les Indiens en raffolent. Les enfants dont les bandes peuplent les rues n'ont pas l'argent des billets. Ils se cotisent pour envoyer l'un d'eux voir le film. Ils choisissent le plus malin, le plus disert. Sa mission est redoutable, car il doit ensuite raconter au cercle de ses camarades le film dans tous ses détails et répondre à leurs questions. Merveilleuse récupération du cinéma par l'art immémorial des conteurs. (Journal extime, Michel Tournier)

 

  • "Le chemin vient en marchant" (Bouddha dans Maudit Karma, David Safier)

 

septembre 2010

  • "Celui qui prétend tout comprendre s'expose à mourir de colère". (proverbe arabe)
  •  "La terre s'appellerait la mer si c'était un poisson qui l'avait nommée." (Jacques Prévert).
  • "Le grand amour, c'est quand on reconnaît quelqu'un qu'on n'a jamais vu. Pour les chansons, c'est pareil: quand elles nous touchent, c'est qu'il y a retrouvailles."(Guy Béart, propos rapportés par Michel Tournier dans Journal extime).
  • "Pour bien jouer au golf, il n'est pas indispensable d'être idiot, mais ça aide." (Michel Tournier, Journal extime)

 

août 2010

 

  • "Pour distinguer l'extérieur d'un aquarium, mieux vaut n'être pas poisson." Malraux, Le Musée imaginaire.

 

  • "En annonçant de bonnes nouvelles, on se rend aimable. En en annonçant de mauvaises, on se rend important. Choisissez." Montherlant, Carnet XXXV.

 

  • "Il suivait son idée. C'était une idée fixe, et il était surpris de ne pas avancer." Prévert, Choses et autres.

 

  • "On peut tout te prendre; tes biens, tes plus belles années, l'ensemble de tes joies, et l'ensemble de tes mérites, jusqu'à ta dernière chemise -il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde qu'on t'a confisqué." (Yasmina Khadra, L'attentat)

 

juillet 2010

  • "Je veux être le cri qui déclenche l'avalanche" (Soljénitsyne)
  • "J'appelle égoïste celui qui ne pense pas à moi" (Eugène Labiche)
  • "Ne faites pas aux autres ce que vous voudriez qu'ils vous fassent, car rien ne vous prouve qu'ils aient les mêmes goûts que vous." (Bernard Shaw)
  • "La musique est un bruit qui pense" (Victor Hugo)

 

juin 2010

  • "La pauvreté d'un peuple se mesure à la splendeur de ses fêtes. Inversement l'élévation progressive du niveau de vie s'accompagne d'un dépérissement progressif des festivités." (Michel Tournier, Journal extime).
  • "Oui, Monsieur, j'ai bien reçu votre lettre. Je l'ai même parcourue d'un derrière distrait." (Alphonse Allais)
  • "La pendaison. Un homme tué par sa propre pesanteur. Est-ce là un symbole? Son inclination invincible vers le bas le fait mourir."(Simone Weil)
  • "Un des plaisirs les plus délicieux de l'amour humain: servir l'être aimé sans qu'il le sache."(Simone Weil).

 

mai 2010

 

  • "La forme même des pyramides nous apprend que, dès la plus haute antiquité, les ouvriers avaient déjà tendance à en faire de moins en moins." (Alphonse Allais)
  • "Le visage, partie émergée de l'iceberg: parle et ment. La masse énorme du corps, cachée dans les vêtements avec tous ses organes, partie immergée de l'iceberg. Elle ne ment pas, mais c'est parce qu'elle ne parle pas." (Michel Tournier, Journal extime).
  • "Je ressemble aux petits ruisseaux, je suis clair parce que je ne suis pas profond" (Voltaire)
  • "Il n'est pas de problèmes, si complexes soient-ils, qu'une absence de décision ne puisse résoudre." (Henri Queuille)

 

avril 2010

 

  • "Quand une souris voit passer une chauve-souris, elle s'écrit: "Oh un ange!" (Michel Tournier, Journal extime)
  • "Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer" (Guillaume le Taciturne)
  • "Il est beau comme Crésus!" (réponse de la Callas interrogée sur ce qu'elle aimait chez Onassis)
  • "Quand je pars, je m'accroche à la joie anticipée du retour." (Michel Tournier, Journal extime)

     

    mars 2010

     

    • "Ne regarde ni en avant ni en arrière, regarde en toi-même, sans peur ni regret. Nul ne descend en soi tant qu'il demeure esclave du passé ou de l'avenir." (Emile Michel Cioran, cité par Jean-Baptiste Gendarme, en exergue de la deuxième partie de son roman Table rase)
    • (les chiffres) "Ils sont rassurants. On les soustrait, on les multiplie, on les divise: ils restent d'une fiabilité étonnante. Les chiffres se suivent sans surprise. On sait ce qui vient avant, on sait ce qui vient après. Les mots ne sont pas aussi apaisants. Ils peuvent dire autre chose, s'écrire autrement, se lire différemment. On les interprète, on les pèse, on les retient et ils finissent toujours par nous échapper. Les chiffres ne sont pas aussi fourbes." (Jean Baptiste Gendarme, Table rase)
    • "Sois comme le bois de santal qui parfume la hache qui l'abat." (Upanishad)

