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DICTIONNAIRE DES MOTS ADOPTES

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coin Caratini I César

COIN CARATINI II Auguste

COIN PROUST

COIN TOURNIER

COIN DES PETITS BATEAUX

RECENSEMENT DES TEXTES

RECENSEMENT DES OEUVRES.

RECENSEMENT DES TEXTES AUTOGRAPHES.

RECENSEMENT DES FILMS

ABECEDAIRE ANTIQUE.

Cicéron

ABECEDAIRE MYTHOLOGIQUE.

éléments de religion romaine

Les esclaves dans la société romaine antique de la fin de la République

la mort dans la Rome antique de la fin de la République

Coin cinéma n°1

coin cinéma n°2

coin cinéma n°3

coin cinéma n°4

coin cinéma n°5

coin cinéma n°6

GRAMMAIRE FRANCAISE

LES NOTIONS DE BASE

LE NOM

homonymes, paronymes

LE VERBE

le verbe et ses assistants

les différentes formes du verbe

Valeurs temporelles, aspectuelles et modales des temps de l'indicatif

le subjonctif et l'impératif

PRINCIPAUX ACCORDS

accord des noms

accord des adjectifs et des déterminants numéraux

accord des participes passés.

LA PHRASE

mémento grammatical

mémoire musicale

Oscar Wilde

DICTIONNAIRE DES MOTS ADOPTES

dernière modification: 10 septembre 2017

 

 

 

Au fil de mes lectures (ou de mon écoute) et de mes rencontres,  des mots, des expressions, des associations me frappent et me plaisent. J'en découvre souvent, comprends la polysémie de certains noms, aime un emploi métaphorique, ou l'histoire d'un mot. Les néologismes aussi ont leur place ici, qu'ils viennent de la langue populaire si foisonnante ou de propositions personnelles. A la manière de Pivot qui voudrait sauver cent mots en passe de disparaître, j'aimerais faire une place ici à ces mots que je décide d'adopter à la façon de Zafon parce qu'ils vont disparaître ou ne sont pas (encore?) admis dans les dictionnaires.

Quand j'étais adolescent, mon frère et mois nous étions répartis l'exploration d'un dictionnaire de la langue française, Le Robert des enfants il me semble. Chacun explorait une moitié et recopiait chaque définition qu'il méconnaissait dès lors qu'elle semblait intéressante (nous excluions par exemple les noms d'insectes ou autres mots très rares).

 

Tous les élèves devraient faire de même -qu'on leur laisse un dictionnaire entre les mains quand ils sont isolés, ils s'en saisissent avec enchantement!- pour enrichir leur vocabulaire. Tous les adultes aussi d'ailleurs...

 

Chacun pourrait de même noter au fil de sa vie les mots qu'il découvre ou qu'il aime...


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A

  • aimer à crédit: aimer sans être payé de retour (Le Misanthrope, III, 1)
  • les performances abracadabrantes (Khadra)
  • anathème: 1 nom masculin.excommunication majeure prononcée contre les hérétiques ou les ennemis de la foi catholique. Au sens figuré: condamnation totale. 2 Personne frappée de cette excommunication: un, une anathème.
  • apogée (un): du grec, "point éloigné de la terre". Le soleil atteint son apogée vers le 5 juillet. Au figuré: le point le plus élevé, le plus haut degré.
  • accorte (rarement au masculin, accort): littéraire: gracieux, avenant. Une accorte servante.
  • amble: la plupart de nos animaux marchent en diagonale, i.e. avancent en même temps que la patte arrière droite la patte avant gauche, puis la patte arrière gauche et la patte avant droite. Ainsi vont le cheval, le boeuf, le chien, le chat, etc. Au contraire, beaucoup d'animaux sauvages vont l'amble, i.e. avancent en même temps la patte arrière droite et la patte avant droite, puis la patte arrière gauche et la patte avant gauche (avec un léger retard de la patte avant sur la patte arrière). Ainsi vont le loup, l'éléphant, la girafe, le lion, le tigre, le chameau, l'ours, etc. Cela leur donne une allure balancée, car pour déplacer en même temps sa patte avant et sa patte arrière du même côté, l'animal doit se déporter tout entier du côté opposé. (Tournier, Les Rois mages)
  • l'arabitude (Chraïbi, Succession ouverte)
  • armada (une): désigne une grande flotte (marine); par métaphore, une grande escadre aérienne.
  • ahaner:travailler avec peine et fatigue. Pousser des petits cris. Le géant ahanait. (Iceberg Slim, Pimp)
  • anonyme de: anonyme de lui, sept ans plus tôt. (La Délicatesse, Foenkinos)
  • faire de son corps une boutique d'apothicaire: abuser des médicaments.


B
  • la bamboche: festin, ripaille, amusement immodéré, partie de plaisir et même de débauche où l'on se livre à la grosse gaieté. Cf bambocheurs, bambocher. Notons aussi qu'une bamboche est un terme péjoratif pour désigner une personne de petite taille, extension du même mot bamboche, aujourd'hui vieilli, qui désigne une marionnette d'une taille plus grande que les marionnettes ordinaires.Le président actionne le séchoir mural et se frotte les mains sous le jet chaud. Ils vont ensuite rejoindre les bambocheurs qui acclament leur retour. (Chevron, Les Purifiants) "Bref, il bambochait autant qu'il pouvait." (Boualem Sansal, Rue Darwin, 2011).
  • buanderie: (de l'ancien français, "buer" = faire la lessive): local qui, dans les dépendances d'une maison, est réservé à la lessive. Noter qu'au Québec, le terme désigne une blanchisserie.
  • baguenauder: intransitif ou pronominal; familier: se promener sans but; flâner. Comme je n'avais rien d'autre à faire, je passai une heure à baguenauder le long du boulevard en observant les jeunes dans leurs accoutrements bizarres. (Bunker, I, 260)
  • barbeaux: terme d'argot pour désigner un souteneur. (Khadra)
  • de but en blanc: inconsidérément, brusquement.
  •  baobab: mot qui signifie mille ans (Tournier, Les Rois mages)
  • brigadier: au théâtre, bâton qui sert à frapper les trois coups qui précèdent le lever de rideau.
  • bière: cercueil 
  • barouf: nom masculin qui n'est qu'une variante orthographique (et l'étymologie) de baroufle, nom masculin argotique désignant une agitation bruyante, un chaos impliquant un mouvement désordonné réalisé par de nombreuses personnes. Synonymes: tumulte, vacarme, bordel. Avec tout ce baroufle, je n'ai pas pu fermer l'oeil de la nuit.
  • bassitude: néologisme créé par Tournier pour désigner une altitude négative.
  • baluchon (un): petit paquet de vêtements emballés dans une étoffe carrée, nouée par les coins.
  • béjaune (un): terme de fauconnerie qui désigne un jeune oiseau non dressé qui a encore sur le bec une membrane jaune (bec jaune). Désigne aussi un jeune homme sot, inexpérimenté. Un blanc-bec, un niais. "Les béjaunes l'immobilisent (...) Il ne cherche pas à leur échapper, car ce serait s'éloigner de l'homme blessé." (Arsand, Des amants, chapitre 5).
  • blogue (un): type de site sur l'internet censé contenir régulièrement de nouveaux billets. Synonymes: cybercarnet, bloc-notes. Le mot vient de l'anglais blog, qui vient lui-même de web log, log désignant alors un journal ou un registre. Simorgh est un blogue remarquable!
  • boute-en-train (un): personne qui excite à la joie ou amuse ceux avec lesquels elle se trouve. Bouter (verbe ancien, synonyme de "mettre") en train (en action, en mouvement) signifie donc originellement "préparer à agir, stimuler à l'action". Dans un haras, le boute-en-train est  un cheval destiné à mettre une jument en chaleur: c'est l'étalon en revanche qui est destiné après à bouter son pénis dans le train arrière de la jument!
  • bombarder: pop. foncer, aller très vite (avec un véhicule). Bombarde, mon frère!
  • banaliser: raconter des banalités. "On se contentait tous les deux, on banalisait, il m'ouvrait ses tréfonds en piquant un ver de vase..." (Les coups, Jean Meckert)
  • buvarder:ce verbe transitif direct qui signifie "sécher, absorber, en utilisant un buvard" est employé au sens figuré par Cocteau dans Thomas l'imposteur: "S'il y avait du brouillard, il buvardait les éclairs de la canonnade qui ne formaient plus qu'une seule lueur aveuglante, à rendre fou."