     

    janvier 2010

    • "Le plus souvent, les chiennes donnent vie à des chiens. Parfois à des loups." (Simorgh)
    • « [le violet]C'est une couleur très paradoxale : on l'aime ou non. Elle figure parmi les dernières couleurs du spectre chromatique et on ne la trouve que très peu dans la nature. Il y a le violet des années 1970, mais à côté de cela, le violet mauve évoque l'évasion et le voyage, l'Inde comme la lavande. » (Olivier Guillemin, président du Comité Français de la Couleur, cité par Rue89.com, 31/01/2010)

     

     

    décembre 2009

     

    • "Les dieux comblent de bienfaits les hommes qu'ils veulent perdre." (proverbe antique cité par Michel Tournier dans Le miroir des idées, "le donné et le construit".)
    • "Dans l'ordre de l'esprit, on doit opposer l'agilité et l'ouverture des sceptiques à la protection paralysante d'une pensée dogmatique. Sous sa carapace de convictions, le croyant jouit d'un confort moral qu'il considère comme sa juste récompense de bien-pensant. Mais dans ce confort  la part de la surdité et de la cécité aux autres est grande. Parfois pourtant le croyant entrevoit avec envie la liberté du sceptique, tel François Mauriac fasciné par la souplesse et la fraîcheur d'esprit d'André Gide. (Michel Tournier, Le Miroir des idées, "Le vertébré et le crustacé")
    • "...au sein de chaque civilisation, l'homme de culture est ressenti comme un déviant dangereusement dissolvant qui doit être éliminé. Hallaj supplicié à Bagdad en 922 et Giordano Bruno brûlé à Rome en 1600, c'était la culture tuée par la civilisation." (Michel Tournier, Le miroir des idées, "Culture et civilisation")

     

     

     

    novembre 2009

     

    "Sans doute la qualité vaut mieux que la quantité, mais sur la qualité, on peut discuter à l'infini, tandis que la quantité, elle, est indiscutable."

    (Edward Reinrot in "Quantité et qualité", Le miroir des idées, Tournier)

     

    octobre 2009

     

    • "Des singes, le plus beau est laid" (Héraclite, cité par Platon, Hippias Majeur,  289a, in Héraclite, Fragments, texte établi, traduit et commenté par Marcel Conche, PUF, 1986) Le commentaire de Marcel Conche me semble lumineux: "...Le plus beau des singes est laid parce qu'on ne peut regarder le singe sans songer à l'homme. Le singe est, pour l'homme,  une sorte d'approximation grossière, de copie mal faite, de mauvaise imitation de l'homme (...) Le singe est laid parce qu'il fait songer à l'homme auquel il ressemble, mais d'une façon caricaturale (...) Pourquoi dire cela, sinon pour signifier qu'il ne faut pas être celui qui ne se conçoit que par un autre, un imitateur et un copieur, dont l'éclat ne sera pas son éclat propre mais un éclat emprunté. Derrière le singe que l'on voit se profile le type de l'homme, et le singe est comme un homme raté (...) Il ne faut pas être singe, mais être soi et valoir par soi. En particulier, il faut savoir de son propre savoir, non du savoir d'autrui, et d'un savoir qui n'imite pas les choses mais les révèle.

     

     

    septembre 2009

     

    • C'est "l'histoire du fou qui se prenait pour un os, qu'on soigne, qu'on guérit, qui sort de l'hôpital psychiatrique mais qui y revient aussiitôt parce que les chiens, eux, n'ont pas subi le traitement qu'on ne leur a pas expliqué, comme à lui, qu'il n'était pas un os." (Renaud Camus, Retour à Canossa, Journal 1999, mercredi 9 juin)

     

     

    août 2009

    • "Il a levé les yeux, a souri et moi, je suis tombé amoureux, immédiatement, instantanément. On appelle ça le coup de foudre. Moi, j'appelle ça la reconnaissance mutuelle. Le mektoub amoureux." (Une mélancolie arabe, Abdellah Taïa)

     

     

     

    juin 2009

     

    • ..."tout est dans peu. L'enfant est petit, et il renferme l'homme; le cerveau est étroit, et il abrite la pensée; l'oeil n'est qu'un point, et il embrasse des lieues." (Alexandre Dumas fils, La dame aux camélias).
    • La multitude qui ne se réduit pas à l'unité est confusion; l'unité qui ne dépend pas de la multitude est tyrannie. (Pascal, Pensées)
    • "Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants." (phrase attribuée à Bernard de Chartres)

     

    • "Un homme qui sait se rendre heureux avec une simple illusion est infiniment plus malin que celui qui se désepère avec la réalité."(Alphonse Allais, Le Chat noir, 1888, posth.)