C
  • cauteleux,se:rusé,habile,méfiant                                                                                                   > une silhouette, cauteleuse, apparut sur le perron (Benacquista, Le serrurier volant)
  • carafon: petite carafe; familièrement, désigne la tête.                                                                   > De la salade, un carafon d'eau et une soupière remplie d'une daube épaisse dont les senteurs dissuadèrent aussitôt mon appétit. (Khadra, L'Ecrivain)
  • canonner: Le terme signifie simplement "tirer au canon sur un objectif", ou "attaquer violemment"; c'est aussi un terme de marine: on "canonne une voile", i.e. on l'enroule, on lui donne la forme tubulaire du canon. Le terme est employé au sens de "battre fort" à propos du coeur par Yasmina Khadra.                                                                                              >L'envie de rebrousser chemin et de disparaître dans la foule canonnait ma poitrine." (Khadra, L'Ecrivain)
  • charivari: (du grec, karêbaria, mal de tête): bruit assourdissant, vacarme.
  • carrousel: [z] "parade au cours de laquelle les cavaliers exécutent des figures convenues"; par extension, "lieu où se tient cette parade"; au sens figuré, le mot désigne une "circulation intense, une succession rapide."                                                                  >l'appel au calme des moniteurs se perdit dans le charivari. Jugeant l'endroit trop exigu pour contenir leur joie, les premiers cadets évacuèrent le réfectoire; la réaction en chaîne entraîna les autres dans des carrousels dissonants, endiablés. (Khadra, L'Ecrivain)
  • mon coeur ne battait pas la chamade (Khadra)
  • capiteux: qui porte à la tête et enivre (parfum, vin, etc.) Et vint l'été, avec son soleil capiteux. (Khadra)
  • cacochyme: adjectif et nom (du grec, "de mauvaise humeur"), d'un emploi littéraire, et souvent par plaisanterie pour désigner quelqu'un, en particulier un vieillard, qui est faible, en mauvaise santé.
  •  catafalque (un): estrade décorative élevée pour recevoir un cercueil, réel ou simulé, lors d'une cérémonie funéraire.
  • capucinade: nom féminin, vieilli et littéraire: tirade ennuyeuse et moralisante. (Khadra)
  • Comores (grande et petite) < de l'arabe, kamar, lune.
  • carnaval < la chair prévaut (Morand, 1953, page 91)
  • cicerone: nom masculin, synonyme de guide: au chapitre 5 de la Dame aux Camélias, on peut lire: "Je le priai de me faire conduire à la tombe, car il n'y a pas moyen de se reconnaître, sans cicerone, dans cette ville des morts qui a ses rues comme la ville des vivants." (Alexandre Dumas fils)
  • catamite (un): (désuet) jeune libertin.
  • carminatif: se dit d'un aliment qui favorise l'expulsion des gaz résultant de la formation intestinale, tout en réduisant leur production (gingembre, ail, fenouil, basilic, coriandre, estragon, noix de muscade, oignon, sauge, thym..)
  • en capilotade: en piteux état, en marmelade. Le lendemain, le corps en capilotade, en traînant la patte, je retourne à la mosquée. (Khadra, L'attentat) Lorsque je revins, Preston s'était déchaussé et avait posé sur une chaise ses pieds en capilotade. (Iceberg Slim, Pimp).
  • crayon de bois: synonyme de crayon à papier, employé par une amie originaire du Pas-de-Calais.
  • cravate: le mot vient de... "croate". Sous Louis XIII, des mercenaires serbes et croates s'engagent dans les troupes françaises. Ils portent autour du cou un grand foulard noué devant pour se protéger du froid. Les Français appellent ces hommes les "cravates" en françisant le terme "krvat" qui signifie tout simplement "croate".
  • carabin (un): 1 (vieilli) soldat de cavalerie qui portait une carabine que l'on employait d'ordinaire dans les reconnaissances, les escarmouches. 2 (vieilli, figuré, familier) celui qui se contente de hasarder quelque chose au jeu et qui se retire ensuite, qu'il ait gagné ou perdu. 3 (vieilli) garçon chirurgien qui ne restait que  quelque temps dans le même hôpital. 4  (par extension, familier) étudiant en médecine. "Quelqu'un m'a dit que les morts abandonnés étaient enterrés dans la fosse commune d'une nécropole de la périphérie, un autre m'a appris qu'on les refilait à l'université pour que les carabins et les embaumeurs apprennent leur métier.." (Rue Darwin, Boualem Sansal)
  • canicule (une): très chaude période estivale. Le mot vient du latin canicula, la chienne. C'est aussi l'autre nom de Sirius, l'étoile la plus brillante dans le ciel qui appartient à la constellation du Grand Chien et commence à se lever autour du 24 juillet chaque année annonçant l'ardeur du soleil.
  • chicote (une):badine employée par les instituteurs en Afrique à l'époque coloniale.Certains maîtres en avaient même plusieurs auxquelles ils donnaient des noms et qu'ils choisissaient en fonction de la gravité de la faute. Un instituteur ivoirien aurait répondu lors d'une enquête sur les motivations à devenir instituteur: "J'ai tellement été chicoté durant mon enfance que j'avais envie de chicoter à mon tour." (cf Les paroles s'envolent, les écrits restent ...200 proverbes expliqués, Paul Desalmand, Yves Stalloni, 2011, "Qui aime bien châtie bien")
  • code carré (pour l'anglicisme QR code, de quick response): code-barres à deux dimensions qui peut-être lu par des téléphones mobiles ou la caméra d'un ordinateur.
  • convulsé de rire (être): lu dans Moi, Boy de Roald Dahl. Préférable à mort de rire, ou à l'anglicisme lol (laughing out loud).
  • porter la main en cornet à son oreille: l'expression parle d'elle-même. Trouvée dans la traduction de Moby Dick (Herman Melville) proposée par Armel Guerne.(chapitre 48, Quiequeg cherche un homme à la mer)
  • cependantisme (à propos du droit de vote des femmes, accordé en 1944 mais effectif seulement en 1945) : nom donné au courant de pensée réunissant ceux qui étaient d'accord avec le principe, mais pas avec son application immédiate (nécessité en 1944 d'attendre le retour de déportés et d'établir des listes électorales). Parallèle possible avec le serment d'allégeance dans l'église d'Angleterre (et cetera oath)au 17ème siècle qui doit son nom au passage suivant : "« Nor will I ever give my consent to alter the government of this Church, by archbishops, bishops, deans, archdeacons, et cetera, as it stands now established. » La présence de ce et cetera a amené une partie du clergé, notamment Richard Baxter, à refuser de prêter serment, ne souhaitant pas se soumettre à quelque chose d’implicite, auquel on pourrait par la suite donner l’interprétation que l’on souhaite selon la tournure des événements.
  • couturière (une): au théâtre,  avant dernière répétition, avant la répétition générale.