     

    •  "Cette vitesse du bonheur à deux, qui met de l'inattendu dans la banalité et déguise les habitudes en projets" (Pierrot des solitudes, Pierre Kyria, 1979)

     

    mai 2009

    • "...il est manifestement contre la loi de nature, de quelque manière qu’on la définisse, qu’un enfant commande à un vieillard, qu’un imbécile conduise un homme sage et qu’une poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire." (fin du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, Rousseau)
    • "Les hommes sont si nécessairement fous, que ce serait être fou par un autre tour de folie, de n'être pas fou." (Pascal, Pensées)
    • D'où vient qu'un boiteux ne nous irrite pas, et un esprit boiteux nous irrite? A cause qu'un boiteux reconnaît que nous allons droit, et qu'un esprit boiteux dit que c'est nous qui boitons. (Pascal, Pensées)

     

    • "Si un homme change de femme, c'est afin de trouver chez la nouvelle une oreille vierge pour ses histoires. Don Juan n'était rien de plus qu'un incorrigible hâbleur -mot d'origine espagnole qui veut dire beau parleur."(Tournier, Le Médianoche amoureux)

     

     

    avril 2009

    • "Quand je m'observe, je m'inquiète. Quand je me compare, je me rassure." (Henry de Montherlant).
    • "La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a" (proverbe)
    • "Si vous dites aux grandes personnes: "J'ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit..." elles ne parviennent pas à s'imaginer cette maison. Il faut leur dire: "J'ai vu une maison de cent mille francs." Alors elles s'écrient: "Comme c'est joli!" (Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry)
    • "Ce n'est plus un ministre, ce ne sont plus des ministres que j'ai devant moi, ce sont des accusés! Ce sont des accusés de haute trahison..." (Clemenceau cité dans le Journal Officiel des débats parlementaires, 30 mars 1885, en réponse au Président du conseil et ministre des Affaires étrangères, Jules Ferry, qui demande un crédit extraordinaire à la Chambre des députés pour poursuivre la guerre de Chine)

     

    mars 2009

     

    • "Cherche conseil auprès de celui qui se corrige lui-même" (Léonard de Vinci, citation lue au clos Lucé, Amboise)
    • Le renard qui cherche à être apprivoisé:  "On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!" (Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince)
    • "On se sent parfois plus libre de parler à un étranger qu'aux gens qu'on connaît (...) probablement parce qu'un étranger nous voit tels que nous sommes et non tels qu'il veut croire que nous sommes." (Zafon, L'Ombre du vent)
    • "Qu'est ce que le cambriolage d'une banque comparé à la fondation d'une banque?" (Mackie le Surineur dans L'Opéra de Quat'sous, Brecht)
    • "Poésie, tout n'est que poésie dans la femme, et tant pis pour les analphabètes"(Haddad, Le quai aux fleurs ne répond pas)

     

    février 2009

     

    • "Parce qu'il est dans l'eau, personne ne voit que le poisson pleure." (Simorgh)
    • « Il faut que tout ait l'air provisoire, en marche, bâclé, incohérent, improvisé dans l'enthousiasme ! Avec des réussites, si possible, de temps en temps, car même dans le désordre il faut éviter la monotonie.
      L'ordre est le plaisir de la raison : mais le désordre est le délice de l'imagination »
      (Paul Claudel, Avertissement du Soulier de Satin,1929)
    • "En essayant continuellement on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche." (devise Shadok)
    • "L'amour de quoi que ce soit est issu de sa connaissance" (Léonard de Vinci, citation lue lors de la visite du clos Lucé, à Amboise). Différence essentielle avec le désir, qui peut porter évidemment aussi sur l'inconnu (cf texte de Proust cité dans les textes du mois, dans lequel il y a confusion entre amour et désir). Pourquoi cette confusion, sinon parce qu'on peut aussi désirer l'être aimé...?

     

    Janvier 2009


    • "Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes." (devise Shadok)
    •  "Il n'est pas un de nous qui ne puisse à toute heure, où qu'il soit placé et sous quelque forme que sa personnalité se révèle, apporter un concours passager ou durable aux grandes réalisations d'humanité." (Georges Clemenceau)
    •  "L'or est le pire des maîtres et le meilleur des serviteurs" (proverbe)
    •  "Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie!...noblesse, fortune, un rang, des places; tout cela rend si fier! Qu'avez-vous fait pour tant de biens! Vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus." (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, V, 3)

    Extraites du  fameux monologue de Figaro, ces phrases auraient pu être écrites par Pascal, auteur de trois magnifiques discours Sur la condition des grands (texte du mois, février 2009) et de pensées sur la tyrannie conçue comme confusion entre les différentes grandeurs. On relira avec intérêt ces Trois discours pascaliens.