D

  • déblatérerLarousse donne "déblatérer contre", terme familier pour "parler avec violence contre, vitupérer". Khadra l'emploie dans le même sens avec une autre construction.          >Seul un caporal ventripotent, son ceinturon à la main, déblatérait après un groupe de prisonniers reconnaissables à leur uniforme débraillé et à leur crâne rasé.
  • un clochard détritivore (Khadra)
  • la deveine: familier pour "la malchance".
  • diapré: littéraire: de couleurs variées et chatoyantes. Attendrir est une faiblesse, une reddition diaprée. (Khadra).
  • déparler: verbe intransitif, vieilli, régional ou Antilles et Québec. Parler inconsidérément; dire n'importe quoi.
  •  dare: mot populaire utilisé comme adverbe intensif (Comment il fait dare froid aujourd'hui!/ Lui c'est un pote, tu lui fais un dare prix) comme adjectif (un mec dare). L'expression " (comment) c'est dare" signifie "c'est chouette, c'est super, super bien". L'emploi adverbial est également ...attesté dans l'usage populaire. Elle est habillée darement aujourd'hui!
  • au diable vauvert: vraiment très loin. Expression aux origines discutées. Synonyme: aux cinq cents diables.
  • tenir la dragée haute: faire sentir son pouvoir à quelqu'un; faire attendre longtemps quelqu'un et ne lui procurer qu'une petite partie de ce qu'il attend.
  • drogman(un): en Orient, interprète, parfois guide ou intermédiaire. Le mot vient de l'arabe tourdjoumân (ترجمان, traducteur) qui a aussi donné en français truchement. Et le drogan grec se retire, en se demandant s'il va oser poser la main sur la table et se mettre à dessiner lui aussi. (Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias ENARD)
  • dinguer: tomber brutalement, projeter au loin. Envoyer dinguer: bousculer qn ou qch, s'en débarrasser sans ménagement. "Il la retourne en tous sens, il devient rouge de colère, il froisse rageusement la missive en boule, puis la déplie, la relit, son terrible cri de rage alerte Manuel le drogman qui arrive à temps pour le voir déchirer le courrier et envoyer dinguer d'un revers du bras sur sa table, encrier, plume, charbons et papiers." (Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias ENARD)
  • dessiller: amener quelqu'un à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer. dessiller les yeux de.                  >Don Juan -- Il a touché mon âme, et dessillé mes yeux, et je regarde avec horreur le long aveuglement où j’ai été, et les désordres criminels de la vie que j’ai menée. (Molière, Don Juan, acte V, scène 1)                                                                                                                               >Comme si la soirée lui avait dessillé les paupières et transmis sa certitude, le dessin lui apparaît enfin.(Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias ENARD)
  • délivrance: traduction nouvelle -6 août 2011- et meilleure à mon sens de l'anglicisme coming out. Alors que je cherchais un mot français pour dire cette "sortie du placard" (expression que je trouve affreuse et inadaptée dans la mesure où elle fait l'impasse sur l'acteur de cette délivrance), j'ai d'abord pensé à libération (le prisonnier qui sort du placard n'est-il pas libéré?...quand il ne s'évade pas!). Son synonyme me semble encore meilleur dans la mesure où il s'agit d'une seconde naissance au monde. L'idée m'en vient quelques jours après l'envoi à mes proches d'Îles des livres, nouvelle de la délivrance. Les mots libèrent des maux. Voilà pourquoi il est important d'avoir, en français, un mot qui exprime cette libération.
  •  doberman (un): chien issu du croisement entre Pinscher et berger noir opéré par un cynophile allemand...Frédéric-Louis Dobermann (avec deux n, 1834-1894), collecteur d'impôts à la mairie d'Apolda en Prusse. La fonction présentant des risques, il jugeait nécessaire de se protéger d'éventuelles attaques. Éleveur de chiens,il a opéré le croisement qui a donné naissance au plus célèbre doberman.
  • déconstiper le porte-monnaie: dépenser de l'argent ou y inciter. "Il y a de la musique électrique partout, on passe d'un air à l'autre dans l'odeur du nougat ou de la confiserie à la manque. Ça hurle, ça tempête, ça étourdit, ça déconstipe le porte-monnaie." (Les coups, Jean Meckert)

E

  • une estocade: coup d'épée porté par le matador pour achever le taureau; au sens figuré, littéraire: attaque violente et soudaine.                                                                                               >Chacun de ses mugissements me traversait de part et d'autre comme une estocade."(Khadra, L'Ecrivain)
  • à deux ou trois encablures: un souk permanent à deux ou trois encablures de notre immeuble. (Khadra)
  • à l'émeri: complètement, totalement. L'émeri (masculin) est une roche. On parle d'un "bouchon à l'émeri" pour désigner un bouchon de verre poli à l'émeri sur le flacon pour que le bouchage soit absolument hermétique. Employé familièrement dans l'expression "bouché à l'émeri" pour complètement borné, stupide.
  • escaler: oublié de Larousse, ce verbe intransitif, terme de marine signifiant "faire escale" est encore attesté dans le Grand Robert en 2001.
  • énergumène (un ou une): >du grec, energoumenos, influencé; dans le vocabulaire théoligique, le mot désigne une personne possédée par le diable (exorciser un énergumène). Au sens figuré et courant, le terme désigne une personne qui se livre à des mouvements excessifs d'exaltation, de colère, qui parle et s'agite avec violence.  la répugnance et le fiel que les énergumènes de son espèce sécrètent en moi. (Khadra, L'attentat)
  • égérie (une): femme qui est l'inspiratrice d'un homme politique, d'un écrivain, par allusion à Egérie, la nymphe que consultait Numa.
  • embrocation (une): onguent ou application d'un liquide huileux et calmant produisant de la chaleur. "Je sortis, montai dans la Ford et allai au drugstore acheter des pommades et des embrocations."  (Iceberg Slim, Pimp)
  • éphéméride (une)
  • éon (un): très longue période de temps, de durée arbitraire. L'histoire de la Terre, de sa formation à nos jours, est divisée en quatre éons. Les trois premiers dans l'ordre chronologique, qui représentent environ quatre milliards d'années, sont souvent regroupés sous le terme de précambrien. En traçant ses premières esquisses, il [Michel-Ange] pense à Léonard de Vinci, à qui tout l'oppose, à croire qu'ils vivent dans deux époques distantes d'une infinité d'éons.(Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias Enard)
  • enchinoisé: > "[à propos de quelques gouvernements africains] ces messires se spnt enchinoisés, ils vivent de yuans et de requins, ils sont trop bien nourris pour mordre à l'hameçon européen, les maigres budgets communautaires n'appâtent pas même leurs valets de pied. (Rue Darwin, Boualem Sansal, 2011).
  • un éventaire: étalage extérieur d'un commeçant. L'éventaire du libraire, l'étal du boucher.
  • un étal (des étaux): table souvent démontable, sur laquelle on expose des produits à vendre lors des marchés; table utilisée par les bouchers pour couper la viande.
  • une esperluette: signe typographique (&) qui a été la 27ème lettre de l'alphabet jusqu'au 19ème siècle, appelé familièrement "ète". Comme dans de nombreuses langues, il signifie "et". On trouve ce symbole dans les écrits des copistes du Moyen-Âge et sur les claviers de nos ordinateurs. Tiron, secrétaire de Cicéron, en serait l'inventeur (on lui doit aussi la première méthode de sténographie). L'origine du mot est l'objet de discussions: origine mnémotechnique confiée aux enfants en langue d'oc : "es per lou et" signifiant "c'est pour le et". Pour le Petit Robert, l'origine serait latine: perna désigne la jambe, la cuisse et rappellerait non le sens, mais la forme de ce signe typographique...
  • les épices (payer): au Moyen-Âge, cela signifie pour celui qui a obtenu gain de cause en justice, payer le juge (lequel achetait une judicature, il était propriétaire de sa charge)...lequel n'était pas enclin à donner raison à celui qui n'aurait pas les moyens de payer les épices.
F
  • froufrou: léger bruit, que produit le froissement des étoffes, des feuilles, etc. Au pluriel: ornement de tissu d'un vêtement féminin. Dans le froufrou des rideaux. (Khadra)
  • frappures de lune: nom qu'on donne aux taches pâlichonnes sur les tapis et les moquettes.
  • faraud: adjectif et nom. Familier: fanfaron, prétentieux.
  • fariboles: (nom féminin, souvent employé au pluriel) familier. Propos sans valeur, frivole.
  • facétieux: adjectif et nom. Littéraire Qui aime faire des facéties; farceur.
  • une main faussement fuyante: je lui glisse des billets de banque dans sa main faussement fuyante..(Khadra, L'Attentat)
  • fourbir: rendre clair un objet de métal (armes, fusil, casque, épée,..)en le frottant. un patio où deux miliciens finissent de fourbir leurs fusils à la lueur d'une torche. (Khadra, L'attentat)
  • à fleur de peau: 1/ à la surface de la peau; 2/(au figuré) qui réagit à la plus petite sollicitation. L'expression vient d'un sens ancien du mot fleur qui désignait "la partie la plus fine de quelque chose", puis "la partie la meilleure"( "la fleur de son état-major", Amin Maalouf, Les Jardins de lumière), "la partie supérieure", enfin "la surface". Pour comprendre le passage du sens propre au sens figuré, pensons à deux personnes qui s'aiment et à la chair de poule que peut provoquer un simple effleurement d'une main sur la peau. « Il était tout en vif-argent. Il était pur. Et sensible comme un thermomètre. La sensibilité à fleur de peau. Et par là, il était moderne. » Blaise Cendrars - Bourlinguer [source: expressio, le site qui décortique les expressions/ www.expressio.fr]


G
  • de guingois: locution adverbiale familière pour "de travers".
  • griot, otte:  poète  musicien ambulant, en Afrique noire, dépositaire de la culture orale et réputé être en relation avec les esprits.
  • mon godelureau d'ami:familier et vieilli: "jeune homme qui fait le joli coeur auprès des femmes."
  • guigne: familier. Malchance. Avoir, porter la guigne.
  • une gisquette: populaire et vieilli: jeune fille. Dès que j'aurai levé un peu d'oseille, tu vas nous dénicher deux gisquettes bien vicieuses.(Bunker, I, 238)
  • vouer aux gémonies quelqu'un: accabler qn de reproches et lui souhaiter les pires supplices, au vu et au su de tout un chacun, sans retenue. Lui faire subir une forme de  supplice subtile, pouvant blesser de manière indélébile. L'expression fait référence à l'escalier monumental qui reliait dans la Rome antique le Capitole au forum: c'est sur cet escalier des Gémonies qu'on exposait les corps des suppliciés avant qu'ils ne fussent jetés dans le Tibre. (pour plus de détails, voir dans le coin antique, Caratini, Jules César, tome I, chapitre 31, passage sur l'incarcération à Rome)... les autres m'ont systématiquement voué aux gémonies (Khadra, L'Attentat)
  • jeter sa gourme: se dit d'un adolescent qui fait ses premières bêtises, ses premières folies. ..nous soûler la gueule comme deux dieux jetant leur gourme après avoir épuisé l'ensemble de leurs anathèmes.(Khadra, L'Attentat)
  • gourbi (un): le terme désigne d'abord une hutte ou une cabane en Algérie; puis au sens figuré une habitation misérable et en désordre; par extension, les militaires l'ont employé pour désigner un abri dont se servaient les soldats dans les tranchées. Nous gravissons d'interminables ruelles pullulantes de gens en colère avant d'entrevoir le gourbi de Khalil. (Khadra, L'attentat)
  • garde-page: synonyme de marque-page employée par une amie originaire du Pas-de-Calais.
  • grenouille (manger la): expression qui signifie partir avec la caisse ou dérober et dilapider des fonds dont on avait la garde. Les tirelires, avant d'avoir la forme courante aujourd'hui de cochons, ressemblaient au batracien. L'expression apparaît au 18ème siècle.  Grenouiller est un terme argotique utilisé jusqu'au 19ème siècle pour désigner d'une part l'idée de "faire et ripaille et boire dans les cabarets", d'autre part celle de "dépenser de l'argent mal gagné". >« Trompe-la-Mort a mangé la grenouille, et je sais qu'ils ont juré de l'exterminer. »Honoré de Balzac - Splendeurs et Misères des courtisanes.
  • gova: verlan du roumain vago, "roulotte", "voiture". Synonymes familiers: guimbarde, vago, caisse, bagnole, tire, turvoi, tacot...
  • gratter l'amitié: expression populaire familière synonyme de "se taper l'incruste", chercher à entrer dans un cercle de copains. Pour rejeter celui qui cherche à "gratter l'amitié", on peut lui dire: "Tu veux du pain?" (tout se passe comme si le p était aspiré).