    • Je dis des choses tellement intelligentes que, le plus souvent, je ne comprends pas ce que je dis. (devise Shadock)




    _____________________________________________________________________________

    Année 2008


    décembre 2008


    • "Si le regard pouvait féconder et tuer, les rues seraient pleines de cadavres et de femmes grosses." (Paul Valéry)
    • "Fais du bien et oublie-le" (proverbe arabe)
    • "Rester fidèle à une bêtise reste une bêtise" (Jankélévitch)
    • "La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie." (Malraux)
    • "Tout ce qui n'est pas donné est perdu" (proverbe indien)



    novembre 2008

    •  "Sans doute la qualité vaut mieux que la quantité, mais sur la qualité on peut discuter à l'infini, tandis que la quantité, elle, est indiscutable." (Edward REINROT, cité par Michel Tournier, Le Miroir des idées, "quantité et qualité")
    •  "Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde." (Césaire, Discours sur le colonialisme)
    •  "Vieillir, c'est souhaiter pour autrui" (Haddad, Le Quai aux fleurs ne répond plus)
    • "Tomber amoureux, c'est vivre la rencontre d'un être fantasmatique avec un être réel." (Danielle Dalloz, Si la jalousie m'était contée....)




    octobre 2008

    • "L'amitié est une grande chose, c'est l'autre face, la face terne de l'amour. Mais c'est la face qui n'est jamais attaquée par la rouille." (Salomon le Sage, Tewfik El Hakim)
    •  "Il n'est rien d'être un homme. Rien, absolument rien. Mais être humain, voilà le difficile, voilà l'essentiel." (Haddad, Le Quai aux fleurs ne répond plus)
    • le progrès en question:   "la formidable usine, mais à larbins, la prodigieuse mécanisation, mais de l'homme, le gigantesque viol de ce que notre humanité de spoliés a su encore préserver d'intime, d'intact, de non souillé, la machine, mais à écraser, à broyer, à abrutir les peuples." (Césaire, Discours sur le colonialisme)
    •   "Peut-être, dit-il, y aurait-il mieux à faire que d'abattre des têtes! Ce serait de les rendre plus solides!" (Jules Verne, Les Tribulations d'un Chinois en Chine)
    • "L'attente est le seul voyage véritable" (Haddad, Le Quai aux fleurs ne répond plus)



    septembre 2008


    • "Il n'est peut-être pas une personne, si grande que soit sa vertu, que la complexité des circonstances ne puisse amener à vivre un jour dans la familiarité du vice qu'elle condamne le plus formellement -sans qu'elle le reconnaisse d'ailleurs tout à fait sous le déguisement de faits particuliers qu'il revêt pour entrer en contact avec elle et la faire souffrir." (Proust, Du côté de chez Swann, page 144, Gallimard)
    • "Il y a pour l'homme et pour la femme deux morales non seulement différentes, mais radicalement contradictoires. Les entraînements de la chair sont, pour la gent virile, une récréation permise, entraînant le développement de la prostitution dont nos villes font étalage, et, pour le sexe faible, une chute irrémédiable. D'où deux catégories de créatures féminines: les unes "honorables" parce qu'elles ne font pas ce que les hommes "honorables" se plaisent à faire, les autres -lamentable troupeau du plus dégradant esclavage- "déshonorées" pour servir à l'acte même dont l'espèce masculine se fait gloire." (Clemenceau, Le Bloc, septembre 1901)
    • "Le passé, même le plus lointain, n'est pourtant pas trépassé." (Henri Bergson, cité par Michel Tournier dans Le Miroir des idées, "La mémoire et l'habitude", page 108)
    • "Un pauvre, cela fait toujours peur. Mais il ne leur venait pas à l'esprit que ce pauvre, une fois vêtu et nourri, et traité d'égal à égal, pourrait leur sembler comme un frère." Driss CHRAÏBI, Succession ouverte


    août 2008


    • "Oui, c'est pour les autres qu'il faut savoir tout faire! Le secret du bonheur est là!"    Magnifique leçon de vie exprimée par Kin-fo au terme de ses tribulations en Chine dans le livre de Jules Verne.
    • "Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous// Nous nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes:// On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain..// Le fabricateur souverain // Nous créa besaciers tous de même manière manière, // Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui: // Il fit pour nos défauts la poche de derrière, // Et celle de devant pour les défauts d'autrui."     (La Fontaine, "La Besace", Fables, I, 7)

    • Parmi les bossus, un dos droit souffre le martyre" ( Dis-moi le paradis,  Boualem Sansal)