H
  • une haleine avariée
  • héliophanie: néologisme créé par Tournier pour désigner un lever du soleil au sens religieux du terme.
  • hâve (adj.): émacié, maigre. Amaigri et pâli par la faim, la fatigue, la souffrance. "Je ne voulais plus voir dans mon morceau de miroir cet inconnu hâve et laid qui me faisait face."  (Iceberg Slim, Pimp) 
  • hunnique: relatif aux Huns."Seules des taches noirâtres indiquent encore l'endroit des enclos soufflés par l'avancée hunnique des intégristes." (Khadra, Les agneaux du Seigneur)


I
  • se refermer inexorablement (à propos d'un portail, Khadra, L'Ecrivain)
  • interlope: 1 qui est suspect de combinaisons malhonnêtes; 2 qui est le lieu de trafics louches; 3 qui se fait en fraude, illégal. On nous interdisait catégoriquement de nous aventurer dans ce bas quartier interlope. (Khadra)
  • profaner l'intimité: volubiles et reptiliennes, elles profanaient notre intimité. (Khadra)
  • inventeur: terme juridique qui désigne celui qui découvre un trésor (du latin invenio, je trouve)
  • iris (un): genre de plante à fleur ornementale, utilisée également en parfumerie-parfum extrait de la plante éponyme; sphincter entourant la pupille de l'oeil. [en latin comme en grec, l'iris désigne l'iris de l'oeil ou l'arc en ciel, Iris étant une déesse messagère des dieux (particulièrement d'Héra/Junon): elle porte une écharpe arc-en-ciel].
    • effet yeux rouges: en photographie, l'effet yeux rouges s'observe -ou du moins s'observait, car il existe aujourd'hui des dispositifs qui corrigent ce phénomène- sur des clichés pris au flash:  les personnes photographiées ont les pupilles de leurs yeux complètement rouges sur les photos. Explication: Ce phénomène s'explique par le fait que lors de la prise de vue, face à la forte lumière du flash et dans un lieu mal éclairé (la pupille de l'œil se dilatant dans le noir pour capter la lumière), l'iris n'a pas le temps de réduire la taille de la pupille. Il en résulte que le flash (plus particulièrement lorsqu'il est positionné près de l'axe de l'objectif) éclaire le fond de l'œil. La rétine étant transparente, elle laisse entrevoir la choroïde qui est richement vascularisée et dont la couleur est rouge. C'est la choroïde ainsi éclairée qui renvoie cette couleur peu gratifiante.
    • et l'effet "yeux verts"? On sait qu'un phénomène similaire se produit quand on prend un animal en photo. Par exemple, un chat peut avoir sur le cliché les yeux verts. Est-ce à dire qu'il a le sang vert? Non. En réalité, c'est la structure anatomique du fond de l'oeil qui diffère: on trouve ainsi une couche cellulaire supplémentaire, appelée le tapis, qui réfléchit en partie les rayons lumineux.


J


K

L

  • un louchon: familier et vieilli: "personne qui louche".                                                                   [il] mettait plus de temps à défaire les sangles de son cartable qu'un louchon à introduire un fil par le chas dune aiguille. (Khadra, L'Ecrivain)
  • longanimité: 1 patience à supporter la douleur morale;  2 indulgence qui porte à pardonner des fautes ce qu'on pourrait punir.
  • languide: littéraire pour "qui exprime la langueur, alangui, douloureux". Je voyais bien que j'étais un peu perdu dans cet espace carcéral languide. (Khadra)
  • lascar: < de l'arabe askar: soldat. Sens modifié en 1830. Familier. Homme brave, hardi, décidé et malin. Par extension: individu avec une nuance d'admiration ou de réprobation. (Boudjedra, 1975, page 37)
  • politiciens lèche-chèques (Césaire, Discours sur le colonialisme)
  • lézarder au soleil: prendre un bain de soleil. ...celles qui lézardaient au soleil...(Bunker, I, 218)

M
  • le minois: visage délicat et gracieux d'enfant, de jeune fille, de jeune femme.
  • moucharabieh: Si le Grand Robert donne d'autres orthographes, le Larousse et le Robert sont d'accord pour en faire un nom masculin: "grillage fait de petits bois tournés, permettant de voir sans être vu, dans l'architecture arabe traditionnelle; balcon, logette garnis d'un tel grillage." Tapi derrière une moucharabieh (Khadra)
  • Mousson: vents réguliers qui, dans la mer de l'Inde, soufflent six mois dans un sens et six mois en sens inverse. (Tournier, Les Rois mages).
  • la mire: nom de la page qui s'affiche à la télévision quand il y a une panne de transmission (écran gris avec dégradé vertical de couleurs)
  • morganatique: se dit d'un mariage entre un souverain ou un prince et une personne de rang inférieur. L'épouse est alors qualifiée d'épouse morganatique, et non de reine ou même de reine morganatique. Le mot viendrait du don du lendemain (Morgengabe) fait à la famille ou clan de l'épouse enlevée. Cela vaut essentiellement dans la tradition germanique. En France en revanche, le mariage morganatique désigne plutôt un "mariage de la main gauche (situation maritale d'un monarque, par ailleurs ooficiellement marié à une femme "de naissance", avec une personne "sans condition"), ou une union secrète comme dans le cas du mariage de Madame de Maintenon avec Louis XIV. "-Oh, tu sais, il y a des gens très bien qui ont des liaisons. Louis XIV et madame de Maintenon, qu'est-ce que tu en fais?  -C'était un mariage morganatique." (Albert Cohen, Belle du Seigneur, page 97, Gallimard, Folio, 1968, 2006)
  • mektoub amoureux: le coup de foudre. (Une mélancolie arabe, Abdellah Taïa)
  • muflerie: Je réalise l'ampleur de ma muflerie; ne m'en excuse pas. (Khadra, L'attentat)
  • moucheté: une vitre mouchetée d'empreintes digitales et de chiures (Khadra, L'attentat)
  • margoulin (un): 1 petit détaillant, petit patron; 2 marchand peu scrupuleux; 3 petit trafiquant indélicat et sans envergure, individu de mauvaise foi; 4 individu incompétent et peu scrupuleux en affaires.
  • marle (adjectif; argot vieilli) : malin. "Aucun de ces salopards, même le plus marle, n'arrivera jamais à m'emmener avec lui." (Iceberg Slim, Pimp) 
  • marlou (un): terme populaire qui désigne un souteneur, un maquereau.
  • moine (un): appareil destiné à chauffer les lits; ancêtre de la bouillotte en cuivre. Sorte de poterie en forme de bouteille, dotée d'une ouverture embouchonnée sur le côté. On y versait de l'eau bouillante pour bassiner le lit (faire rouler le moine sur le matelas) avant de laisser le moine au pied du lit.
  • prendre le mors aux dents: expression prise dans deux acceptions: 1/ se laisser aller à la colère; 2/  prendre une bonne résolution et l'exécuter, se mettre soudainement et avec énergie à un travail, à une entreprise..  Le mors est un élément du harnais, une pièce qui traverse la bouche du cheval et qui repose sur une partie édentée à l'arrière de la mâchoire: le mors permet de guider le cheval qui peut devenir incontrôlable s'il prend le mors aux dents; incontrôlable pour le cavalier, car c'est alors le cheval qui n'en fait qu'à sa tête, qui décide de son sort...> « J'ai connu des personnes qui avaient l'air très hardi, très osé, même effronté, et qui prétendaient que ce qu'ils en faisaient n'était que par excès de timidité : ils se jetaient tout d'abord au delà, de peur de rester trop en deçà. C'étaient des peureux qui s'emportaient et qui prenaient le mors aux dents. »
    Charles-Augustin Sainte-Beuve, Chateaubriand.
  • menterie (une) : terme quasi-synonyme de mensonge. Il est néanmoins plus familier et s'applique à des choses moins graves. "...les pauvres de ce temps-là inventaient les pires menteries pour attendrir les familles riches et leur fourguer leurs enfants infirmes." (Rue Darwin, Boualem Sansal, 2011)
  • marmotter: construction transitive ou intransitive. 1/marmonner, parler seul ou confusément. 2/ dire confusément et entre ses dents. Yasmina Khadra dans Les agneaux du Seigneur emploie à deux reprises une expression comme "marmotter une prière."
  • mignoter: faire l'amour. Un villageois formule des hypothèses à propos de la disparition de la femme du boulanger. "Elle a dû trouver quelque bel homme dans le genre de Patrice, ou peut-être alors ce coquin de marquis, et il doit être en train de la mignoter dans le coin d'une grange." (La Femme du boulanger, Marcel Pagnol).

N
  • nid-de-pie= nid-de-corbeau: poste d'observation, placé en hauteur sur le mât avant de certains navires et où se tient l'homme de vigie. A l'origine, le nid-de-pie est le petit sac en filet qui contenait le matériel de tous les ouvriers travaillant au gréement ou le long de la coque, à bord d'un navire. "Le Kid serait monté sur le nid-de-pie au sommet du grand mât-il y aurait été envoyé par le capitaine pour faire le guet.." (Lointain souvenir de la peau, Russell Banks)

O
  • je t'ai beurré au noir un oeil (Khadra)
  • oued: rivière du désert qui ne coule qu'après un orage et dont le lit est le reste du temps asséché. (Tournier, Les Rois mages)
  • à perte d'ouïe (Chraïbi, Succession ouverte)
  • lettre d'outre-tombe: Que va-t-elle m'apporter cette lettre d'outre-tombe? (Khadra, L'Attentat)
  • odalisque (une): femme de chambre esclave qui était au service des femmes d'un harem; femme d'un harem (cf le tableau d'Ingres);courtisane, maîtresse. s'éprendre d'une odalisque et fuir avec elle la péninsule. (Khadra, L'attentat)


P

  • une peccadille: faute légère, sans gravité.
  • pinacle: 1 faîte d'un édifice (spécialement du Temple de Jérusalem) 2 figuré; haut degré d'honneurs, de faveurs. Porter quelqu'un au pinacle: le couvrir de louanges.
  • pèleriner: pour "faire un pèlerinage" (Haddad, Le Quai aux fleurs ne répond plus)
  • perruquer: ou faire une perruque, c'est travailler pour soi avec ses outils de travail et/ou sur son temps de travail.
  • parcage: action de parquer. Le terme est souvent utilisé à propos des moutons ou des huîtres, mais il est également recommandé en lieu et place de l'anglicisme parking. Rue de Charonne, aux alentours du numéro 120, Trung cherche un parcage.(Chevron, Les Purifiants)
  • protéranthe: tout végétal qui produit des fleurs avant ses feuilles (filius ante patrem)
  • pantagruélique: Le tablier sur son ventre pantagruélique..(Khadra, L'attentat)
  • pétulant (adj.): qui est dynamique, qui manifeste une ardeur exubérante et vive."Son épouse est pétulante et rusée." (Arsand, Des amants, chapitre 83).
  • placebo: le mot n'est utilisé par la médecine qu'à partir de la fin du 18ème siècle pour désigner l'effet placebo, processus psycho-physiologique d'autoguérison, obtenu par l'administration d'un placebo, substance sans principe actif. L'histoire du mot est passionnante:
    • au 4ème siècle, saint Jérôme traduit d'importants passages de l'Ancien Testament et des psaumes du grec en latin, puis travaille à partir du texte en hébreu, sauf pour les psaumes: les fidèles les chantent déjà en latin, il ne convient pas de les perturber. Le premier mot du 9ème verset du psaume 116 est placebo. En hébreu: "J'avancerai devant Dieu"; en latin: placebo domino in regione vivorum; en français: je plairai au seigneur dans le pays des vivants.
    • au 13ème siècle, on paye des actrices pour l'office des morts, des pleureuses qui chantent ce psaume. On parle alors de placebos, avec une connotation négative, une idée de mensonge et de fausseté.
    • L'effet placebo a longtemps posé problème à la médecine. Aujourd'hui, grâce aux neuro-sciences et à l'imagerie médicale, la médecine reconnaît le rôle thérapeutique de l'espoir et de la confiance. La relation avec le médecin se doit d'être chaleureuse, l'importance du dialogue est reconnue. Longtemps, on a donc parlé d'un "mensonge qui guérissait".
    • Récemment (2010), deux études ont remis en cause l'idée d'un "mensonge qui guérit". Il s'avère que le mensonge lui-même n'est pas nécessaire. Une substance sans principe actif peut provoquer un effet psychique fort bénéfique. Placebo et mensonge sont dissociées. Placebo, confiance, espoir sont associés.                              [source: "Sur les épaules de Darwin", Jean-Claude Ameisen, France Inter, 19/02/2011; "la musique, le toucher, la douleur, la peur, l'espoir, la confiance: ressentir."]
  • de plain-pied: 1/ A plat, sur un même niveau; 2/directement, franchement. <du latin planus, plat, plan, terme qui a donné plaine mais aussi l'expression de "plain-pied". Au sens propre, une maison de plain-pied est une maison sans étage, et quand on entre de plain-pied dans un endroit, c'est qu'on y accède directement, sans emprunter un escalier. Au sens figuré, on entre de plain-pied dans un roman quand on est plongé directement dans l'intrigue.« Ma maison s'ouvre, longue et plate, de plain-pied sur une cour intérieure, genre patio, mais hélas ! un patio sans fleurs, sans jet d'eau et surtout sans romantisme ! » Yvonne Blondel, Norbert Dodille - Journal de guerre 1916-1917: front sud de la Roumanie - 2001; « Se sentir un homme, se dire que le soir même, libre pour la première fois, on entrera enfin de plain pied dans la vie, objet de toutes les convoitises, et subir sous les yeux de celle qu'on aime une si solennelle humiliation ! » Eugène Fromentin, Pierre Blanchon - Lettres de jeunesse - 2009. [source: expressio, le site qui décortique les expressions/ www.expressio.fr]
  • péta: pop. voler. (forme unique, qui ne se conjugue pas). "Comment j'aurais bombardé avec ma bécane...! Ah, t as une bécane? Oue, je l'ai péta."
  • pipelet (un), pipelette (une)
  • pirouetter: faire demi-tour. "Je retourne aux boches". Elle pirouetta sur ses talons en esquivant un pas espagnol. (Thomas l'imposteur, Jean Cocteau).
  • plaisanter ( quelqu'un): la construction transitive du verbe est rare. On la trouve par exemple dans Thomas l'imposteur de Cocteau: "Pesquel-Duport, qui dînait, les plaisanta doucement; puis, resté seul avec Clémence, lui reprocha de se mettre à l'envers pour un collégien."
  • et patin-couffin:et caetera. Aimable a mal pris le sermon du curé qui a parlé de sa femme qui l'a quitté. "La pécheresse, la dévergondée, l'avertissement du Seigneur, et patin-couffin." (La Femme du boulanger, Marcel Pagnol)
  • pandiculation: fait d'étirer ses quatre membres comme les animaux, en baillant.


Q
  • à la queue leu leu
  • quarantaine: probablement pour rompre le silence qui nous mettait en quarantaine chacun dans son coin. (Khadra, L'Attentat)

R
  • replet: qui a de l'embonpoint, grassouillet.
  • voix de rogomme: voix rauque, enrouée par l'abus d'alcool. De "rogomme", nom masculin familier et vieilli qui désigne de l'eau-de-vie. (Khadra)
  • remugle: nom masculin, vieilli ou littéraire qui désigne une "odeur particulière et désagréable que prennent les objets longtemps enfermés ou exposés à un air vicié".
  • raidillon: nom masculin qui désigne un court chemin en pente raide.
  • rictus: (du latin, "ouverture de la bouche"): contraction des muscles de la face, donnant au visage l'expression d'un rire crispé.
  • rufian ou ruffian: homme débauché qui vit avec des femmes de mauvaise vie, ou qui en procure aux libertins.


S
  • échanger des salamalecs: familier pour "échanger des politesses exagérées et répétées". Il est frappant de voir combien le français adopte facilement des mots arabes en figeant une connotation péjorative qu'ils n'ont pas nécesssairement à l'origine. Ainsi, souk, charabia, salamalecs, etc.                                                                                                         >Deux soldats en faction (...) échangèrent des salamalecs avec le sergent et nous ignorèrent. (Khadra, L'Ecrivain).
  • Elle disait que le grain de beauté qui ornait ma joue me seyait admirablement (Khadra)
  • séraphique: relatif aux séraphins, aux anges; littéraire: digne des anges, éthéré. NB: dans la tradition juive et chrétienne, ange qui appartient au plus élevé en dignité des neuf choeurs. Sa frimousse séraphique. (Khadra)
  • sourdre à mes tempes: le verbe sourdre, que l'on ne trouve qu'à l'infinitif et à la 3e personne de l'indicatif présent et imparfait, est d'un emploi littéraire. Il signifie "sortir de la terre, à propos de l'eau; jaillir, à propos d'un liquide quelconque, et, par extension, d'une lumière, d'un son".
  • sabir:  1 système linguistique réduit à quelques règles de combinaison et à un vocabulaire déterminé (commerce notamment), né au contact de communautés linguistiques différentes n'ayant pas d'autres moyens pour se comprendre. 2 français mêlé d'arabe, de berbère, d'espagnol, d'italien, etc., jadis utilisé comme langue de communication en Afrique du Nord.  3 préjoratif: langage difficilement compréhensible; charabia, jargon.
  • sardonique: (du latin, sardonia herba, herbe de Sardaigne, qui provoquait un rire de fou): qui exprime une moquerie méchante. un rictus sardonique (Khadra)
  • sémillant: qui est extrêmement vif. Manny était maintenant tout sémillant en veste et écharpe. (Bunker, I, 236)
  • sébile: une sébile est une sorte de coupe ou de bol en bois servant à collecter l'aumône( en arabe, sabil = l'aumône).
  • les stridulations de la nuit: référence au mécanisme de communication acoustique des insectes (cf les cigales). Les stridulations de la nuit s'accentuent autour de nous. (Khadra, L'attentat)
  • sbire (un): historiquement agent de police en Italie (archer, dont l'habit devait être rougeâtre si l'on en croit l'étymologie). Par analogie et couramment, le mot désigne (souvent au pluriel), un homme à tout faire, un homme de main, chargé des opérations de basse police. Je juge inutile de lui rappeler la raclée que ses sbires m'ont infligée la veille. (Khadra, L'attentat).
  • siester: faire la sieste. "Lui et sa femme ont siesté." (Arsand, Des amants, chapitre 87)
  • à la petite semaine: sans réflexion, sans ambition ou vision à long terme. Une semaine compte sept jours (septimana<sameine<semaine). Au 18ème siècle, on désigne le très court terme par la petite semaine, comme dans l'expression prêter à la petite semaine qui signifiait "prêter pour un temps très court et à un taux très élevé"  (Dictionnaire de l'Académie française).


T

  • en un tournemain: littéraire pour "en un instant, en un tour de main".                                         > En un tournemain, il enfila son treillis, cira ses bottes et nous invita à le suivre. (Khadra, L'Ecrivain)
  • trimardeur: terme d'argot, vieilli, désignant un "vagabond, et particulièrement un ouvrier allant de ville en ville pour chercher du travail."                                                                                >Négus, un vieux trimardeur écervelé qui nous montrait son sexe phénoménal pour deux misérables sous et son derrière pour un croûton. (Khadra, L'Ecrivain).
  • trémuler: littéraire: être agité d'un tremblement.                                                                            >il trémulait de fierté (Khadra, L'Ecrivain)
  • taiseux: adjectif ou nom. Belgicisme. Se dit de quelqu'un qui parle peu; taciturne.
  • tavelé: marqué de taches. Que voulez-vous que je vous dise de plus, répond Gattegno qui passe une main tavelée dans des cheveux clairsemés et teints, collés en mèches qui se soulèvent. (Chevron, Les Purifiants)
  • tancarville (un) (antonomase de Tancarville, sans doute en raison de son pont suspendu): séchoir à linge soit rétractable soit pliable.
  • téter: dans le langage poulaire, se dit d'un véhicule qui consomme beaucoup de carburant. T'as vu le BM comme il est dare? Oue il est frais mais comment il tète sa mère!
  • triangle rouge: signe distinctif qu'on arborait à l'occasion de la fête du travail (1er mai) pour exprimer des revendications sociales (notamment la répartition de la journée en trois parts égales: 8h de travail/sommeil/loisirs). Il est remplacé par la fleur d'églantine, puis par le brin de muguet.
  • (espèces) sonnantes et trébuchantes: pourquoi trébuchantes? Un trébuchet au 14ème siècle est une petite balance à plateaux servant pour la pesée de petits poids comme de l'or, de l'argent ou des bijoux. Une pièce était donc trébuchante quand elle avait le poids requis.
  • tintinnabuler: tinter avec un son cristallin. < du latin, tintinnare, tinter, et tintinnabulum, crécelle en métal, grelot, clochette. >"Il entend tintinnabuler ses bracelets lorsque cette forme sombre approche de lui, précédée d'un parfum de musc et de rose, de sueur tiède" (Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, Mathias ENARD)
  • les tenants et les aboutissants: 1. Ensemble des informations, circonstances ou détails d'une affaire ou d'un dossier. 2 Ce qui a justifié ou a été à l'origine de qch. Le sens initial de ces deux noms désignent des terrains accolés à un domaine. Puis de "tout ce qui entoure un domaine" on est passé au sens figuré : "tout ce qui est autour d'une affaire."
  • en temps et lieu plutôt qu'en temps et en heure, redondant. "...maman lui avait confié des secrets et lui avait fait jurer de me les livrer en temps et lieu." (Rue Darwin, Boualem Sansal).
  • tantôt: "dans peu de temps" (Belgique), "cet après-midi" (France, dans certaines régions).
  • ticheurte (un) : francisation de T-shirt. "Ne mêle pas Allah à la mécanique, s'il te plaît, tu lui fais injure, répond en colère l'un des mécanos arborant un ticheurte Abibas, imitation locale d'une célèbre marque, noir de cambouis." (Fellag, L'allumeur de rêves berbères).

U
  • uppercut (un): en boxe, coup de poing porté bras fléchi et de bas en haut.




V
  • vert: = couleur traditionnelle des bouffons. Molière en mettait sur ses costumes de scène.
  • vergogne < du latin, verecundia, discrétion: sans vergogne: sans pudeur, sans scrupule.
  • vespasiennes: nom donné aux urinoirs publics au 19ème siècle par les Parisiens qui rendaient ainsi hommage à l'empereur romain Vespasien qui tenta de reflouer le trésor public dilapidé par Néron et ses successeurs: il inventa quantié d'impôts et en particulier, un sur les urines qui servaient aux teinturiers. Vespasien serait l'auteur du fameux "non olet", "ça ne sent rien", réponse à son fils Titus qui s'agaçait des sarcasmes de la vox populi à propos de cet impôt et lui aurait mis une pièce de monnaie sous le nez. De là l'expression, l'argent n'a pas d'odeur, qui se dit le plus souvent à propos d'un bien mal acquis dont on préfère oublier l'origine.
  • vaquer à ses occupations
  • venelle (une): petite rue étroite, comme une veine. Quand elle est plus grande, on parle...d'artère. deux se tiennent en faction au bout de la venelle.. (Khadra, L'attentat)
  • vésanie (une):  de vesanus, insensé. Folie, terme qui fut remplacé par psychose.  "Il attend le retour du cavalier et l'attente est certains jours vésanie." (Arsand, Des amants, chapitre 9)
  • vaccin (un): agent extérieur introduit dans un organisme vivant afin de créer une réaction immunitaire positive contre une maladie infectieuse. Le mot vient du latin vaccinus, qui vient de la vache.
    • Au début du 18ème siècle, Voltaire évoque la variolisation que pratiquent les Anglais. Voltaire parle d'"innoculation" dans les années 1730. ("Sur la petite vérole", Lettres philosophiques).
    • A la fin du 18ème siècle, Edward JENNER observe que les femmes qui traient les vaches et ont des lésions aux mains sont protégées de la variole. Il décide d'injecter à un enfant de 8 ans une infection bénine de la vache, puis lui innocule la variole (1796). Il publie ses travaux en 1798.
    • En 1980, l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) annonce l'éradication de la variole, maladie infectieuse mortelle pour l'homme, conséquence d'une vaccination antivariolique généralisée. [source: "Sur les épaules de Darwin", Jean-Claude Ameisen, France Inter, 26/02/2011; "La course de la Reine Rouge"]
  • vespéral: du soir. "...dans la tiédeur vespérale, on se flattait d'avoir évité à ces spécimens ambulants, de pauvres égarés, bien des surprises dans notre coupe-gorge." (Boualem SANSAL, Rue Darwin, 2011)


W
  • wesh: mot passe-partout aux significations nombreuses. De l'arabe wesh rak (comment vas-tu?), on peut l'employer pour commencer une conversation, pour se saluer, précédé ou non du prénom de la personne, pour interpeller une personne, sorte de marqueur du vocatif. Wesh Mourad, bien?

X


Y


Z

 

 sources:

  • Le plus souvent, il s'agit de mes lectures (cf citations choisies) puis d'une recherche sur une encyclopédie en ligne (Wikipédia). 
  • Pour les expressions, je recommande la lecture régulière du site "Expressio: les expressions françaises décortiquées"/ www.expressio.fr. Le site propose de surcroît l'envoi d'une lettre quotidienne ou hebdomadaire par voie électronique.